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Conférence évènement à Dinant.

Publié le par Yvan Tasiaux

Conférence évènement à Dinant.

Le groupe Imago est constitué d’hommes et femmes Francs-Maçons qui, depuis plus de 10 ans, vont à la rencontre du public sous la forme de débats ouverts à toutes les questions sur la franc-maçonnerie. Méconnue en raison de la discrétion de ses membres, la Franc-Maçonnerie suscite toujours une curiosité mêlée de crainte et de fantasmes sur ses soi-disant secrets et sa supposée influence occulte. Le groupe est composé de représentants de quatre obédiences non dogmatiques et d’un modérateur qui répondra en toute liberté et franchise aux questions du public et témoignera ainsi, à titre personnel, de son vécu maçonnique. Il ne s’agit pas d’une conférence formatée mais d’une rencontre dont le déroulement est commandé par le public lui-même.

Coproduction Centre Interparoissial de Formation Religieuse pour Adultes (CIFRA)/Université du Temps Libre de Dinant (UTLD)/CCRD

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Face à la pénurie de prêtres

Publié le

L’abbé , théologien et canoniste, est Vicaire général du diocèse de Liège. Dans un ouvrage qu’il vient de publier, « Quand les  viennent à manquer », il s’interroge sur la situation actuelle de pénurie sacerdotale en Europe occidentale. Rappelant certains repères théologiques et canoniques,  envisage différentes solutions pour « habiter » le manque de prêtres.

Face à la pénurie de prêtres

Alphonse Borras, qu’est-ce qui vous a amené à écrire ce livre sur le manque de prêtres?

La diminution du nombre de prêtres est, en fait, une question très relative. Si nous disons qu’il y a moins de prêtres, c’est par rapport à un passé récent… Comme Vicaire général, je suis frappé de constater que cette situation engendre préoccupation, voire une angoisse, chez de nombreux catholiques. Cette préoccupation a été, pour moi, comme une occasion de réfléchir à cette problématique. J’estime que la vie de l’Eglise ne se réduit pas au nombre de prêtres. De plus, la diminution du nombre de prêtres est, entre autres, fonction de la diminution de fidèles: il y a actuellement moins de citoyens qu’il y a cinquante ans qui participent effectivement à la vie ecclésiale dans les paroisses, des mouvements, etc.

La question est de voir comment, dans les bouleversements que l’Eglise connaît dans nos pays, elle peut vivre le présent avec confiance et sérénité sans se focaliser sur le « manque » relatif de prêtres.

Car ce qui est premier, ce n’est pas le ministère des prêtres, c’est la mission de l’Eglise, et par conséquent des baptisés dans la diversité de leurs vocations, charismes et engagements. Ce qui est premier, c’est la communauté ecclésiale, sous quelque figure que ce soit: l’Eglise toute entière, l’Eglise diocésaine, l’Unité pastorale et les paroisses qui la composent, et bien d’autres types de communautés.

C’est en effet sur la communauté et les baptisés que repose la triple mission d’annoncer la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu, de célébrer la grâce du salut et de servir notre humanité. Le trésor de la foi nous conduit avant tout à accueillir le « Royaume qui vient » et à humaniser ce monde. D’autant que Dieu a assumé notre condition humaine pour qu’elle soit transfigurée par sa présence et que nous participions à sa vie divine.

Telle est la mission de la communauté ecclésiale. Pour que cette communauté puisse vivre et déployer sa mission, il faut qu’il y ait, en son sein, des ministres de l’Evangile, et en particulier des prêtres.

Quelle est la fonction du prêtre au sein de la communauté ecclésiale?

La fonction principale des prêtres, à l’instar de celle de l’évêque, est d’exercer un ministère « pastoral », c’est-à-dire d’animation, de direction des communautés. Il leur revient d’abord d’engendrer la communauté à la foi par l’annonce de la Bonne Nouvelle. Les prêtres accompagnent également la communauté pour la conduire vers l’unité; celle-ci est sans cesse à faire. Et enfin, les prêtres doivent susciter l’élan missionnaire de la communauté, pour qu’elle soit une « Eglise en sortie ».

Il n’est pas de communauté chrétienne qui puisse vivre sa vocation et sa mission sans le ministère des prêtres. Ils nous rappellent que le vrai pasteur, le vrai « dirigeant » de la communauté, c’est le Christ. C’est la dimension sacramentelle de leur ministère. Ils ne sont pas les « chefs » mais ils sont donnés aux communautés comme « représentant » le Christ, au sens fort et sacramentel du terme. Le prêtre doit également veiller à ce que que l’Esprit continue à déployer son action dans la communauté chrétienne par des charismes multiples. Le prêtre n’est donc pas seulement là pour « dire la messe ».

Si on célèbre l’eucharistie, en particulier le dimanche, c’est pour que l’Eglise devienne vraiment le Corps du Christ, par l’écoute de la Parole de Dieu et le partage du Pain de Vie.

L’eucharistie est donc bien un aspect essentiel de la vie de l’Eglise, comme du ministère des prêtres? 

Effectivement, mais il n’est pas le seul! C’est en accompagnant les fidèles et les communautés qu’ils les disposent à leur mission, celle de dire combien notre humanité est aimée de Dieu ! Cela suppose écoute, discernement, encouragement, parfois interpellation, mais aussi accueil de ce que leurs frères et sœurs ont à leur partager. Force est cependant de constater que, pour les aînés de nos communautés, la préoccupation d’avoir « sa » messe dans « sa » localité semble prédominante. Beaucoup attendent que « l’Eglise » soit partout, que tout le territoire soit quadrillé de paroisses. Pendant de longs siècles, nous avons été dans un contexte social, culturel, où le christianisme était comme un ciment de la vie en société. Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans une société de « chrétienté » – c’est évident, même si certains ne le voient pas encore –, mais dans une société pluraliste.

Dans ce nouveau contexte, l’Eglise doit-elle nécessairement être dans toutes les localités, dans chaque quartier et dans chaque village? J’en doute fortement. Si on veut être partout, et maintenir partout une messe chaque dimanche, même s’il n’y a plus d’assemblée consistante, c’est clair qu’on se met soi-même dans la difficulté. Sous cet angle, on n’a pas assez de prêtres… Mais n’est-ce pas de baptisés, témoins de Jésus et acteurs de la mission, dont nous avons besoin? Et pour disposer l’Eglise à sa mission, les prêtres sont indispensables. Pas pour quadriller des territoires, mais pour accompagner les fidèles sur le chemin de la foi.

Aujourd’hui, les communautés habituées à « avoir » des prêtres et à « bénéficier » d’un éventail de services découvrent petit à petit la responsabilité de tous, non pas pour couvrir le territoire, mais pour inscrire la présence de l’Évangile là où ils sont. C’est dans ce contexte qu’il faut s’interroger: s’agit-il de « combler » le manque de prêtres? Ne faut-il pas plutôt l’ »habiter » en prenant chacun notre part dans la mission et en comptant sur les prêtres pour nous aider à « faire Eglise »?

C’est en réponse à ces bouleversements que certaines solutions ont été mises en place, comme la création d’équipes pastorales dans les paroisses. Avec, à leur tête, un coordinateur laïc, homme ou femme. Que pensez-vous de cette formule?

Depuis trente ans, l’équipe pastorale est une manière d’associer des laïcs au ministère du prêtre, dans l’animation ou la direction d’une communauté. A l’intérieur de ces équipes pastorales, on a vu émerger, ça et là, la figure du coordinateur. Très souvent il s’agit d’une femme. Mais aujourd’hui, dans certains cas, le/la coordinateur/trice de l’équipe pastorale est devenu(e) coordinateur/trice de l’Unité pastorale, parce qu’il y a moins de prêtres en capacité d’être curé. Il y a encore tel ou tel prêtre disponible, mais qui, à cause de l’âge, de la maladie, d’autres engagements, n’est plus en mesure d’accepter la mission de curé, c’est-à-dire de pasteur de la communauté, pour présider la communauté et son eucharistie.

La figure du coordinateur pastoral est une solution qu’il faut encourager, mais qui a aussi ses limites. Si on devait généraliser cette formule, on irait vers la dissociation de quelque chose qui, en principe, ne peut pas être dissocié, à savoir le lien entre présidence de la communauté et présidence de son eucharistie. Le prêtre devient alors uniquement « l’homme de la messe », et on risquerait de ne plus le comprendre comme celui qui préside la communauté.

D’autres solutions existent, comme le recours à des « prêtres venus d’ailleurs », ou à certains diacres permanents. 

En ce qui concerne les « prêtres venus d’ailleurs », le défi est de construire le « nous » du presbyterium (les prêtres d’un diocèse, ndlr.). Les prêtres venus d’ailleurs peuvent être une chance, mais il faut les insérer, les accueillir de sorte qu’ils trouvent leur place, avec nous, dans l’Eglise locale, avec le discernement qui s’impose.

Quant aux diacres, il est possible que, dans certains cas, ils puissent assumer un rôle de direction. Mais si tous les diacres devaient assumer un tel ministère, il faudrait alors qu’on les ordonne prêtres. Car en principe leur ministère n’est pas de présider la communauté. On risquerait alors d’aller vers la disparition du diaconat permanent, qu’on a rétabli après Vatican II, alors que le diacre a déjà du mal à trouver sa place comme le serviteur qui entraîne la communauté et tous les fidèles, prêtres compris, dans l’apprentissage du service comme le Christ.

Propos recueillis par Christophe HERINCKX

Alphonse Borras, « Quand les prêtres viennent à manquer – Repères théologiques et canoniques en temps de précarité », Editions Médiaspaul, 2017, 205 pages

> Lire l’interview complète dans le journal Dimanche n°12 du 26 mars 2017 – S’abonner à Dimanche

Source: www.cathobel.be

 

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Elles sont en recherche ... des femmes découvrent, à Ermeton, la vie monastique

Publié le par Yvan Tasiaux

Elles sont en recherche ... des femmes découvrent, à Ermeton, la vie monastique

Partager la vie des Bénédictines en participant aux tâches quotidiennes, prier avec elles ... voilà ce qui est proposé, deux fois par an, aux femmes qui désirent en savoir plus sur la vie au monastère d'Ermeton-sur-Biert. Un de ces week-ends vient d'avoir lieu. Elles étaient deux à y participer. Franchiront-elles le pas, un jour en rejoignant les moniales? ''Si le Seigneur veut, il nous enverra une soeur, c'est son affaire'' annonce Soeur Marie-Paule Somville, la Prieure. Avant d'ajouter: ''Tant mieux si ces moments les aident déjà sur le chemin de foi.''

 
 
Ces deux femmes, une Polonaise et une Portugaise, sont allées jusqu'au bout de leur découverte. Elles ont passé un week-end au monastère d'Ermeton-sur-Biert. Une troisième vivra cette expérience un peu plus tard. Entre les trois, un point commun, elles sont en recherche. Elles s'interrogent sur leur vie, sur l'orientation à lui donner. La première est intéressée par l'oblature. La deuxième l'a dit, dès le départ, entrer dans une communauté religieuse ne fait pas partie de ses objectifs. Ce qu'elle cherche? A comprendre. Elle était heureuse de faire cette démarche de foi. Un monastère est, par excellence, un lieu idéal, pour creuser, s'interroger sur sa vie spirituelle.
Elles avaient entre 30 et 45 ans. Le week-end organisé à la rentrée s'adresse, lui, aux 20-30 ans. Les préoccupations sont différentes. A chaque fois, le week-end se déroule de la même manière. Les contacts avec les membres de la communauté sont privilégiés notamment, au réfectoire, lors des repas. Il y a bien sûr une participation aux offices, un temps pour la lectio divina et puis les tâches du quotidien, comme par exemple, le nettoyage de la chapelle. Lors des rencontres, elles peuvent encore se confier sur leur démarche, exprimer leurs attentes, poser leurs questions et peut-être déjà apporter les réponses qu'elles espèrent pouvoir y donner. Soeur Agathe qui a rejoint les Bénédictines depuis peu a été bombardée de questions!


Le voir pour savoir

Mais ce qui préoccupe le plus les visiteuses, celles du week-end passé comme les autres d'ailleurs: savoir comment la vie se passe à l'intérieur d'un monastère. Soeur Marie-Paule Somville (la photo): ''C'est une vie normale mais pour s'en rendre compte il faut avoir eu l'occasion d'y séjourner.'' La Prieure apprécie de telles visites: ''Elles sont la preuve que notre vie continue à poser questions.''
De tels week-ends sont-ils organisés pour encourager les vocations? Soeur Marie-Paule Somville: ''Si le Seigneur veut, il nous enverra une soeur, c'est son affaire.'' La Prieure comme les autres Bénédictines tiennent encore, au cours de ces rencontres, à ramener ces visiteuses ''sur terre.'' En leur faisant comprendre que même dans un monastère, dans une abbaye... la vie n'est pas simple tous les jours. Soeur Marie-Paule: ''Quand on découvre un lieu, c'est toujours merveilleux. Croire que les moniales sont parfaites est une erreur. Chaque jour est un combat pour s'adapter les unes aux autres.'' Un peu comme dans la vie de couple... Soeur Marie-Paule, avec humour, ajoute: ''Sauf qu'un mari il y en a un seul et ici, nous sommes quinze! Il faut s'accrocher. Entre nous, il y a un seul point commun: nous sommes entrés pour le Christ.''
En juillet prochain, entre le 7 et le 10 juillet, ce sont les jeunes qui sont invités à participer à un camp dans cette jolie région. Le matin est consacré à la découverte de la vie de la communauté. L'après-midi, tous apportent leur aide à un exploitant qui, à deux pas du monastère, s'est lancé dans la permaculture.
C.B.
Pour plus d'informations: 071/72.00.48
Source: Diocèse de Namur
Elles sont en recherche ... des femmes découvrent, à Ermeton, la vie monastique

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Qu'allons-nous faire de nos églises?

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Le patrimoine est décidément un sujet à la mode dans le diocèse de Namur.

Après la mise en place du service ''Art, Culture et Foi'', après le lancement d’une campagne de sensibilisation des fabriques d’église à inventorier leurs objets religieux, c’est l'équipe du Chantier Paroissial qui vient de consacrer sa traditionnelle journée de mars à ce thème.

Samedi dernier, avec Christian Pacco, les participants ont réfléchi à l’avenir des églises.

Qu'allons-nous faire de nos églises?
La Belgique compte pas moins de 4.500 églises et chapelles, dont 900 situées dans les provinces de Namur et de Luxembourg. Du fait du travail en cours de remodelage paroissial, du fait du changement des habitudes religieuses de nos contemporains, du fait aussi des difficultés financières rencontrées par bon nombre de pouvoirs publics… certains lieux de culte ont aujourd’hui un avenir incertain. Dans notre diocèse, on estime à environ 200 le nombre d’églises qui resteront affectées à la célébration liturgique suite à l’installation des unités pastorales. Si l’on y ajoute les 200 édifices classés pour leur intérêt patrimonial, on peut légitimement penser que 400 églises de chez nous ont un avenir assuré. Mais pour les 500 autres?
Tout le monde connaît ces exemples d’églises – généralement non paroissiales – brillamment reconverties en centres culturels, en librairies, en hôtels… Des réussites, certes, mais impossibles à transposer partout. Se pose dès lors une question bien légitime: pourquoi et comment conserver nos églises et notre patrimoine?


Mission pastorale et patrimoine

Pour son habituelle journée de rencontre et de partage d’expériences, l’équipe du Chantier Paroissial avait habitué les participants à des thématiques en apparence plus ''fondamentales'': le souffle missionnaire, l’évangélisation, le rôle des laïcs… Autant de sujets qui illustrent le renouveau global de l’Eglise et l’indispensable travail de conversion qui l’accompagne.
Dans son mot d’introduction, samedi dernier à Beauraing, l’abbé Pascal Roger, délégué épiscopal pour le Chantier Paroissial, a justifié le thème un rien plus pratique de cette septième édition en rappelant que la mise en place des unités pastorales ne cherchait pas à faire table rase du passé. ''Un tel processus nécessite une analyse en profondeur des réalités locales de nos paroisses. Et les églises en sont les principaux témoins. Ce sujet de la préservation de notre patrimoine est donc aussi du ressort du Chantier Paroissial, d’autant que la mission pastorale s’accompagne inévitablement de questions matérielles'', a-t-il expliqué.
Puis c’est Christian Pacco, historien de l’art, membre du service ''Art, Culture et Foi'' (ACF) et bon connaisseurs des fabriques d’église qui a pris la parole pour deux interventions entrecoupées d’ateliers et de moments de partage. Aux très nombreuses personnes présentes, venues de tout le diocèse, Christian Pacco a voulu d’abord montrer en quoi le patrimoine religieux avait du sens. Puis il a proposé des pistes d’actions, sachant que les réflexions du jour étaient spécifiques au diocèse de Namur: ''Le problème n’est pas forcément le même ailleurs'', a-t-il précisé.


De bonnes raisons de se soucier du patrimoine

On entend souvent dire qu’il n’y a plus personne dans nos églises. Pour Christian Pacco, ''c’est un raccourci un peu rapide''. S’il y a moins de monde à la messe, une récente enquête du Soir montre que 63 % des Belges francophones se disent toujours catholiques. Et l’orateur de poursuivre: ''Il suffit de voir le nombre de cierges brûlés dans les églises ou dans les sanctuaires pour constater que ces autres expressions de piété ne peuvent être négligées.'' Ces ''pratiquants'' d’un nouveau style justifient aussi de préserver des lieux d’expression de la foi. Et la conclusion est la même quand on se plonge dans l’histoire de nos régions: ''Le christianisme a marqué la vie des villageois durant des siècles; les églises de nos paroisses conservent aujourd’hui une charge symbolique qui ne se démode pas, elles sont la mémoire collective de ce que nos aïeux ont vécu et, par la même occasion, elles identifient nos communautés actuelles, d’où l’intérêt de les protéger: l’esprit de clocher est toujours une réalité.''
Christian Pacco a encore évoqué la culture chrétienne, ''une culture en danger et pourtant tellement essentielle pour comprendre qui nous sommes et entrer en dialogue avec les autres traditions. Le patrimoine religieux en est un support majeur. Se battre pour nos églises c’est aussi œuvrer pour la transmission de la culture chrétienne.''
Enjeu historique, enjeu culturel… enjeu spirituel aussi: ''Le christianisme insiste sur l’importance des sens. Dit d’une autre façon: la beauté mène à Dieu. Contempler une œuvre d’art, admirer l’architecture d’une église romane suscite la réflexion, la recherche de sens. Le patrimoine est donc essentiel car il raconte le mystère de Dieu, il répond au besoin de sacré des hommes et des femmes du monde.''


Que faire? Comment?

Tout au long de ses interventions, Christian Pacco a souligné que l’avenir de nos églises dépendait de chacun: ''Nous sommes tous responsables: acteurs pastoraux, fabriciens, communauté locale… en lien avec le Chantier Paroissial, le service ACF, d’autres pastorales diocésaines (jeunes, catéchèse, tourisme) et évidemment les communes…'' Pour le reste, il n’y a pas de solution miracle, il n’y a pas de politique bien définie, les églises de demain doivent encore se trouver un rôle et les solutions se décider au cas par cas.
Christian Pacco s’est tout de même risqué à quelques pistes, quelques conseils basés sur sa propre expérience et ses contacts avec le Chantier Paroissial. Et tout d’abord: ''Que les fabriques d’église travaillent ensemble et s’associent au sein de groupes d’entraide (GEFE). On est plus fort quand on centralise, par exemple, des demandes de réparation de toitures.'' Autre recommandation: ouvrir les églises en journée. ''Trop souvent, nos églises sont devenues des coffres-forts. Pour assurer leur avenir, elles doivent redevenir des lieux visibles de la présence de Dieu.'' Ce qui passe par une sécurisation des bâtiments, un inventaire rigoureux des objets susceptibles d’être volés et la mise à l’écart de la ''bibeloterie'' inutile: ''N’oublions jamais que l’objectif final est la présence de Dieu dans l’édifice.'' Et si l’on veut contribuer à rendre l’église accueillante, de petits détails peuvent y contribuer: une musique de fond en journée, un local à bougies, un carnet d’intention, des prières déposées dans le porche, un panneau didactique réalisé en collaboration avec le cercle d’histoire local, une mini-expo proposant de l’information (touristique, culturelle, naturelle…) sur la région (cf. projet d’église ''halte rando'' dans la région de Dinant).
Que nos églises doivent rester des lieux de prière, c’est un fait. Mais elles peuvent devenir également (si ce n’est encore le cas) des lieux d’accueil, de réunion, de pause, d’intimité, de quiétude… des lieux vivants et joyeux, des lieux historiques, chargés d’expériences spirituelles et sociales, à restituer à la communauté. La tâche est immense et nécessitera créativité et énergie. Christian Pacco et les membres du Chantier Paroissial en ont donné un premier aperçu.
A.S.


Pour contacter l’équipe du Chantier Paroissial: 
chantierparoissial@namur.catho.be.
Source: namur@diocese.be

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Lettre de Brigitte et Michel Visart à Khalid El Bakraoui.

Publié le par RTBF Info

Lettre de Brigitte et Michel Visart à Khalid El Bakraoui.

Notre collègue Michel Visart a perdu sa fille Lauriane lors de la journée tragique du 22 mars. Un an plus tard, il s’adresse avec son épouse au terroriste qui a porté la mort dans les couloirs du métro bruxellois.

Nous ne nous sommes pas connus et nous ne nous connaîtrons jamais. Votre chemin a croisé celui de notre fille Lauriane à 9h11 le mardi 22 mars 2016. Celui aussi des seize autres personnes assassinées et des dizaines de blessés.

Avez-vous bien dormi la nuit précédente ? A quoi pensiez-vous ? A votre suicide programmé ? Etiez-vous porté par le sacrifice, par le sentiment d’un acte juste, par le souhait d’atteindre un paradis bien mérité ? Aviez-vous peur ? Avez-vous pensé à renoncer ? Avez-vous prié ce dieu dont vous osiez vous revendiquer ? La souffrance que vous alliez causer vous a-t-elle effleuré ne fut-ce qu’une infime seconde ?

Ce matin-là vous avez quitté la maison d’Etterbeek où vous vous cachiez. Quelques minutes pour arriver à la station de métro. Lourd de votre ceinture, vous êtes monté dans la rame. Il y a du monde à cette heure-là dans le métro ! Vous vous êtes installé au milieu de vos futures victimes. Les avez-vous regardées ? Avez-vous osé regarder Lauriane dans les yeux ? Sans doute pas, elle était occupée à suivre sur son smartphone les nouvelles de l’aéroport où votre frère avait déjà tué.

La station Maelbeek est arrivée, le moment de commettre seize assassinats d’une même explosion. C’était comment dans votre tête de terroriste ? Vous avez poussé le bouton. Vous êtes mort le premier sans voir le carnage que vous avez sciemment provoqué.

Nous voilà un an plus tard. Nous les victimes directes ou collatérales de votre acte ignoble. Nous sommes vivants, nous nous reconstruisons, nous sommes solidaires et s’il nous arrive encore de pleurer c’est en partage avec tant de femmes et d’hommes de toutes origines. Jamais depuis un an nous n’avons été traversés par un sentiment de haine. Jamais depuis un an, nous n’avons senti et vécu autant d’amour.

Vous n’êtes pas un héros, rien qu’un assassin. Vous et tous les autres terroristes, vous et les lâches parmi les plus lâches qui vous ont convaincus de commettre le pire des actes : supprimer des vies. Tous, vous avez perdu ! Comme votre frère et tous les autres d’hier et ceux de demain qui pousseront sur le bouton de l’horreur.

Si l’émotion et les doutes nous atteignent après chaque attentat, c’est la vie qui l’emportera, toujours ! La vie dans le respect de l’autre et de ses différences, la vie dans l’enrichissement que nous apporte cet autre, la vie tout simplement, essentiellement.

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