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Evènement à Dinant.

Publié le par Yvan Tasiaux

Evènement à Dinant.

Le groupe Imago est constitué d’hommes et femmes Francs-Maçons qui, depuis plus de 10 ans, vont à la rencontre du public sous la forme de débats ouverts à toutes les questions sur la franc-maçonnerie. Méconnue en raison de la discrétion de ses membres, la Franc-Maçonnerie suscite toujours une curiosité mêlée de crainte et de fantasmes sur ses soi-disant secrets et sa supposée influence occulte. Le groupe est composé de représentants de quatre obédiences non dogmatiques et d’un modérateur qui répondra en toute liberté et franchise aux questions du public et témoignera ainsi, à titre personnel, de son vécu maçonnique. Il ne s’agit pas d’une conférence formatée mais d’une rencontre dont le déroulement est commandé par le public lui-même.

Coproduction Centre Interparoissial de Formation Religieuse pour Adultes (CIFRA)/Université du Temps Libre de Dinant (UTLD)/CCRD

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Face à la pénurie de prêtres

Publié le

L’abbé , théologien et canoniste, est Vicaire général du diocèse de Liège. Dans un ouvrage qu’il vient de publier, « Quand les  viennent à manquer », il s’interroge sur la situation actuelle de pénurie sacerdotale en Europe occidentale. Rappelant certains repères théologiques et canoniques,  envisage différentes solutions pour « habiter » le manque de prêtres.

Face à la pénurie de prêtres

Alphonse Borras, qu’est-ce qui vous a amené à écrire ce livre sur le manque de prêtres?

La diminution du nombre de prêtres est, en fait, une question très relative. Si nous disons qu’il y a moins de prêtres, c’est par rapport à un passé récent… Comme Vicaire général, je suis frappé de constater que cette situation engendre préoccupation, voire une angoisse, chez de nombreux catholiques. Cette préoccupation a été, pour moi, comme une occasion de réfléchir à cette problématique. J’estime que la vie de l’Eglise ne se réduit pas au nombre de prêtres. De plus, la diminution du nombre de prêtres est, entre autres, fonction de la diminution de fidèles: il y a actuellement moins de citoyens qu’il y a cinquante ans qui participent effectivement à la vie ecclésiale dans les paroisses, des mouvements, etc.

La question est de voir comment, dans les bouleversements que l’Eglise connaît dans nos pays, elle peut vivre le présent avec confiance et sérénité sans se focaliser sur le « manque » relatif de prêtres.

Car ce qui est premier, ce n’est pas le ministère des prêtres, c’est la mission de l’Eglise, et par conséquent des baptisés dans la diversité de leurs vocations, charismes et engagements. Ce qui est premier, c’est la communauté ecclésiale, sous quelque figure que ce soit: l’Eglise toute entière, l’Eglise diocésaine, l’Unité pastorale et les paroisses qui la composent, et bien d’autres types de communautés.

C’est en effet sur la communauté et les baptisés que repose la triple mission d’annoncer la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu, de célébrer la grâce du salut et de servir notre humanité. Le trésor de la foi nous conduit avant tout à accueillir le « Royaume qui vient » et à humaniser ce monde. D’autant que Dieu a assumé notre condition humaine pour qu’elle soit transfigurée par sa présence et que nous participions à sa vie divine.

Telle est la mission de la communauté ecclésiale. Pour que cette communauté puisse vivre et déployer sa mission, il faut qu’il y ait, en son sein, des ministres de l’Evangile, et en particulier des prêtres.

Quelle est la fonction du prêtre au sein de la communauté ecclésiale?

La fonction principale des prêtres, à l’instar de celle de l’évêque, est d’exercer un ministère « pastoral », c’est-à-dire d’animation, de direction des communautés. Il leur revient d’abord d’engendrer la communauté à la foi par l’annonce de la Bonne Nouvelle. Les prêtres accompagnent également la communauté pour la conduire vers l’unité; celle-ci est sans cesse à faire. Et enfin, les prêtres doivent susciter l’élan missionnaire de la communauté, pour qu’elle soit une « Eglise en sortie ».

Il n’est pas de communauté chrétienne qui puisse vivre sa vocation et sa mission sans le ministère des prêtres. Ils nous rappellent que le vrai pasteur, le vrai « dirigeant » de la communauté, c’est le Christ. C’est la dimension sacramentelle de leur ministère. Ils ne sont pas les « chefs » mais ils sont donnés aux communautés comme « représentant » le Christ, au sens fort et sacramentel du terme. Le prêtre doit également veiller à ce que que l’Esprit continue à déployer son action dans la communauté chrétienne par des charismes multiples. Le prêtre n’est donc pas seulement là pour « dire la messe ».

Si on célèbre l’eucharistie, en particulier le dimanche, c’est pour que l’Eglise devienne vraiment le Corps du Christ, par l’écoute de la Parole de Dieu et le partage du Pain de Vie.

L’eucharistie est donc bien un aspect essentiel de la vie de l’Eglise, comme du ministère des prêtres? 

Effectivement, mais il n’est pas le seul! C’est en accompagnant les fidèles et les communautés qu’ils les disposent à leur mission, celle de dire combien notre humanité est aimée de Dieu ! Cela suppose écoute, discernement, encouragement, parfois interpellation, mais aussi accueil de ce que leurs frères et sœurs ont à leur partager. Force est cependant de constater que, pour les aînés de nos communautés, la préoccupation d’avoir « sa » messe dans « sa » localité semble prédominante. Beaucoup attendent que « l’Eglise » soit partout, que tout le territoire soit quadrillé de paroisses. Pendant de longs siècles, nous avons été dans un contexte social, culturel, où le christianisme était comme un ciment de la vie en société. Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans une société de « chrétienté » – c’est évident, même si certains ne le voient pas encore –, mais dans une société pluraliste.

Dans ce nouveau contexte, l’Eglise doit-elle nécessairement être dans toutes les localités, dans chaque quartier et dans chaque village? J’en doute fortement. Si on veut être partout, et maintenir partout une messe chaque dimanche, même s’il n’y a plus d’assemblée consistante, c’est clair qu’on se met soi-même dans la difficulté. Sous cet angle, on n’a pas assez de prêtres… Mais n’est-ce pas de baptisés, témoins de Jésus et acteurs de la mission, dont nous avons besoin? Et pour disposer l’Eglise à sa mission, les prêtres sont indispensables. Pas pour quadriller des territoires, mais pour accompagner les fidèles sur le chemin de la foi.

Aujourd’hui, les communautés habituées à « avoir » des prêtres et à « bénéficier » d’un éventail de services découvrent petit à petit la responsabilité de tous, non pas pour couvrir le territoire, mais pour inscrire la présence de l’Évangile là où ils sont. C’est dans ce contexte qu’il faut s’interroger: s’agit-il de « combler » le manque de prêtres? Ne faut-il pas plutôt l’ »habiter » en prenant chacun notre part dans la mission et en comptant sur les prêtres pour nous aider à « faire Eglise »?

C’est en réponse à ces bouleversements que certaines solutions ont été mises en place, comme la création d’équipes pastorales dans les paroisses. Avec, à leur tête, un coordinateur laïc, homme ou femme. Que pensez-vous de cette formule?

Depuis trente ans, l’équipe pastorale est une manière d’associer des laïcs au ministère du prêtre, dans l’animation ou la direction d’une communauté. A l’intérieur de ces équipes pastorales, on a vu émerger, ça et là, la figure du coordinateur. Très souvent il s’agit d’une femme. Mais aujourd’hui, dans certains cas, le/la coordinateur/trice de l’équipe pastorale est devenu(e) coordinateur/trice de l’Unité pastorale, parce qu’il y a moins de prêtres en capacité d’être curé. Il y a encore tel ou tel prêtre disponible, mais qui, à cause de l’âge, de la maladie, d’autres engagements, n’est plus en mesure d’accepter la mission de curé, c’est-à-dire de pasteur de la communauté, pour présider la communauté et son eucharistie.

La figure du coordinateur pastoral est une solution qu’il faut encourager, mais qui a aussi ses limites. Si on devait généraliser cette formule, on irait vers la dissociation de quelque chose qui, en principe, ne peut pas être dissocié, à savoir le lien entre présidence de la communauté et présidence de son eucharistie. Le prêtre devient alors uniquement « l’homme de la messe », et on risquerait de ne plus le comprendre comme celui qui préside la communauté.

D’autres solutions existent, comme le recours à des « prêtres venus d’ailleurs », ou à certains diacres permanents. 

En ce qui concerne les « prêtres venus d’ailleurs », le défi est de construire le « nous » du presbyterium (les prêtres d’un diocèse, ndlr.). Les prêtres venus d’ailleurs peuvent être une chance, mais il faut les insérer, les accueillir de sorte qu’ils trouvent leur place, avec nous, dans l’Eglise locale, avec le discernement qui s’impose.

Quant aux diacres, il est possible que, dans certains cas, ils puissent assumer un rôle de direction. Mais si tous les diacres devaient assumer un tel ministère, il faudrait alors qu’on les ordonne prêtres. Car en principe leur ministère n’est pas de présider la communauté. On risquerait alors d’aller vers la disparition du diaconat permanent, qu’on a rétabli après Vatican II, alors que le diacre a déjà du mal à trouver sa place comme le serviteur qui entraîne la communauté et tous les fidèles, prêtres compris, dans l’apprentissage du service comme le Christ.

Propos recueillis par Christophe HERINCKX

Alphonse Borras, « Quand les prêtres viennent à manquer – Repères théologiques et canoniques en temps de précarité », Editions Médiaspaul, 2017, 205 pages

> Lire l’interview complète dans le journal Dimanche n°12 du 26 mars 2017 – S’abonner à Dimanche

Source: www.cathobel.be

 

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Elles sont en recherche ... des femmes découvrent, à Ermeton, la vie monastique

Publié le par Yvan Tasiaux

Elles sont en recherche ... des femmes découvrent, à Ermeton, la vie monastique

Partager la vie des Bénédictines en participant aux tâches quotidiennes, prier avec elles ... voilà ce qui est proposé, deux fois par an, aux femmes qui désirent en savoir plus sur la vie au monastère d'Ermeton-sur-Biert. Un de ces week-ends vient d'avoir lieu. Elles étaient deux à y participer. Franchiront-elles le pas, un jour en rejoignant les moniales? ''Si le Seigneur veut, il nous enverra une soeur, c'est son affaire'' annonce Soeur Marie-Paule Somville, la Prieure. Avant d'ajouter: ''Tant mieux si ces moments les aident déjà sur le chemin de foi.''

 
 
Ces deux femmes, une Polonaise et une Portugaise, sont allées jusqu'au bout de leur découverte. Elles ont passé un week-end au monastère d'Ermeton-sur-Biert. Une troisième vivra cette expérience un peu plus tard. Entre les trois, un point commun, elles sont en recherche. Elles s'interrogent sur leur vie, sur l'orientation à lui donner. La première est intéressée par l'oblature. La deuxième l'a dit, dès le départ, entrer dans une communauté religieuse ne fait pas partie de ses objectifs. Ce qu'elle cherche? A comprendre. Elle était heureuse de faire cette démarche de foi. Un monastère est, par excellence, un lieu idéal, pour creuser, s'interroger sur sa vie spirituelle.
Elles avaient entre 30 et 45 ans. Le week-end organisé à la rentrée s'adresse, lui, aux 20-30 ans. Les préoccupations sont différentes. A chaque fois, le week-end se déroule de la même manière. Les contacts avec les membres de la communauté sont privilégiés notamment, au réfectoire, lors des repas. Il y a bien sûr une participation aux offices, un temps pour la lectio divina et puis les tâches du quotidien, comme par exemple, le nettoyage de la chapelle. Lors des rencontres, elles peuvent encore se confier sur leur démarche, exprimer leurs attentes, poser leurs questions et peut-être déjà apporter les réponses qu'elles espèrent pouvoir y donner. Soeur Agathe qui a rejoint les Bénédictines depuis peu a été bombardée de questions!


Le voir pour savoir

Mais ce qui préoccupe le plus les visiteuses, celles du week-end passé comme les autres d'ailleurs: savoir comment la vie se passe à l'intérieur d'un monastère. Soeur Marie-Paule Somville (la photo): ''C'est une vie normale mais pour s'en rendre compte il faut avoir eu l'occasion d'y séjourner.'' La Prieure apprécie de telles visites: ''Elles sont la preuve que notre vie continue à poser questions.''
De tels week-ends sont-ils organisés pour encourager les vocations? Soeur Marie-Paule Somville: ''Si le Seigneur veut, il nous enverra une soeur, c'est son affaire.'' La Prieure comme les autres Bénédictines tiennent encore, au cours de ces rencontres, à ramener ces visiteuses ''sur terre.'' En leur faisant comprendre que même dans un monastère, dans une abbaye... la vie n'est pas simple tous les jours. Soeur Marie-Paule: ''Quand on découvre un lieu, c'est toujours merveilleux. Croire que les moniales sont parfaites est une erreur. Chaque jour est un combat pour s'adapter les unes aux autres.'' Un peu comme dans la vie de couple... Soeur Marie-Paule, avec humour, ajoute: ''Sauf qu'un mari il y en a un seul et ici, nous sommes quinze! Il faut s'accrocher. Entre nous, il y a un seul point commun: nous sommes entrés pour le Christ.''
En juillet prochain, entre le 7 et le 10 juillet, ce sont les jeunes qui sont invités à participer à un camp dans cette jolie région. Le matin est consacré à la découverte de la vie de la communauté. L'après-midi, tous apportent leur aide à un exploitant qui, à deux pas du monastère, s'est lancé dans la permaculture.
C.B.
Pour plus d'informations: 071/72.00.48
Source: Diocèse de Namur
Elles sont en recherche ... des femmes découvrent, à Ermeton, la vie monastique

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Qu'allons-nous faire de nos églises?

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Le patrimoine est décidément un sujet à la mode dans le diocèse de Namur.

Après la mise en place du service ''Art, Culture et Foi'', après le lancement d’une campagne de sensibilisation des fabriques d’église à inventorier leurs objets religieux, c’est l'équipe du Chantier Paroissial qui vient de consacrer sa traditionnelle journée de mars à ce thème.

Samedi dernier, avec Christian Pacco, les participants ont réfléchi à l’avenir des églises.

Qu'allons-nous faire de nos églises?
La Belgique compte pas moins de 4.500 églises et chapelles, dont 900 situées dans les provinces de Namur et de Luxembourg. Du fait du travail en cours de remodelage paroissial, du fait du changement des habitudes religieuses de nos contemporains, du fait aussi des difficultés financières rencontrées par bon nombre de pouvoirs publics… certains lieux de culte ont aujourd’hui un avenir incertain. Dans notre diocèse, on estime à environ 200 le nombre d’églises qui resteront affectées à la célébration liturgique suite à l’installation des unités pastorales. Si l’on y ajoute les 200 édifices classés pour leur intérêt patrimonial, on peut légitimement penser que 400 églises de chez nous ont un avenir assuré. Mais pour les 500 autres?
Tout le monde connaît ces exemples d’églises – généralement non paroissiales – brillamment reconverties en centres culturels, en librairies, en hôtels… Des réussites, certes, mais impossibles à transposer partout. Se pose dès lors une question bien légitime: pourquoi et comment conserver nos églises et notre patrimoine?


Mission pastorale et patrimoine

Pour son habituelle journée de rencontre et de partage d’expériences, l’équipe du Chantier Paroissial avait habitué les participants à des thématiques en apparence plus ''fondamentales'': le souffle missionnaire, l’évangélisation, le rôle des laïcs… Autant de sujets qui illustrent le renouveau global de l’Eglise et l’indispensable travail de conversion qui l’accompagne.
Dans son mot d’introduction, samedi dernier à Beauraing, l’abbé Pascal Roger, délégué épiscopal pour le Chantier Paroissial, a justifié le thème un rien plus pratique de cette septième édition en rappelant que la mise en place des unités pastorales ne cherchait pas à faire table rase du passé. ''Un tel processus nécessite une analyse en profondeur des réalités locales de nos paroisses. Et les églises en sont les principaux témoins. Ce sujet de la préservation de notre patrimoine est donc aussi du ressort du Chantier Paroissial, d’autant que la mission pastorale s’accompagne inévitablement de questions matérielles'', a-t-il expliqué.
Puis c’est Christian Pacco, historien de l’art, membre du service ''Art, Culture et Foi'' (ACF) et bon connaisseurs des fabriques d’église qui a pris la parole pour deux interventions entrecoupées d’ateliers et de moments de partage. Aux très nombreuses personnes présentes, venues de tout le diocèse, Christian Pacco a voulu d’abord montrer en quoi le patrimoine religieux avait du sens. Puis il a proposé des pistes d’actions, sachant que les réflexions du jour étaient spécifiques au diocèse de Namur: ''Le problème n’est pas forcément le même ailleurs'', a-t-il précisé.


De bonnes raisons de se soucier du patrimoine

On entend souvent dire qu’il n’y a plus personne dans nos églises. Pour Christian Pacco, ''c’est un raccourci un peu rapide''. S’il y a moins de monde à la messe, une récente enquête du Soir montre que 63 % des Belges francophones se disent toujours catholiques. Et l’orateur de poursuivre: ''Il suffit de voir le nombre de cierges brûlés dans les églises ou dans les sanctuaires pour constater que ces autres expressions de piété ne peuvent être négligées.'' Ces ''pratiquants'' d’un nouveau style justifient aussi de préserver des lieux d’expression de la foi. Et la conclusion est la même quand on se plonge dans l’histoire de nos régions: ''Le christianisme a marqué la vie des villageois durant des siècles; les églises de nos paroisses conservent aujourd’hui une charge symbolique qui ne se démode pas, elles sont la mémoire collective de ce que nos aïeux ont vécu et, par la même occasion, elles identifient nos communautés actuelles, d’où l’intérêt de les protéger: l’esprit de clocher est toujours une réalité.''
Christian Pacco a encore évoqué la culture chrétienne, ''une culture en danger et pourtant tellement essentielle pour comprendre qui nous sommes et entrer en dialogue avec les autres traditions. Le patrimoine religieux en est un support majeur. Se battre pour nos églises c’est aussi œuvrer pour la transmission de la culture chrétienne.''
Enjeu historique, enjeu culturel… enjeu spirituel aussi: ''Le christianisme insiste sur l’importance des sens. Dit d’une autre façon: la beauté mène à Dieu. Contempler une œuvre d’art, admirer l’architecture d’une église romane suscite la réflexion, la recherche de sens. Le patrimoine est donc essentiel car il raconte le mystère de Dieu, il répond au besoin de sacré des hommes et des femmes du monde.''


Que faire? Comment?

Tout au long de ses interventions, Christian Pacco a souligné que l’avenir de nos églises dépendait de chacun: ''Nous sommes tous responsables: acteurs pastoraux, fabriciens, communauté locale… en lien avec le Chantier Paroissial, le service ACF, d’autres pastorales diocésaines (jeunes, catéchèse, tourisme) et évidemment les communes…'' Pour le reste, il n’y a pas de solution miracle, il n’y a pas de politique bien définie, les églises de demain doivent encore se trouver un rôle et les solutions se décider au cas par cas.
Christian Pacco s’est tout de même risqué à quelques pistes, quelques conseils basés sur sa propre expérience et ses contacts avec le Chantier Paroissial. Et tout d’abord: ''Que les fabriques d’église travaillent ensemble et s’associent au sein de groupes d’entraide (GEFE). On est plus fort quand on centralise, par exemple, des demandes de réparation de toitures.'' Autre recommandation: ouvrir les églises en journée. ''Trop souvent, nos églises sont devenues des coffres-forts. Pour assurer leur avenir, elles doivent redevenir des lieux visibles de la présence de Dieu.'' Ce qui passe par une sécurisation des bâtiments, un inventaire rigoureux des objets susceptibles d’être volés et la mise à l’écart de la ''bibeloterie'' inutile: ''N’oublions jamais que l’objectif final est la présence de Dieu dans l’édifice.'' Et si l’on veut contribuer à rendre l’église accueillante, de petits détails peuvent y contribuer: une musique de fond en journée, un local à bougies, un carnet d’intention, des prières déposées dans le porche, un panneau didactique réalisé en collaboration avec le cercle d’histoire local, une mini-expo proposant de l’information (touristique, culturelle, naturelle…) sur la région (cf. projet d’église ''halte rando'' dans la région de Dinant).
Que nos églises doivent rester des lieux de prière, c’est un fait. Mais elles peuvent devenir également (si ce n’est encore le cas) des lieux d’accueil, de réunion, de pause, d’intimité, de quiétude… des lieux vivants et joyeux, des lieux historiques, chargés d’expériences spirituelles et sociales, à restituer à la communauté. La tâche est immense et nécessitera créativité et énergie. Christian Pacco et les membres du Chantier Paroissial en ont donné un premier aperçu.
A.S.


Pour contacter l’équipe du Chantier Paroissial: 
chantierparoissial@namur.catho.be.
Source: namur@diocese.be

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« La spiritualité peut-elle guérir notre monde ? » – Frédéric Lenoir

Publié le par RivEspérance

« La spiritualité peut-elle guérir notre monde ? » – Frédéric Lenoir

« Il faut en revenir à la simplicité de l’essentiel », tel est sans doute le message de Frédéric Lenoir lors de RivEspérance 2016. Cet essentiel ne se trouve pas dans les rites et les dogmes des religions, qui ne sont que des moyens, mais dans la spiritualité. Évocation de la pensée d’un homme qui se veut le héraut de l’essentiel.


Frédéric Lenoir, né en 1962 à Madagascar, est philosophe, sociologue, conférencier et écrivain français, animateur de l’émission Les racines du ciel sur France Culture depuis 2009. Ancien rédacteur en chef du Monde des religions, auteur d’une quarantaine d’ouvrages, traduits en plus de vingt langues, il a codirigé trois encyclopédies.


Les premières traces de religion apparaissent avec les tombes, il y a 100 000 ans. Les défunts sont enterrés dans la position fœtale, la mort étant associée à une renaissance possible. Des objets de chasse, de la nourriture étaient placés à côté d’eux pour qu’ils puissent survivre dans l’au-delà. « Si la mort n’existait pas, les religions n’existeraient pas non plus », affirme sans hésiter Frédéric Lenoir.

Du paléolithique au néolithique

La religion fut d’abord chamanique ou animiste. L’être humain se sent inséré dans la nature et pense que tous les êtres, sans hiérarchie, sont habités par un esprit. On vénérait la nature, un monde enchanté, qui avait une aura magique. Tout était signe de quelque chose de transcendant. Le chaman était l’intermédiaire avec ce monde invisible.
Entre 12000 et 5000 ans avant notre ère, l’humanité a connu le passage du paléolithique au néolithique. Elle s’est sédentarisée. La religion a évolué avec ce changement de mode de vie. L’homme se donnait une sécurité alimentaire et ne dépendait plus totalement des caprices de la nature, qui s’en trouvait désacralisée. C’est l’époque de la création des dieux et des déesses aux fonctions utiles. Le but de la religion, rappelle notre historien, est de créer du lien tant dans la dimension verticale avec les dieux qu’horizontale avec les autres. Créer du lien avec un invisible, en effet, cimente le lien à l’intérieur de la communauté. Pharaon était un dieu et faisait le lien entre le politique et les divinités.
Le chaman devait éprouver le sacré en entrant en transe. Avec le néolithique, on entre dans une religion davantage sacrificielle. Il s’agit de faire du sacré par le sacrifice, afin d’obtenir la protection des dieux et maintenir l’ordre du monde. Apparaît alors une hiérarchie et, au sommet de tout, il y a un dieu supérieur. Il fut d’abord une déesse, car on vénérait la femme qui donnait la vie. L’homme, au sens masculin du terme, a ensuite pris conscience de son pouvoir dans la procréation et a pris le pouvoir. La société devenait patriarcale, et les hommes se chargèrent de l’organisation, notamment en religion.

Polythéisme, hénothéisme, monothéisme

Dans cet univers, petit à petit, on est passé du polythéisme à l’hénothéisme, chaque peuple ayant son dieu, que ce soit Amon ou Zeus. Puis, petit à petit, selon un processus de rationalisation, on en est arrivé au monothéisme : notre dieu n’est pas seulement le nôtre, mais celui de l’univers tout entier. Ses attributs étaient masculins.
Ces religions, hélas, vont se scléroser, devenant une affaire politique. Mais au cours du dernier millénaire avant notre ère apparaissent des personnages ayant fait une expérience de la transcendance. Ce sont les Zoroastre, Confucius, Bouddha, Socrate, et les prophètes de la Bible. Ils vont spiritualiser la religion. Même un « sans caste » peut faire l’expérience de Dieu. Le but est la transformation de l’être humain. Ils contestent dès lors la manière dont elles étaient vécues. Ils cherchent à conjuguer leur héritage antique et la dimension mystique, la spiritualité. Celle-ci se situe au niveau du cœur, dans une relation d’amour avec la divinité. Jésus n’a pas voulu fonder une religion, mais réformer le Judaïsme. En témoigne son dialogue avec la Samaritaine : « Dieu est esprit » : ce qui compte c’est la relation que vous avez avec Dieu et non pas le culte que l’on peut rendre sur telle ou telle montagne, celle de Jérusalem ou celle du Mot Garizim.
Du coup, sacrifier, c’est offrir son ego, s’ouvrir au divin qui est en soi. « Le sacrifice qui te plaît, c’est un ego brisé » pourrait-on traduire le psaume 51. La spiritualité est en effet une démarche personnelle, née à l’intérieur des religions. Il s’agit de se transformer pour davantage d’amour de soi et de l’autre, de lâcher l’ego – qui n’est pas notre identité la plus profonde – pour la part divine en nous. – « C’est le Christ qui vit en moi », disait Saint Paul. – Ici se rejoignent les mystiques orientales et occidentales…

La trahison du message

Le prophète de Galilée a opéré un retour vers la spiritualité. Il a voulu réformer le judaïsme en invitant à dépasser tout l’aspect extérieur et à travailler à la transformation de l’être humain qui veut ressembler à Dieu. Durant trois siècles, ses disciples furent persécutés. Quand l’Empire romain reconnut le christianisme, ceux qui avaient encore soif de spiritualité partirent au désert. Vers 380, en effet, Théodose chercha à baser son empire sur la religion chrétienne et se mit à persécuter les autres religions. L’essence même du christianisme en était étouffée, le politique redevenant l’essentiel. Or, selon Marcel Gauchet, le christianisme est précisément la religion de la sortie de la religion, car il nous libère de la religion en tant qu’institution placée au-dessus de la spiritualité. On a sans doute besoin de s’appuyer sur les rites, les sacrements, se rattacher à une communauté pour prier avec d’autres, mais tout ceci n’est que moyen au service d’une fin. Rien n’est indispensable, tout est seulement utile.
L’Eglise fut trop heureuse que cessent les persécutions et elle s’installa, se protégea. Ses grands penseurs en arrivèrent même à justifier l’Inquisition, ainsi saint Thomas d’Aquin. L’Eglise aurait-elle trahi l’Évangile ? Kierkegaard le pensait. Il n’y aurait certes pas eu de révolution des droits de l’homme si l’Europe n’avait pas été chrétienne. Les deux sources de ceux-ci sont en effet la pensée grecque et l’Évangile. Mais, hélas, pour retrouver l’Évangile, il a fallu tourner le dos à l’Eglise qui l’avait quitté.
Et Frédéric Lenoir de confesser son admiration pour François, le plus anticlérical d’entre les cardinaux ! « Son élection est un miracle! » Pour ce pape, l’Eglise n’est pas une douane, elle doit accueillir tout le monde. Cette révolution douce avait déjà commencé avec le Concile Vatican II.

La spiritualité nous sauvera

C’est la spiritualité qui va sauver la religion du fanatisme religieux. Tel est le propos de tous les mystiques de toutes les religions. Cette expérience est universelle, elle se rencontre chez les gens les plus simples. Et, petit à petit, Frédéric Lenoir témoigne de sa popre identité chrétienne. Être chrétien, dit-il, c’est être relié au Christ, habité par lui, le prier. Et si, on ne connaît pas le Christ, être chrétien, c’est aimer son prochain, ce qu’a révélé Jésus. La prière et l’amour du prochain sont les deux poumons de cette relation au Christ. Ceux qui aiment connaissent Dieu, ils sont nés de Dieu, dit saint Jean, car « Dieu est amour ». Et Matthieu : « Lorsque vous l’avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait. »
Mais il y a un mystère Jésus, reconnaît Frédéric Lenoir, celui de son identité à propos de laquelle l’historien n’a rien à dire. Ses disciples lui ont donné, notamment à travers la résurrection – unique dans l’histoire des religions, fondement de la foi chrétienne – un statut particulier. Mais c’est une autre histoire.

Le glaive de la spiritualité

La religion relie, et la spiritualité délie tous les liens qui ne sont pas bons et qui empêchent la quête personnelle. « Je suis venu apporter le glaive », disait Jésus. L’attitude religieuse, aussi utile et légitime qu’elle puisse être, n’est pas suffisante si elle n’est pas intérieure et vraie. Le glaive coupe le lien avec le groupe, car la spiritualité est une démarche personnelle et non un héritage familial. « Si vous reprenez cet héritage, reprenez-le de manière personnelle », commente Frédéric Lenoir.
Ainsi comprise, la parole de Jésus ne remet pas en cause l’attitude religieuse en tant que telle, elle la recentre sur l’essentiel. Elle ne rend pas caduque l’existence de rituels, d’institutions, d’actes religieux collectifs : elle affirme qu’il ne s’agit là que de moyens et non de fins.
Le but de la religion, c’est d’être dans une relation d’amour avec la transcendance dans le but de la transformation de l’être humain. Elle est l’antidote aux deux principales menaces d’aujourd’hui : le fondamentalisme, le communautarisme et le fanatisme religieux, d’une part ; le matérialisme et le consumérisme qui détériore la planète, d’autre part. Il faut redécouvrir l’intériorité, la compassion et passer de la quantité à la qualité — Pierre Rabhi parle de sobriété heureuse. « Rien n’est pire qu’une religion sans spiritualité. »

Charles Delhez

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