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Editorial de Témoignage chrétien. Par Christine Pedotti.

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Editorial de Témoignage chrétien. Par Christine Pedotti.

François Fillon devrait lire Témoignage chrétien. Il y apprendrait nombre de choses, en particulier que tous les chrétiens ne sont pas « La Manif pour tous », et il pourrait surtout lire soixante-douze heures à l’avance les excellents commentaires bibliques des textes du dimanche qui y sont publiés. 

 

En effet, si M. Fillon avait su quel Évangile allait être lu à la messe à laquelle il a assisté lors de son voyage à La Réunion, il aurait sans doute évité cette étape. Mais, que voulez-vous, on ne se refait pas. M. Fillon, ayant affirmé haut et fort qu’il était catholique, se devait d’aller à messe le dimanche. Mais au lieu de le faire discrètement, un peu tôt, sans caméras, tambours ni trompettes, il l’inscrit dans son programme officiel et se rend en grande pompe à la grand-messe, la presse sur les talons, illustrant, sans s’en douter, le jugement de l’Évangile : « Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment, pour faire leurs prières, à se camper dans les synagogues et les carrefours, afin qu’on les voie. En vérité je vous le dis, ils tiennent déjà leur récompense. » (Matthieu 6, 5.)

Bien mal lui en prend ; comme s’il y avait une justice immanente, il reçoit sa récompense. Voilà que le texte proclamé est celui du sixième dimanche du temps ordinaire suivant le calendrier romain : « Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. » (Matthieu 5, 25-26.)

Et pan sur le bec, comme dirait Le Canard, à l’origine des révélations sur la gloutonnerie (péché capital) financière de M. Fillon. Comme on dit : « Quand ça veut pas, ça veut pas ! » Sérieusement, se faire piéger comme ça, bêtement, par l’Évangile du jour, c’est vraiment pas de chance ! Mais pour être honnête – pardon, M. Fillon, c’était sans mauvaise intention, façon de parler –, pour être honnête, donc, la « malchance » d’entendre parler d’argent dans l’Évangile est très élevée. Il ne cesse d’y être question d’ouvriers mal payés et de riches avides. On y apprend qu’on ne peut servir deux maîtres et que l’argent est un maître exigeant…

Il n’y a peut-être que la parabole dite « du gérant malhonnête » qui aurait pu réconforter le candidat de la droite : « Eh bien ! Moi je vous dis : faites-vous des amis avec le malhonnête Argent, afin qu’au jour où il viendra à manquer ceux-ci vous accueillent dans les tentes éternelles. » (Luc 16, 9.) Mais il semble que M. Fillon ait investi son argent dans son château et non dans ses amis. Là aussi, l’Évangile est cruel ; à un homme riche qui a accumulé beaucoup de biens,  « Dieu dit : “Insensé, cette nuit même on va te redemander ton âme. Et ce que tu as amassé, qui l’aura ?” Ainsi en est-il de celui qui thésaurise pour lui-même, au lieu de s’enrichir en vue de Dieu. » (Luc 12, 20-21). 

Finalement, on ne devrait lire l’Évangile qu’en latin… Ou même en grec !

 

Christine PEDOTTI. (Que avons reçu au CIFRA l'année dernière)

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Ouvrir les églises l'été, supplément d'âme pour les touristes.

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Si une église est avant tout un lieu de culte, elle fait aussi partie du patrimoine culturel. L'été, valoriser cet héritage auprès des touristes est l'une des solutions retenues par diocèses et paroisses pour que les petites églises restent vivantes. 

Une réflexion du Journal "La Croix" sur les églises de France que nous souhaitons étendre à nos régions.

Le GEFEDI y réfléchit actuellement.

Ouvrir les églises l'été, supplément d'âme pour les touristes.
Il y a les majestueuses cathédrales et les églises urbaines où la vie paroissiale - plus ou moins dynamique - n'est pas en péril. Et puis il y a la litanie des petites églises et chapelles de campagne, souvent désertées, fermées à clés, abîmées par le temps qui passe. Ces vieilles pierres sont parfois menacées faute de moyens pour les entretenir. 

Mais le problème n'est pas tant financier qu'humain. Il s'agit de redonner vie à ces églises à la fois comme lieux cultuels et culturels. « Tenir l'église au centre du village », comme le dit un ancien dicton, pour qu'elle en soit l'âme, est l'une des ambitions des diocèses et paroisses qui profitent de l'été pour promouvoir le tourisme religieux. 

« Notre action va moins en direction de nos églises, qui ne sont pas menacées, que des chapelles», reconnaît le P. Alain Dupenloup, le curé de la paroisseSaint-Guérin qui regroupe plusieurs villages de la vallée d'Aulps en Haute-Savoie (parmi lesquels Morzine ou Leset Gets). 

"L'effort se porte surtout sur les lieux déjà ouverts"

Ainsi, depuis plus de vingt ans ans, sa paroisse organise pendant l'été « les mercredis de Saint-Graydon » dans la chapelle du même nom située dans les alpages avec eucharistie et «verre de l'amitié». « Nous travaillons avec l'office du tourisme pour faire se rencontrer les passants et les locaux », explique le prêtre. 

Dans cette optique, sa paroisse organise aussi des concerts réguliers dans l'église de Morzine et elle est associée au Festival de la musique mécanique aux Gets. «Cet été, avec un concert, une messe et un repas, l'église sera comble », se réjouit-il. 

Pour le P. Jean-Claude Delechelle, délégué à la pastorale du tourisme du diocèse de Tours, cette volonté de valoriser le patrimoine religieux est « une évolution des mentalités relativement récente ». Car « il y a encore quelques années, le premier réflexe d'un curé était de protéger son église en la fermant. Aujourd'hui, on redécouvre l'une des missions premières des chrétiens : l'accueil. » 

Des bénévoles acceptent de plus en plus souvent d'ouvrir les maisons de Dieu, mais à Tours, « ce n'est encore que lors d'évènements ponctuels ». Et « l'effort se porte surtout sur les lieux déjà ouverts», comme par exemple, le tombeau de saint Martin qui était autrefois une étape obligatoire pour les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. « Nous essayons de la remettre en valeur », affirme-t-il. 

"Montrer qu'une église n'est pas seulement un bâtiment"

À l'autre extrémité du pays, le P. Francis Tisné, curé de Saint-Lary-Soulan dans le diocèse de Tarbes-Lourdes, sait bien lui aussi que « les touristes ont attendu leurs vacances : c'est à nous de les accueillir avec ce que nous avons de beau, nos églises ». 

Dans cette vallée des Hautes-Pyrénées où le tourisme est très développé, chaque année se tient le festival des petites églises de montagne. Tous les mardis, un concert ou une lecture ont lieu dans une église. Le P. Francis Tisné en est très fier : « C'est un brassage permanent de gens, croyants ou non. Créer de beaux moments est déjà une réussite, Dieu fait le reste. » 

Ici et là, paroisses et diocèses parviennent à tirer parti de l'essor - même modeste - du tourisme religieux. Avec une limite : activités culturelles et cultuelles restent parfois assez perméables les unes aux autres. Comme le résume le P. Dupenloup, le tourisme religieux ne concerne «qu'une petite fraction de personnes » et «tient plus de la curiosité que d'une demande de spiritualité : très honnêtement, les concerts attirent les connaisseurs, et ne convainquent pas les gens de revenir vers l'Église ». 

Mais celui qui a été guide du patrimoine du pays de Savoie et qui travaille toujours à mi-temps à l'ancienne abbaye Sainte-Marie des Alpes, y voit quand même l'occasion de « montrer qu'une église n'est pas seulement un bâtiment, mais aussi un lieu où on peut se retrouver», même à l'occasion de concerts de musique profane. « L'année dernière, nous avons accueilli un groupe népalais. Il y avait un silence religieux ! », sourit-il. 

"Donner une âme au temps libre"

« Il est important que les églises restent ouvertes pour que ceux qui cherchent un espace de recueillement puissent le trouver », écrivait Mgr Roland Minnerath, archevêque de Dijon, dans un rapport rédigé en 2008 au nom de la Conférence des évêques de France sur «l'avenir des bâtiments d'Eglise» (1). « L'Église est appelée à ouvrir les portes de son immense patrimoine culturel et religieux pour répondre aux besoins de sens de l'homme d'aujourd'hui », constatait la même année le Conseil pontifical pour la pastorale des personnes en mouvement. 

Ouvrir les églises ne participe pas seulement d'une volonté de valoriser le patrimoine, mais également de recréer un lien entre grand public et religion. Et l'objectif à long terme est bien d'ouvrir les lieux plus isolés. « S'il n'y a pas d'humanité et d'accueil dans la maison de Dieu, n'espérons pas faire passer un message », résume le P. Francis Tisné, qui travaille depuis vingt ans à ouvrir ses églises des vallées d'Aure et du Louron. 

Car des églises vivantes portent le témoignage de la présence de Dieu. Pour que les églises visitées par les vacanciers deviennent des lieux possibles d'annonce de la foi, le P. Jean-Claude Delechelle a publié sur le site internet du diocèse de Tours quelques pistes de réflexion. « Donner une âme au temps libre » est pour lui une priorité. Les églises visitées pendant l'été peuvent être une « porte d'entrée » vers la religion. Et que l'on soit croyant ou non, l'attachement au clocher demeure. 

Cécile CARTON 

(1) «Faire vivre nos églises partout», rapport piloté par Mgr Roland Minnerath, archevêque de Dijon et présenté aux évêques le 4 novembre 2008. 

La Croix: le 

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Pas fier d’être chrétien.

Publié le par Frédéric ANTOINE, rédacteur en chef du magazine L’appel

Pas fier d’être chrétien.

Menteur, profiteur, arriviste, sans souci pour le sort autrui, et en premier lieu pas pour celui des femmes : il est plutôt gratiné, le profil que l’opinion publique peut associer, en 2017, à l’étiquette « chrétien » !

En France, le candidat qui était le plus en vue de l’élection présidentielle est fier de ne pas cacher ses convictions philosophiques et religieuses. Il en a même fait un de ses chevaux de bataille, affirmant « à titre personnel » être en total désaccord avec certaines lois édictées par la laïque République dont il brigue la plus haute fonction.

Christique au point de dire vouloir sacrifier sa vie pour le sauvetage de la France, il s’était aussi fait qualifier de « Monsieur Propre » de la politique. Car, c’était sûr, contrairement à certains de ses compétiteurs, lui n’avait rien à se reprocher. Et rien ne pourrait jamais lui être reproché.

Puis voilà que, de révélation en révélation, la virginale figure de ce catholique désintéressé s’est désintégrée. Inutile de revenir ici sur les péripéties de ce feuilleton médiatique. Pour mesurer les dégâts sur l’image qu’il génère du catholicisme et des catholiques, il suffit de comparer les valeurs prônées par l’Évangile et les pratiques du candidat dans la vie quotidienne.

Peut-on se réclamer du Christ si l’on fait du mensonge un usage quasi-journalier, et si son mode de vie repose sur d’habiles combines destinées à se garantir une part du gâteau supérieure à celle à laquelle on a droit ?

Peut-on se reconnaître frère de son prochain sans se rendre compte que, pour la fonction que l’on vise, les comportements que l’on a adoptés ne peuvent que scandaliser les plus honnêtes, les plus pauvres, plus souffrants ?

Peut-on être disciple de Jésus et juger éthique et moral ce qui apparaît assez normalement pour plus grand nombre comme en étant le total opposé ?

Grâce à l’association d’un homme et d’une foi, est belle, l’image du monde catholique ! 
Depuis quelques mois déjà, en France, l’adjectif « catholique » était médiatiquement directement associé à un positionnement politique de droite, voire d’extrême droite. 
Les événements actuels ne font que conforter cette impression. Comme si les notions d’ouverture, de progressisme, d’écoute de l’autre, d’accueil et de dialogue avec le monde étaient (re)devenus étrangers à l’univers ceux qui se disent appartenir à l’Église.

Elle est d’autant plus belle, cette image des catholiques, que, au nom de la foi qu’ils prônent, des hommes (et des femmes) politiques français ont de plus en plus tendance à vouloir imposer à l’ensemble de la société leurs propres convictions, leur vision du monde et leurs valeurs.

Qu’attend, par exemple, le mouvement « la manif pour tous » de son soutien aux candidats de droite et d’extrême-droite, sinon l’avènement d’un président se son bord, qui remettra en cause le mariage pour tous, puis les droits acquis par les femmes, et par les couples ?

Qu’ils souhaitent respecter pour eux-mêmes les préceptes auxquels ils croient est leur affaire et tout à leur honneur d’êtres cohérents entre leurs actes et leurs pensées. Mais il est, ou était jusqu’à présent, une particularité de l’Occident : celle de refuser d’encore vivre à une époque où un dirigeant pouvait s’employer à transformer un crédo personnel en règles universelles.

Cette ambition d’imposer à tout un peuple ce que l’on considère à titre privé bon n’est pas l’apanage de la « fille aînée » de l’Église. L’actuel président des États-Unis, autre parfaite illustration du christianisme de 2017, pense-t-il autrement ? Chacune de ses décisions, chacun de ses tweets, manifeste cette même intention. Et cette même représentation, pour le moins originale, de ce que sont valeurs chrétiennes dont il se revendique, du moins dans ses discours publics.

Le milliardaire américain suppose sans doute répondre à la loi divine en appliquant le commandement « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée ». Mais sait-il que celui-ci est, dans l’Évangile, suivi d’un « second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même » ?  
A-t-il un jour lu, au chapitre 25 de Matthieu, ce texte simple, illustré, mais essentiel : « J’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli ; j’étais nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi. »

Le message chrétien est fondamentalement ancré dans la défense et la promotion de l’Homme. Mais, de un brouhaha médiatique auquel rien n’échappe, comment encore faire comprendre que vivre au nom de l’Évangile ne peut simplement reposer sur l’exemple de quelques ténors qui se disent disciples de Jésus de Nazareth ? S’engager au nom du Christ est impossible si l’on ne vise que le pouvoir et le profit, pour soi, ses proches ou le « clan » dont on défend les intérêts.
Les personnages politiques qui osent bâtissent leur légitimité sur l’affirmation d’une identité chrétienne taillée sur mesure devraient relire Marc, quand il rappellait cette cinglante phrase de Jésus : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. » Un royaume qui, chacun le sait, commence ici-bas.

Frédéric ANTOINE, rédacteur en chef du magazine L’appel

www.magazine-appel.be

 

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