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« Lettre ouverte du clergé chrétien de Bethléem »

Publié le par François Corbineau

« Lettre ouverte du clergé chrétien de Bethléem »

International. « Le gouvernement israélien prévoit d’annexer davantage de terres palestiniennes occupées. Bethléem, entourée de murs et de colonies, ressemble déjà à une prison ouverte. »

Je vous fais suivre cette lettre des clergés de Bethléem.

« Nous écrivons cette lettre en notre qualité de chefs spirituels de diverses communautés chrétiennes de la région de Bethléem. Le gouvernement israélien prévoit d’annexer davantage de terres palestiniennes occupées. Selon les informations publiées, ce processus pourrait se mettre en place prochainement. Pour la Palestine, Bethléem et, en particulier, pour sa population chrétienne, ce nouveau processus d’annexion sera catastrophique.

Peu après l’occupation de 1967, Israël a annexé plus de 20 000 dounams (5 000 acres) de terres au nord de Bethléem, Beit Jala et Beit Sahour, pour la construction de colonies illégales. Cela a gravement entravé notre capacité de développement en tant que collectivités. Ils ont déjà annexé l’un des sites religieux chrétiens les plus importants de Bethléem, le monastère Mar Élias (Saint-Élie), et séparé Bethléem de Jérusalem pour la première fois, en 2 000 ans d’histoire chrétienne en Terre sainte.

« Un vol de terres »

L’une des seules zones restantes pour notre croissance, ainsi que pour l’agriculture et simplement pour que les familles profitent de la nature, est celle des vallées de Crémisan et du Makhrour, toutes deux situées à l’ouest de nos zones urbaines et actuellement menacées d’annexion par les autorités d’Israël. Cela affectera la propriété privée de centaines de nos paroissiens.

Dans la vallée de Crémisan, nous menons également des activités spirituelles. Il y a une école dirigée par des religieuses salésiennes, en plus d’un monastère historique. La campagne de l’ouest de Bethléem est également en danger, où certains de nos paroissiens pratiquent l’agriculture depuis des générations, notamment la Tente des nations, à Nahalin.

Dans le même temps, et conformément aux cartes originales du plan américain, il existe des menaces contre la partie orientale de Bethléem, y compris la zone Ush Ughrab de Beit Sahour, où il est prévu depuis des années de construire un hôpital pour enfants pour la communauté locale.

Notre plus grande préoccupation est que l’annexion de ces zones poussera davantage de personnes à émigrer. Bethléem, entourée de murs et de colonies, ressemble déjà à une prison ouverte. L’annexion signifie que la prison devient encore plus petite, sans espoir d’un avenir meilleur.

C’est du vol de terres ! Nous parlons de terres en grande partie privées et que nos familles possèdent, ont hérité et cultivent depuis des centaines d’années.

La plupart de nos paroissiens ont perdu espoir dans les pouvoirs terrestres. Ils se sentent désespérés et impuissants, comme en a témoigné un paroissien, alors qu’il regardait sa terre dévorée par des bulldozers israéliens en train de préparer le terrain pour une expansion du mur : « C’est dévastateur. Vous voyez des bulldozers détruire votre terre et vous ne pouvez rien faire. Personne ne les arrête. »

Nos paroissiens ne croient plus que quiconque défendra courageusement la justice et la paix et mettra fin à cette terrible injustice qui se déroule sous vos yeux. Les droits de l’homme, ceux des Palestiniens, sont violés depuis des décennies.

L’espoir est un pilier de notre foi, mais il est remis en question en raison des actions de ceux qui prétendent se soucier des chrétiens du Moyen-Orient. Dans la pratique, l’annexion pourrait être l’ultime goutte lorsqu’il s’agit d’une présence chrétienne viable en Palestine, ainsi que des aspirations nationales à vivre dans la liberté, l’indépendance, la dignité et l’égalité dans notre patrie conformément au droit international.

Personne ne peut prétendre ne pas connaître les conséquences de l’annexion pour la Palestine en général et Bethléem en particulier. Nous sentons le fardeau de l’histoire sur nos épaules pour maintenir la présence chrétienne dans le pays où tout a commencé. […] »

François Corbineau