Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Petites histoires d'hier et d'aujourd'hui. A propos des saints.

Publié le par Jules Piette

 

 

 

 

 

 

Je m’étais donc ceint d’une de mes casquettes irlandaises.

Pourquoi me ceins-je si volontiers alors que ma coiffe naturelle me protège bien mieux. Et d’une casquette encore ?

Eusses-tu préféré que je me ceignisse d’une tiare ou d’une couronne de gui ?

C’est le sein qui, cette nuit, m’a poursuivi dans mes songes. « Cachez ce sein que je ne saurais voir ».

 

Bof, aujourd’hui, on ne cache plus grand-chose. Et les saints ne sont plus guère honorés.

 

Cachez ces saints qu’on n’a plus envie de voir.

 

C’était hier l’anniversaire du décès du frère Mutien, 1917, 104 ans et le naufrage d’une dévotion populaire vers l’oubli presque total. Je me souviens des files d’autocars devant le collège, du magasin de médailles et cartes où était collé un éclat prétendu du cercueil de celui qui était encore bienheureux. Du plantage magistral lorsqu’un Pape, qui devait se recueillir sur place, avait glissé sur la savonnette dans sa baignoire romaine…

La pandémie ? Pas seulement, les saints n’ont plus la cote !

Quelques-uns encore restent en superstition tenace, en grigris illusoires, en dernier espoir. Sainte Rita, Saint-Antoine, le champion des lunettes égarées et des clés perdues.

Mais tant de coutumes se sont évaporées : il y a bien longtemps que je n’ai plus vu la bénédiction de voitures dans mon village, le jour de la Saint-Christophe.

Et à Sart-Saint-Laurent, à la fontaine bénie, plus aucune maman n’a plongé son nouveau-né dans l’eau sacrée pour lui éviter les convulsions ou les maladies enfantines.

Mais tiens, la bonne idée : j’irais bien me tremper un beau matin dans ce jus miraculeux en attendant un vaccin qui se refuse !

 

Avec l'aimable autorisation de Jules Piette, ancien professeur à St Berthuin à Malonne.