Au moment d’écrire ce billet*, mon cœur se tourne vers nos frères et nos sœurs de Haïti qui vivent des moments horribles après le séisme qui a ravagé l’île ; « la plus grave crise humanitaire depuis des décennies
», a déclaré le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon en arrivant à Port-au-Prince le 17 janvier. Le bilan humain est très lourd et le pays, dont toutes les structures étatiques
font cruellement défaut, entame une course contre le chaos. Bien sûr, la communauté internationale s’est mobilisée rapidement et a fait preuve d’une très grande générosité, mais le désastre est
tel que de très nombreuses zones sinistrées ne sont atteintes que difficilement et les gens meurent des suites de leurs blessures. Mais la question se pose déjà de la reconstruction et de
la dépendance à l’égard de l’aide internationale. Que peut-on souhaiter, sinon que ce pays puisse se reprendre en main et se diriger lui-même en mettant en place, avec le concours de
l’occident, des structures politiques stables qui puissent éradiquer la corruption endémique ! En effet, ce pays – mais on pourrait en citer d’autres- mérite mieux que d’être un puits de misère
maintenu sous perfusion lorsque la situation est devenue intenable. Il faut croire en ses possibilités de redressement et au dynamisme d’une population très jeune qui devrait pourvoir
œuvrer à son propre développement. C’est le pari que font beaucoup d’associations humanitaires dont certaines sont soutenues par les actions de Carême de partage de chez nous. Nous y penserons
lors des collectes spéciales de Carême. Elles soutiendront des projets concrets dans la région des Grands Lacs. Mais l’enjeu est le même : permettre à des hommes et à des femmes de retrouver leur
dignité et de prendre en mains leur destinée, avec notre aide. C’était aussi le pari d’un certain Dominique Pire lorsqu’il a fondé les Iles de Paix et d’autres œuvres pour lutter contre la misère
et rendre aux hommes leur dignité (voir l’exposition permanente à la Collégiale jusqu’au 20 février).
Ne dites plus Mgr André-Mutien Léonard, mais Mgr André-Joseph
Léonard qui devient le successeur du Cardinal Danneels sur le siège de Malines-Bruxelles. Dans la conférence de presse où sa nomination a été rendue officielle, le nouvel archevêque
a reconnu avoir tout à apprendre d’un diocèse qu’il ne connaît pas. Il a néanmoins annoncé quelques priorités pastorales. Outre le souhait de voir nommer un nouvel évêque auxiliaire pour le
Brabant Flamand, il envisage de visiter son diocèse comme il l’a fait à Namur-Luxembourg en séjournant dans les divers doyennés et en commençant par ceux de Bruxelles. Par ailleurs, il portera
une attention particulière aux vocations sacerdotales et diaconales qui se font rares dans l’archidiocèse. Il veillera aussi à ce que la liturgie soit soignée et qu’on remette en honneur
l’adoration eucharistique. Il s’inscrira aussi dans le sillage de son prédécesseur en marquant son souci pour les questions de logement, notamment dans la capitale. La sécularisation galopante,
souligne le nouvel archevêque, peut être un défi et une chance pour faire vivre des communautés chrétiennes dynamiques qui oeuvrent avec un nouveau souci d’évangélisation. Il entrera
officiellement en fonction le 27 février prochain. Une célébration d’action de grâces est organisée à la Cathédrale de Namur le samedi 20 février à 15h30. Son départ pour Malines fait
entrer le diocèse de Namur dans une période de transition qui sera plus ou moins longue. Au début mars, sera désigné l’administrateur diocésain qui sera chargé, avec une équipe, de traiter
les affaires courantes et mettra en place les consultations prévues par le Droit Canon en vue de préparer la nomination du nouvel évêque par le pape.
Nous entrons bientôt dans le temps du Carême qui est un
temps fort de prière, de formation et de partage. En vivant en secteur le mercredi des cendres, nous marquerons ensemble notre désir de conversion et d’accueil de la Parole de Dieu. Cette
année, la conférence du second mercredi aux Rivages sera consacrée à une présentation de l’Evangile selon Saint Luc qui jalonnera toute l’année liturgique. L’Evangile que Dante appelait «
l’évangile de la tendresse de Dieu ». Une façon de redécouvrir que la Bonne Nouvelle proclamée et vécue par Jésus peut éclairer notre route aujourd’hui et donner du sens à tous nos
engagements, spécialement en direction des plus démunis de nos frères en vivant concrètement avec eux le partage et la solidarité.
Philippe Goffinet
*Ce billet est déjà été publié sur le blog mais effacé par mégarde.
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