Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Bienvenue dans le Doyenné de Dinant

Publié le

Voir les commentaires

L'éditorial de Philippe Goffinet

Publié le

 

Les Français viennent de reconduire Emmanuel Macron pour un deuxième mandat comme président de la République. Un vote de raison et pas forcément d’adhésion. Les électeurs ne lui signent pas un chèque en blanc.  Cet évènement a été suivi par beaucoup d’entre nous car l’enjeu était majeur étant donné la montée d’une extrême droite nationaliste, xénophobe et antieuropéenne. Ce qui m’inquiète, c’est de découvrir que celle-ci est soutenue par 40% de catholiques pratiquants au premier tour. Certes, le président Macron a pu agacer par son air hautain, sa manière de décider seul en snobant les corps intermédiaires (syndicats, monde associatif, cultes reconnus et même la Chambre et le Sénat) et une gestion un peu chaotique de la pandémie. Certains catholiques retiennent surtout de son premier quinquennat la révision des lois de la bioéthique : le recours possible à la procréation médicalement assistée (PMA), la théorie du genre enseignée à l’école et la volonté de dépénaliser l’euthanasie. Et plus anecdotique, un président qui les a privés de messe pendant la pandémie !  Même si on perçoit que le vote « Le Pen » est un barrage à Macron, il n’empêche que derrière tout cela c’est une autre vision de la France qui se dessine. De nombreux catholiques engagés et des mouvements chrétiens n’ont pas manqué de tirer la sonnette d’alarme entre les deux tours. Ils ont souligné avec force que le cœur du message chrétien n’est pas le repli mais l’accueil de l’autre (« J’étais un étranger et vous m’avez accueilli ») et appelé à endiguer l’extrême droite, sans pour autant donner un blanc-seing à Macron. Certains se sont étonnés voire scandalisés du silence de la hiérarchie de l’Eglise catholique. Dans cette aventure, la gauche très divisée n’a pas réussi à jouer une véritable opposition démocratique même si Mélanchon a fait un score plus qu’honorable. Mais avec un taux d’abstentions record de plus de 28%, il y a de quoi s’inquiéter. Il est révélateur des profondes divisions de la France et de la lassitude des électeurs.  

Il reste que le phénomène n’est malheureusement pas un cas isolé dans une Europe qui cherche son souffle et peine à rassembler les pays autour d’un projet cohérent et audacieux. La guerre en Ukraine a réussi à mobiliser les européens dans une opposition commune à la Russie de Poutine. Mais pour combien de temps ? L’homme fort du Kremlin ne manque pas de sympathisants parmi certains dirigeants européens. Il est urgent que les européens convaincus réfléchissent à un projet fédérateur ambitieux face aux nouveaux défis économiques, sociaux, culturels et éthiques qui se présentent aujourd’hui. Les Eglises peuvent y apporter une précieuse collaboration à travers leurs représentations auprès des instances européennes. Le pape François n’a pas hésité à secouer les eurodéputés lors de son discours au Parlement de Strasbourg (2014) en les invitant à remettre l’humain au cœur du projet européen. Il déplorait « l’image d’une Europe un peu vieillie et comprimée, qui tend à se sentir moins protagoniste dans un contexte qui la regarde souvent avec distance, méfiance, et parfois avec suspicion. » A la fin de son discours, il donnait à l’Europe une nouvelle feuille de route : « Chers Eurodéputés, l’heure est venue de construire ensemble l’Europe qui tourne, non pas autour de l’économie, mais autour de la sacralité de la personne humaine, des valeurs inaliénables ; l’Europe qui embrasse avec courage son passé et regarde avec confiance son avenir pour vivre pleinement et avec espérance son présent. Le moment est venu d’abandonner l’idée d’une Europe effrayée et repliée sur elle-même, pour susciter et promouvoir l’Europe protagoniste, porteuse de science, d’art, de musique, de valeurs humaines et aussi de foi. L’Europe qui contemple le ciel et poursuit des idéaux ; l’Europe qui regarde, défend et protège l’homme ; l’Europe qui chemine sur la terre sûre et solide, précieux point de référence pour toute l’humanité ! »Un beau message pascal que j’ai eu l’occasion de méditer avec des pèlerins, la semaine après Pâques, lors d’un passage dans la maison de Robert Schuman, un des pères fondateurs de l’Europe, à Scy-Chazelles près de Metz.

Philippe Goffinet

Voir les commentaires

Le printemps et l'amour en concert

Publié le

Samedi 4 juin 2022 à 15 h  

Eglise Saint-Eloi d'Yvoir

 &

Dimanche 5 juin 2022 à 15 h  

Collégiale de Celles 

 

Hélène Dozot , violon

( Diplômée de Genève, Amsterdam, 1er Prix Breughel, Lauréate du Fond Thirionet,,etc) 

 

Paul Gerimon, chant lyrique, Basse 

(Théâtre Royal de la Monnaie, Opéra Royal de Wallonie, etc...) 

Dominique Colmant, piano

 

Programme sur le thème du printemps et de l’amour ! 

Haëndel ,Beethoven, Fauré, Saint-Saëns, Elgar, … 

+- 1h de musique 

Entrées : 7€ (Enéo, 3x20, Fam.n..) et 10€, gratuit pour les enfants. 

Voir les commentaires

Nouveau recueil de billets en wallon de Bernard Van Vynckt.

Publié le par Yvan Tasiaux

Dans toutes les bonnes librairies

Dans toutes les bonnes librairies

Nouveau recueil de billets en wallon de Bernard Van Vynckt.

Voir les commentaires

Le dernier livre de Christine Pedotti

Publié le par Yvan Tasiaux

Le dernier livre de Christine Pedotti

Face à la la tragédie qui se joue en Ukraine, est-il opportun de partager ce récit d'un combat personnel de retour à la vie?

 

Le livre vient de sortir chez Albin Michel. C'est la narration d'un long et rude voyage, une cartographie du coeur et de l'âme.

 

Lors de la célébration des obsèques de Claude, il y presque 3 ans, j’ai lu la fin du Cantique des Cantiques, « L'amour est fort comme la Mort […]. Les grandes eaux ne pourront éteindre l'amour, ni les fleuves le submerger. »

 

Aujourd'hui, je puis dire que c'est vrai, la mort n'éteint ni l'amour ni la vie. J'ai traversé la mer à pieds secs mais j'ai eu peur, j'ai traversé le désert, et ce fut long, aride, âpre, et puis j'ai quitté la terre amère des souvenirs et suis entrée dans le doux pays de lait et de miel de la mémoire.

Ce long périple, j'ai voulu le raconter pour tous ceux et celles qui un jour ou l'autre marcheront au fond de la mer, qui traverseront le désert, parce que je suis à jamais leur compagne.

Voir les commentaires

Le sketch hilarant de l'humoriste Seb Mellia sur les cathos

Publié le par Famille chrétienne

Voir les commentaires

Quelles destinées pour les églises qui se vident?

Publié le par Yvan Tasiaux

Voir les commentaires

Projet de chemin de randonnée « Via Francigena Belgica ». Nous cherchons des lieux d'accueil pour les pèlerins.

Publié le par Yvan Tasiaux

Projet de chemin de randonnée « Via Francigena Belgica ». Nous cherchons des lieux d'accueil pour les pèlerins.

Contexte

La Via Francigena est un « Itinéraire culturel du Conseil de l'Europe » certifié en 1994.

En 990, Sigéric, archevêque de Canterbury, se rend à Rome pour rencontrer le pape Jean XV et recevoir le pallium d'investiture. En chemin, il a consigné dans son journal les 79 étapes du voyage. Depuis, il a été possible de reconstituer un Itinéraire entre Canterbury et Rome, qui peut désormais être suivi par tous les voyageurs en quête de découvertes culturelles et de tourisme lent.

En voyageant sur la Via Francigena, on marche le long du "corridor culturel européen". La Via Francigena est en effet le plus ancien et le plus important chemin de pèlerinage médiéval reliant l'Europe du Nord-Ouest à la péninsule italienne et en particulier à Rome.

En tant que réseau porteur, la Via Francigena s'appuie sur un partenariat entre les institutions européennes et les autorités locales attachées à valoriser le chemin de pèlerinage millénaire afin de promouvoir, en insistant sur la durabilité, des mesures de développement de la Via Francigena pour en faire un véritable atout culturel et touristique, vu non seulement son importance culturelle mais aussi son rôle potentiel de catalyseur du développement local.

Sources :

https://www.coe.int/fr/web/cultural-routes/the-via-francigena
https://www.viefrancigene.org/fr/chi_siamo/

 

 

La Via Francigena en Belgique

L’association belge de la Via Francigena est gérée par des volontaires depuis 2014. Elle est née d’une volonté de promouvoir et de faciliter le départ vers Rome à partir de la Belgique. Notre but est de donner tous les renseignements utiles sur le chemin, renseigner sur les topoguides, les hébergements, et fournir au randonneurs le carnet de pèlerins, la crédenciale. Ensuite, nous tentons, conjointement avec les associations amies, de participer à la conception, au tracé et au balisage de chemins, à l’organisation de l’hospitalité et de l’hébergement au profit de tout pèlerin ou randonneur en marche vers Rome.

Pourquoi Bruxelles – Namur – Frontière française (vers Reims) ?

Comme la demande augmente, nous avons pris la décision de créer un chemin balisé reliant Bruxelles, Namur et Reims, étape importante sur la Via Francigena de Canterbury à Rome.

Cet itinéraire se justifie par son intérêt patrimonial (abbaye de la Cambre, abbayes cisterciennes d’Aywieres et de Villers-la-Ville, places fortes médiévales de Sombreffe et de Flawinne, Grotte de Spy, Namur les villes mosanes de Profondeville, Dinant, Hastières et Givet.

Il se distingue également du point de vue naturel avec la forêt de Soignes et de bois d’Hé (Genappe), la rive gauche de la Sambre, puis la vallée de la Meuse, du Viroin et la Thiérache wallonne.

Le projet se divise en deux parties :

 

1. Bruxelles – Namur :

De Bruxelles à Namur, notre logique est de "rectifier" le GR 126 afin de permettre d’emprunter des chemins plus directs et néanmoins qualitatifs

Les communes traversées sont Bruxelles, Ixelles, La Hulpe, Lasne, Genappe, Court-St-Etienne

Villers-la-Ville, Sombreffe, Jemeppe-sur-Sambre, Namur

 

2. Namur – Frontière française (vers Reims):

De Namur à Givet, et au-delà à Viroinval et en Thiérache, nous avons pris nos dispositions pour cogérer ce trajet avec les Amis de Saint-Jacques en Belgique francophone.

Les communes traversées sont Profondeville, Anhée, Dinant, Hastières, Doische, Viroinval, Couvin

 

Personnes de contact :

Vincent Imperiali, Coordinateur
viafrancigena.belgium@gmail.com

Odette Pirenne, Membre effectif

odettepirenne@gmail.com

 

Voir les commentaires

Lettre d’une amie protestante à mes frères et sœurs catholiques

Publié le

Marion Muller-Colard, théologienne et écrivaine protestante

Marion Muller-Colard, théologienne et écrivaine protestante

La théologienne protestante a été membre de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase). Elle partage avec « La Vie » son ressenti à l’occasion de la sortie du rapport de celle-ci, rendu public le 5 octobre 2021.

Par Marion Muller-Colard

 

C’est sous la forme d’une « Lettre d’une amie protestante à mes frères et sœurs catholiques » que Marion Muller-Colard, théologienne, a souhaité revenir sur son implication dans la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase). L’auteure de plusieurs essais, dernièrement l’Éternité ainsi de suite (Labor et Fides) et la Vierge et moi (Bayard), partage aussi son espérance pour l’avenir.

« Je suis entrée à la Ciase sur la pointe des pieds, et c’est sur la pointe des pieds que je la quitte. Il était bien difficile de ne pas répondre à l’appel de Jean-Marc Sauvé, de décliner le devoir de vérité qui l’engageait, lui et nous tous, à plonger dans des abîmes pour chercher la racine d’un mal dont il n’est plus question de minimiser l’impact.

Ce que les violences sexuelles emportent

Aucun de nous ne sort indemne de ces deux années et demie à côtoyer le mal à sa racine. Et c’est la moindre des choses. Il n’y avait pas seulement à “conclure”, il y avait d’abord à recevoir. Recevoir la parole première, celle sans laquelle la commission n’aurait pas même vu le jour, celle des personnes victimes qui, mieux qu’aucun expert, savent ce que les violences sexuelles emportent sur leur passage : tout un pan d’être quand ce n’est pas la vie, toute l’enfance et toute la confiance.

Nous autres nous tenons en marge, entre imaginable et inimaginable. Mais, pour elles, il s’agit d’un réel brut, qui refoule dans le corps les mots qu’il faudrait pour le dire. Il fallait bien être capables de blessure, pour se tenir vis-à-vis des personnes victimes, recueillir ces mots qu’elles allaient chercher pour nous, pour nous accompagner plus que nous ne les accompagnions, nous accompagner vers le seul outil qui pouvait nous servir : le scalpel de la vérité. Ce n’est pas dans des chiffres que tient la vérité. C’est dans chaque récit de survie dont nous avons été dépositaires.

La seule voie d’infiltration de la vérité

“Retenir” est tout à la fois réducteur et nécessaire, en marge bruisseront toujours toutes les voix qui ne sont pas parvenues jusqu’à nous, les plus nombreuses. Tenir et retenir cependant, pour que cette blessure ne soit plus seulement la leur, mais la nôtre, notre blessure à tous. Être capable de blessure, voilà la seule voie d’infiltration de la vérité. Car, comme l’écrit Péguy, “il y a quelque chose de pire que d’avoir une âme perverse : c’est d’avoir une âme habituée”.

Nous défaire de “l’inorganique cuirasse de l’habitude” sur laquelle tout glisse, qui nous protège et nous ruine tout en même temps, qui nous sépare de ceux qui n’ont pas eu d’autre choix que de souffrir et à qui nous sommes tentés de parler par-dessus cette ligne de démarcation artificielle, voilà à quoi nous sommes tous engagés par l’Évangile.

Être “saisis aux entrailles”, pour reprendre un verbe récurrent des Évangiles, dont Jésus est lui-même le sujet, plongé plus souvent qu’à son tour dans les abîmes d’un mal vertigineux, renonçant à la tentation de s’y soustraire. N’est-il pas notre guide ? Cette blessure n’atteindra jamais les profondeurs qu’elle atteint chez celles et ceux qui ne la connaissent pas seulement par cœur, mais aussi par corps. Il est à ce titre indécent d’avoir tant voulu nous en prémunir. Simplement, elle nous rendra plus humains, et par là même, plus chrétiens.

Le rapport de la Ciase ouvre une blessure nécessaire, fondée sur la communion de ceux que la vérité dépouille. Le dépouillement, en Évangile, est une chance. Il nous redit la véritable puissance traduite par l’apôtre Paul dans sa deuxième lettre aux Corinthiens (12, 10) :“Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort.” Faibles et blessés, voilà notre force pour accueillir une vérité qui est aujourd’hui notre seule chance, tant sur le plan humain que sur le plan institutionnel. »

Marion Muller-Colard

Voir les commentaires

L’ÉGLISE APPELÉE À UNE TRANSITION FRATERNELLE. Rencontre avec Véronique Margron

Publié le

Véronique Margron, religieuse dominicaine, est théologienne moraliste et présidente de la Conférence des religieuses et religieux en France (Corref). Elle fut doyenne de la Faculté de théologie de l’Université catholique de l’Ouest à Angers, de 2004 à 2010. Son dernier livre, Un moment de vérité (Albin Michel,  2019), traite de la crise de la maltraitance dans l’Église catholique. Lors de RivEspérance 2021, elle participera à la grande table ronde du samedi matin avec Etienne de Callataÿ, Adelaïde Charlier et Elena Lasida. 

 

 

La crise de l’Église est-elle en lien avec la transition que vit notre société ? Y a-t-il une transition à mener dans l’Église ? 

Un lien structurel, je ne sais pas. Mais un lien avec les mutations de nos sociétés, notamment quant à la place des femmes, oui. L’Église vit une crise des positionnements dans l’Église, de la reconnaissance de la capacité de responsabilité de chacun. Et là, c’est assez lié à la transition dans nos sociétés. La place de la femme dans la structure hiérarchique n’est pas représentative de celle qu’elles ont dans de la société (même s’il y a encore, là aussi, des disparités). Dans l’Église, les femmes ne peuvent pas avoir les mêmes responsabilités que les hommes. Faut-il ordonner prêtres les femmes ? Je ne sais pas. N’y aurait-il pas un risque de nouveau cléricalisme ? La véritable question est : en quoi l’ordination a-t-elle à voir avec la responsabilité dans les communautés ? Faut-il que ce soit un prêtre qui soit vicaire général, par exemple ?

Il y a aussi la question démocratique. Notre société supporte mal les positions qui apparaissent trop autoritaires, même si elles sont fondées sur l’élection. Il y a un besoin de débat public, de s’approprier les décisions. Or, dans l’Église, il y a une réelle difficulté de clarté, de participation au débat, de visibilité dans le processus de décision.

 

 

Pourquoi la cause de l’Église vous tient-elle tant à cœur ?

Parce que j’en suis membre, et que j’ai fait profession religieuse (Véronique Margron est religieuse dominicaine, NDLR). Je pense, de plus, qu’il est très compliqué d’imaginer la transmission de l’Évangile sans collectif. Certes, ce qui fait renaître, ce sont d’abord les expériences individuelles, la justesse de la foi individuelle, mais ces expériences doivent être ensuite portées par un collectif. Il n’y a ni annonce ni transmission pensables sans communauté chrétienne organisée. Finalement, c’est l’Évangile qui me tient à cœur. Je voudrais qu’il puisse être vécu, raconté, expliqué, proclamé, qu’on en donne le goût. Et cela n’est pas possible sans institution. Au bout du compte, c’est la cause des gens qui me tient à cœur, les gens qui sont dans l’Église ou qui y ont été. 

 

Quel serait votre souhait, votre désir pour cette Église ?

Je rêve de plus de simplicité, d’une Église avant tout fraternelle, tournée vers l’extérieur, vers autrui, et non pas tant soucieuse d’elle-même, de sa ritualité, du nombre de ses pratiquants. Je voudrais que sa parole retrouve du crédit, qu’elle puisse être utile au débat commun, au bien commun, qu’elle soit un plus en terme d’espérance, porteuse d’élan, de courage. J’aimerais que l’Église n’ait pas peur du débat public, qu’elle apporte une pierre constructive et donne le courage d’avancer ensemble pour faire face aux apories d’aujourd’hui.

 

Et concrètement, quelle serait la priorité ?

Il y a beaucoup d’endroits où des choses, et même beaucoup, se font déjà. Nous ne sommes pas devant une table rase. Un des chantiers me semble être de rendre possible du débat interne, respectueux, argumenté. Que l’on ait un goût de la conversation, que cela devienne une habitude, au niveau paroissial, par exemple. Dans le cadre de la société, j’aimerais que l’Église ne soit pas, dans le meilleur des cas, respectée comme une vieille dame, ce qui n’a pas de poids, mais qu’elle entre dans la conversation et pour cela, qu’elle le pratique à l’intérieur. 

 

 

Et de la crise des abus dans laquelle vous êtes particulièrement investie, quel enseignement peut-on tirer ?

On se rend compte aujourd’hui combien le discours religieux, liturgique, théologique est gros de représentations qui ont participé à la culture des abus, au silence, à la sacralisation du prêtre, à une forme de surplomb. Il faut revisiter toute une part de la théologie (et pas seulement instiller un peu de morale) et cesser de considérer qu’une mystique est au-dessus de la loi. Le sacré – une catégorie peu biblique – accroît ce drame.

Cela m’enseigne aussi combien les histoires humaines peuvent être fracassées. Comment est-il possible que tant de monde ne s’en soit pas rendu compte ou n’ait pas voulu voir ? La culture du silence et du secret est un lourd péché. C’est une tragédie à l’intérieur de la tragédie, un scandale. Sans doute, dans la société civile, y a-t-il autant d’agresseurs, mais pas autant de victimes. Or, on a été obsédé par la position du prêtre avant de penser à la victime. 

Ces crimes relèvent du tu ne tueras pas du tu ne commettras pas l’adultère, mais aussi du commandement qui demande de ne pas utiliser à faux le nom de Dieu. Or, des abus ont été commis au nom de Dieu et de sa volonté. C’est effrayant. L’Église constitue une fraternité. Comment se fait-il que les frères soient devenus des pères ? On a reproduit le modèle familial avec un père, au lieu d’un modèle fraternel. Pourquoi ne parvient-on pas à tisser une vraie fraternité en Christ au nom d’un seul Père ? 

 

Recueilli par Charles Delhez sj

Voir les commentaires

SACRÉ PRÊTRE. Réflexion proposée par Bertrand Révillion*

Publié le

Le prêtre est celui qui veille sur la faim des hommes et des femmes, il le fractionne pour le donner à manger.

Le prêtre est celui qui veille sur la faim des hommes et des femmes, il le fractionne pour le donner à manger.

Nombre de débats actuels - celui de la liturgie récemment - portent sur l'identité du prêtre et son rapport au "sacré." Il y a une dizaine d'années, au moment de prendre sa retraite, mon ami Albert Rouet alors archevêque de Poitiers, m'accordait un long entretien. Voici un extrait où il parle, de façon éclairante, de la place du sacré et du rôle du prêtre. Paroles fortes qui me semblent inspirantes pour aujourd'hui.
- Qu’est-ce qu’être prêtre ?
- Un prêtre est un homme qui aide des baptisés à devenir progressivement adultes dans la foi. Combien de chrétiens relisent dans la foi ce qu’ils vivent ? Combien évaluent leur action sous le regard de l’Évangile, et pas uniquement à l’aune du succès humain ? Le prêtre est celui qui ramène à la source, il est le sourcier de l’Évangile, il provoque le croyant à vivre vraiment de sa foi. Il est comme Jésus qui regarde Zachée. Jésus ne lui fait pas la morale, il lui dit simplement : « Ce soir, je dîne chez toi ! » Et cette invitation bouleverse sa vie. Le prêtre est avant tout ce « sourcier » qui s’invite à dîner, qui est capable de trouver en chaque être le lieu de sa soif et de sa générosité. Être prêtre, c’est être ministre de la communion, c’est envoyer les uns vers les autres, c’est veiller sur la faim des hommes et des femmes, être celui qui fractionne le pain pour le donner à manger, qui lève la coupe de vin pour ouvrir la communauté aux appels du monde, éviter le repli, l’inévitable construction de murs de fortification. Enfin, le prêtre est celui qui redit à une communauté que ce qu’elle est, elle l’est par grâce.
- D’où vient cette tendance actuelle à « re-sacraliser » le prêtre ?
- La notion de « sacré » est ambiguë. Il y a une conception du sacré qui n’est pas chrétienne. Le sacré sépare, divise : il y a ce qui est « sacré » d’un côté et ce qui est « profane » de l’autre ; et on a tôt fait de ranger les prêtres du côté du sacré et les laïcs du côté du profane. C’est oublier un peu vite l’unicité dans laquelle nous place le baptême par lequel nous sommes toutes et tous « prêtres, prophètes et rois » ! La Bible témoigne d’une sortie progressive du sacré pour entrer dans la catégorie de la sainteté. Le « saint », c’est Dieu, le Tout-Autre qui entre en alliance avec l’homme. Cette alliance met la sainteté au cœur même de l’humain. Par l’Esprit, chaque homme, chaque femme est désormais une terre sainte. La division sacré-profane n’est donc pas pertinente en christianisme. En « re-sacralisant » le prêtre – comme cela est actuellement visible dans certaines orientations – on fait un mauvais calcul. On espère que cela augmentera le nombre des vocations. Mais quel profil de prêtre allons-nous susciter avec pareille stratégie ? Je crains que nous n’ouvrions la porte à un profil psychologique attiré par le pouvoir – car qui maîtrise le sacré maîtrise le pouvoir – soucieux d’affirmer, au travers d’une différence affichée, une identité marquée par une certaine fragilité humaine. Le prêtre n’a pas à être l’homme du sacré comme on le trouve dans toutes les religions depuis l’aube de l’humanité : il a à être le serviteur de la sainteté.
 
*Bertrand Révillion est écrivain, journaliste et éditeur. Il est aussi diacre catholique.

Voir les commentaires

Marcher vers Compostelle

Publié le par Yvan Tasiaux

Voir les commentaires

Un nouveau parcours de visite au Musée diocésain de Namur.

Publié le par Yvan Tasiaux

Un nouveau parcours de visite au Musée diocésain de Namur.
Un nouveau parcours de visite au Musée diocésain de Namur.

Voir les commentaires

1 2 3 > >>