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Troisième dimanche de Pâques

Publié le par Philippe Goffinet

Arcabas : les disciples d’Emmaüs.  Cette toile fait partie d’un ensemble de 7 toiles peintes entre 1993 et 1994  et se trouvent à Bergame (Italie)

Arcabas : les disciples d’Emmaüs. Cette toile fait partie d’un ensemble de 7 toiles peintes entre 1993 et 1994  et se trouvent à Bergame (Italie)

En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux
à la fraction du pain. Comme ils en parlaient encore,  lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit :
« La paix soit avec vous ! » Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit :
« Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ?
Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. » Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit :
« Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui présentèrent une part de poisson grillé qu’il prit et mangea devant eux. Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : “Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.” »
Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. »

Évangile selon saint Luc, 24,35-48

 

Cet évangile commence par nous relater le retour à Jérusalem des disciples d’Emmaüs. Ils racontent, car ils éprouvent le besoin de dire et de partager l’expérience qu’ils viennent de vivre et qui les a transformés : « Ce qui s’était passé sur la route » . Car c’est sur la route que s’est produite cette rencontre avec cet inconnu « qui a fait route avec eux ». Tout sa vie, Jésus a été « l’homme qui marche », comme le dit Christian Bobin et, c’est sur la route, qu’il rejoint ces deux hommes déçus et dépités par tout ce qui vient de se passer à Jérusalem. Voyant leur air triste et abattu, l’inconnu les invite à vider leur sac. Et c’est leur déception qu’ils partagent et peut-être même un peu de révolte. Ils avaient fréquenté Jésus depuis pas mal de temps, séduits et émerveillés par cet homme qui avait l’art de remettre les gens debout dans leur cœur et parfois même dans leur corps. En l’écoutant et en le fréquentant, ils avaient même caressé l’idée un peu folle qu’il allait restaurer la royauté en Israël pour rendre à leur peuple sa dignité et sa fierté. Il aura fallu la brûlure des Ecritures et la fraction du pain dans l’auberge pour que leurs yeux (les yeux du cœur) s’ouvrent et qu’ils le reconnaissent. Mais cette reconnaissance retentit comme un appel et une mission. Aussitôt, alors qu’ils sont éreintés, ils reprennent la route vers Jérusalem pour annoncer la bonne nouvelle de la résurrection de Jésus à leurs frères. La rencontre avec le ressuscité a libéré la parole et le témoignage. Ce que nous conduit à vivre chacune de nos eucharisties. Nous y venons avec nos joies et nos peines, nos espoirs et nos frustrations pour les confier au Seigneur qui n’a jamais cessé de marcher sur nos routes, mais dont nous ne reconnaissons pas toujours la présence. Puis, nous faisons nôtre l’invitation qui précède cet évangile : « Seigneur Jésus, ouvre-nous les Ecritures ! Que notre cœur devienne tout brûlant tandis que tu nous parles ».   Nous sommes prêts à le reconnaître à la fraction du pain pour repartir avec de la joie et de l’espérance dans le cœur pour les partager avec nos frères et nos sœurs. Chacune de nos eucharisties est un chemin d’Emmaüs !

 

Au beau milieu de leur récit, Jésus débarque dans le groupe des disciples et leur offre la paix (le Shalom de Dieu). C’est de nouveau la sidération et la peur. Et Jésus va multiplier les indices de reconnaissance : voir et toucher ses mains et ses pieds qu’il leur montre, mais aussi demander de la nourriture et manger un morceau de poissons grillé devant eux. C’est la touche particulière de l’évangéliste Luc qui écrit pour des lecteurs du monde grec. Pour ceux-ci, pas de problème si vous leur parlez d’immortalité de l’âme : leur grand philosophe Platon en parlait déjà et bien d’autres après lui. Mais si vous osez parler de résurrection de la chair, alors ils risquent de vous tourner le dos. C’est ce qui est arrivé à Paul lorsqu’il annonce le Christ mort et ressuscité sur la place publique d’Athènes (Act 17, 16 et suivants). D’où l’insistance de Luc pour montrer que le Ressuscité est bien le Crucifié qui porte dans sa chair la marque des clous. C’est bien du même que nous parlons. Mais cette insistance laisse percevoir combien la résurrection de Jésus ne va pas de soi, qu’elle suscite de nombreuses résistances y compris parmi les disciples. Cela nous rassure quant à nos propres doutes et à nos propres hésitations à faire le pas de la confiance. Comme Thomas notre jumeau, la semaine dernière.

 

Le plus important est encore à venir : Jésus veut ouvrir leur intelligence à la compréhension des Ecritures. « Voici la parole que je vous ai dite quand j’étais encore avec vous : ‘il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les prophètes et les psaumes’ ».  Partager l’intelligence des Ecritures, c’est découvrir que Dieu, depuis toujours, est un Dieu de bienveillance à l’égard de cette humanité qu’il a créée à son image et à sa ressemblance. Une humanité pour laquelle il veut le bonheur. Depuis toujours, il veut nouer avec elle une alliance dans l’amour et la tendresse. Tout au long de la bible, on peut lire l’histoire de ce projet en marche : la longue patience de Dieu, les échecs, les incompréhensions, les collaborations. Car ce dessein bienveillant de Dieu s’accomplit dans l’histoire des hommes et lui donne tout son sens (signification et direction). Les croyants n’ont pas le droit de céder à la morosité ambiante. Ils sont résolument tournés vers l’a-venir. Et c’est finalement Jésus qui va incarner ce projet fou de Dieu : rassembler dans l’unité tous ses enfants dispersés. Ce qui le conduira, par amour de ses frères, jusqu’au don total de lui-même sur la croix. Et la réponse de Dieu sera la résurrection de Jésus au matin de Pâques.

 

Mais cette bonne nouvelle ne circule pas tout seule ! Dieu a besoin de nous comme collaborateurs de son projet de bienveillance. Faire naître un peu de la joie de Pâques dans la morosité ambiante est un défi permanent. « Christ n’a pas de mains, il n’a que nos mains pour faire son travail aujourd’hui ; Christ n’a pas de pieds, il n’a que nos pieds pour conduire les hommes sur son chemin ; Christ n’a pas de lèvres, il n’a que nos lèvres pour parler de lui aux hommes. Nous sommes la seule Bible que le peuple lit encore. Nous sommes le dernier message de Dieu écrit en actes et en paroles ». (Anonyme).

 

Philippe Goffinet

17 avril 2021

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Bienvenue dans le Doyenné de Dinant

Publié le

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Célébrations religieuses. 15 personnes jusqu'au 8 mai.

Publié le par Le service de presse de la Conférence des Évêques de Belgique

Célébrations religieuses. 15 personnes jusqu'au 8 mai.
Célébrations religieuses publiques pour 50 personnes maximum à partir du 8 mai : en plein air et sous certaines conditions

Le Comité de concertation du Gouvernement a décidé le 14 avril 2021, qu’à partir du samedi 8 mai, les célébrations religieuses pourront avoir lieu avec un maximum de 50 personnes. Cette décision est assortie de conditions spécifiques : les célébrations doivent avoir lieu à l’extérieur, il faut également qu’à cette date, 70 pourcents au moins des plus de 65 ans de notre pays aient été vaccinés et que la situation des soins intensifs soit durablement améliorée.

Une nouvelle communication des Évêques est prévue lorsque la décision d’entrée en vigueur à la date du 8 mai sera confirmée.

Actuellement, les célébrations peuvent se poursuivre dans les églises en présence de 15 personnes maximum, sauf pour les funérailles où la participation de 50 personnes est admise.

SIPI – Le service de presse de la Conférence des Évêques de Belgique
Bruxelles – jeudi 15 avril 2021

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Deuxième dimanche de Pâques

Publié le par Philippe Goffinet

« L’incrédulité de Saint Thomas » par Le Caravage en 1601-1602.  Galerie du palais Sanssouci de Potsdam en Allemagne

« L’incrédulité de Saint Thomas » par Le Caravage en 1601-1602. Galerie du palais Sanssouci de Potsdam en Allemagne

C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux.
Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois   Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

Dans l’évangile de Jean, c’est Marie de Magdala qui a le privilège de vivre une première manifestation du Crucifié, à l’aube du premier jour de la semaine (le dimanche). Jésus lui donne une mission : « Pour toi, va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu ». Jusqu’ici, Jésus avait parlé de Dieu en l’appelant « mon Père ». Tout en maintenant la distinction, il parle pour la première fois de la paternité de Dieu à l’égard des disciples qu’il nomme « mes frères ». Grâce à Jésus, les disciples entrent aussi dans une relation filiale avec le Père, qui s’exprimera, de manière privilégiée, dans la prière du « Notre Père ». Marie de Magdala devient apôtre des apôtres (apostola apostolorum) : « J’ai vu le Seigneur et voilà ce qu’il m’a dit ».  

 

Le soir du même jour, ce sont les disciples qui vont bénéficier d’une manifestation du Crucifié. Les portes de la maison comme celles de leurs coeurs sont verrouillées par la peur. Le traumatisme du calvaire les paralysés et, dans leur esprit,  plane un doute terrible qui est bien exprimé par les disciples d’Emmaüs qui retournent chez eux déçus et dépités : « et nous, nous espérions qu’il était celui qui allait délivrer Israël. Mais, en plus de tout cela, voici le troisième jour que ces faits se sont passés ». Leur espérance a été profondément déçue par la condamnation de Jésus et sa crucifixion. Et par-dessus le marché, Dieu n’est pas intervenu en sa faveur. Le doute les ronge et, dans le fond de leur cœur, ils se demandent si Jésus n’était pas un imposteur qu’il fallait éliminer ! Dieu serait-il du côté de ses bourreaux ?

 

Le récit est sobre : Jésus vient et se tient au milieu d’eux en leur offrant la paix et en leur montrant ses plaies de crucifié. Jean souligne la joie des disciples. Le crucifié n’est pas le perdant qu’ils croyaient, mais celui que Dieu a ressuscité des morts.  Puis, sans transition, Jésus leur communique son Esprit et les envoie. Il s’agit d’une nouvelle création, d’une véritable résurrection dont le signe fort sera le pardon des péchés. Désormais, une mission commence qui prolongera l’action interrompue du maître. Jésus ressuscitera à travers le témoignage des disciples. Mais il manquait Thomas, notre frère jumeau, celui qui, comme nous, a besoin de voir pour croire. Le témoignage de ses frères ne suffit pas.

Le Caravage concentre la lumière sur le côté du Christ ressuscité, percé par la lance du soldat romain. Jésus est vêtu d’un simple bout de tissu qu’il entrouvre délicatement. Le visage de Jésus apparaît comme caressé par l’ombre. Mais celle-ci n’obscurcit pas la douceur de ses traits.  Il comprend le doute de Thomas et Il regarde son bras ; il saisit délicatement son poignet et guide la main, doigt tendu, vers la plaie pour y pénétrer.  L’évangile ne dit pas que Thomas a fait la vérification, mais l’artiste montre l’invitation du Christ à la faire. Le regard de Thomas, yeux grand ouverts, est rempli de la curiosité de celui qui veut voir et toucher. Celui des deux autres disciples, qui restent dans l’ombre, est rempli d’étonnement et ils se penchent eux aussi vers la main et le doigt qui se tend vers la plaie. On retient son souffle et le suspense est bien présent dans cette scène.

 

Finalement, l’incrédulité de Thomas va nous aider à progresser dans la foi puisqu’il confesse Jésus comme « Mon Seigneur et mon Dieu ». Une expression magnifique que nous étions jadis invités à faire nôtre après la consécration du pain et du vin pendant l’eucharistie. Notre jumeau n’a pas eu besoin de mettre le doigt dans la plaie du côté de Jésus pour croire. Il a vu et il croit. Et à nous qui n’avons pas vu, Jésus adresse une béatitude : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ».  Oui, notre foi en Jésus Christ repose sur le témoignage des apôtres et de celles et ceux qui, à leur suite, on transmis et vécu la Bonne Nouvelle. La foi (la confiance) en Jésus Christ n’est pas la conclusion d’une démarche intellectuelle rigoureuse ; elle n’est pas non plus un ressenti affectif (c’est très à la mode aujourd’hui). La foi est un pari qui ne me dispense pas de réfléchir (car la foi a un contenu), mais qui s’appuie essentiellement sur le témoignage d’hommes et de femmes qui en vivent et y trouvent un sens à leur vie. Thomas est bien notre jumeau. Il nous rejoint dans notre scepticisme à la recherche de preuves, mais il nous invite aussi à partager sa démarche de croyant en Jésus, notre Seigneur et notre Dieu. Cette profession de foi est toujours fragile et la lecture des évangiles peut nous aider à la réactiver comme le suggère la finale de l’évangile de Jean : « Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant vous ayez la vie en son nom ».

Philippe Goffinet

10 avril 2021

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Kroll. Humour

Publié le par Yvan Tasiaux

Kroll. Humour

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Culture et cultes: « Nous avons besoin d’être reliés les uns aux autres »

Publié le par CathoBel

L’un est artiste, il s’est illustré  par un concert dans une église. L’autre prêtre et même responsable d’un ensemble de paroisses a assisté à ce mini-concert. « Nous avons besoin d’être reliés les uns aux autres », concluent-ils ensemble.

 

Le secteur de la culture s’est mobilisé tout au long du week-end dernier par de nombreux évènements tenus secrets jusqu’au dernier moment, sous l’intitulé « Still standing for culture ». Depuis des mois, les artistes, musiciens et comédiens sont à l’arrêt, privés de toute prestation publique. D’un autre côté, une majorité des croyants est mécontent de ne plus pouvoir assister aux cultes au vu de la limitation à 15 personnes (excepté pour les funérailles, avec 50 personnes). Le premier secteur, le monde de la culture, s’est illustré le 14 février par une tentative de concert de Quentin Dujardin, interrompu dès le premier morceau. Cette prestation se déroulait dans l’église de Crupet, en présence de quelques 15 spectateurs dont l’abbé Bernard Van Vynckt.

Un mois plus tard, CathoBel a réuni les deux interlocuteurs, pour une interview croisée sur la situation actuelle des secteurs dits non-essentiels en Belgique. Une rencontre placée sous le signe du franc parler, enrichie de quelques confidences.

 

Anne-Françoise de Beaudrap

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Conférence de Carême

Publié le par Yvan Tasiaux

Fratelli Tutti, un message aux couleurs de l'Evangile

Conférence de Philippe Goffinet, doyen de Dinant

Habay-la-Neuve - 16 mars 2021

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Les libertés de religion et de conviction sont en péril.

Publié le par Source : La Libre Belgique

Les libertés de religion et de conviction sont en péril.

Une carte blanche de Renier Nijskens, ambassadeur honoraire, Béatrice de Liedekerke, citoyenne et mère de famille, Guillaume Dos Santos, citoyen et père de famille.

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Soyons soigneux en toute chose

Publié le par J. Casanave, prêtre

Soyons soigneux en toute chose

« Vivement que l’on revienne au monde d’avant le virus que nous puissions travailler, transformer, produire, nous amuser, voyager, consommer, nous embrasser, nous serrer la main, nous démasquer ! » Malheureusement « avant » ne reviendra pas tel qu’il a été. Avant a fait son temps. Avant est passé. Fini le temps de la démesure et du profit permanents. Nous savons désormais qu’ils sont l’antichambre d’un suicide collectif. « Le monde d’après » sera le monde de la limite consentie et du soin attentif, les deux étant liés.  


En ce qui concerne les limites, il faudra certainement rédiger une charte universelle des droits de la terre équilibrant celle des droits de l’homme. Et pourquoi ne pas ajouter une « charte des droits de Dieu »,  signée par toutes les religions, formulée dans une nouvelle traduction du décalogue qui ciblera clairement les impasses culturelles, économiques, génétiques ou numériques dans lesquelles nous sommes tentés de nous engouffrer. Le premier de ces commandements pourrait être celui-ci: « Tu ne joueras pas au Dieu qui sait tout, qui veut tout et qui peut tout ». 


 Contrairement à une interprétation simpliste de la sentence de Platon, l’homme seul n’est pas « la mesure de toutes choses ». L’homme est un sujet de l’humanité ; l’humanité est tributaire du cosmos. Qui a les clefs de leurs destinées ? 


Quant au soin, il faudra le prodiguer d’abord aux êtres humains pour que de loups masqués et solitaires ils deviennent des frères, à la terre afin qu’elle soit  nourricière et non cimetière, à  Dieu lui-même pour que notre tombe s’ouvre en berceau, à l’Eglise pour qu’elle soit  son « image et sa ressemblance » et non son visage profané ou son portrait fané. Un soin particulier sera réservé aux enfants et aux jeunes qui exigera une refonte totale du système éducatif  car rien de durable ne s’élabore sans l’appui d’une culture commune.


Mesure enfin, car on soigne mieux une personne connue qu’un couloir bondé d’urgences, un jardin clôturé  qu’un océan d’hectares.  Soyons soigneux en toute chose !

 

 

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La catéchèse du secteur pastoral d'Yvoir sur les réseaux sociaux

Publié le par Sabwe kalenda Anastas

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L’Eglise, un acteur culturel responsable.

Publié le par Christian Pacco

L’Eglise, un acteur culturel responsable.

Le patrimoine religieux est en danger

L’actualité récente à la collégiale Sainte-Waudru à Mons nous pousse à nouveau à réfléchir au sens du patrimoine religieux et au rôle de l’Eglise dans ce domaine. Nous sommes conscients qu’aujourd’hui, plus que jamais, le patrimoine religieux est en danger. L’évolution de notre société en général, la baisse quantitative des moyens humains au sein de l’Eglise catholique, le fonctionnement complexe des fabriques d’église, entre autres causes, affectent la surveillance des bâtiments et de leur contenu et augmentent le risque de dégradation mais aussi de vandalisme ou de vol.

C’est dans l’église que le patrimoine trouve son sens

Et pourtant, la conservation du patrimoine religieux trouve tout son sens à l’intérieur même des édifices avec lequel les œuvres d’art constituent un ensemble signifiant. La cohérence patrimoniale apportée par la conservation in situ concourt à la valorisation à la fois culturelle et pastorale d’un bâtiment qui doit être accessible à tous. Elle permet une réappropriation communautaire d’un lieu historique d’expérience sociale et spirituelle.

Préserver le patrimoine représente un défi nouveau pour l’Eglise, une lourde responsabilité mais aussi une opportunité. Au-delà de la simple conservation, l’enjeu est celui de la culture chrétienne, culture qu’il importe de rendre vivante et dynamique tant pour la compréhension que pour la construction d’une société multiculturelle en pleine mutation.

Création du CIPAR et aide aux fabriques

Conscients de ces enjeux et de ces difficultés, les évêchés francophones ont mis en place des services de patrimoine qui encadrent les fabriques. Les évêques ont en outre suscité la création du CIPAR (Centre interdiocésain du patrimoine et des arts religieux) avec l’appui de la Région wallonne (AWaP) et de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le CIPAR définit les stratégies et fournit des outils communs en matière de protection du patrimoine. Sa première mission est d’aider les fabriques dans leur obligation de réaliser l’inventaire de leur mobilier. Un logiciel élaboré en collaboration avec l’IRPA est proposé aux fabriques et fait l’objet de formations dispensées sur place. La politique d’inventaire va s’accompagner d’un programme de sécurisation des édifices religieux qui tienne compte des défis patrimoniaux mais aussi d’une plus grande accessibilité au public.

Le centre développe également une expertise dans les différents domaines de l’art religieux en organisant des journées d’étude et en publiant des brochures de recommandations pratiques. Ces publications sont accompagnées d’expositions didactiques qui voyagent dans différentes églises afin de toucher un large public. Après la conservation des textiles, de l’orfèvrerie ou de la sculpture en bois, le CIPAR aborde cette année le domaine du vitrail.

Enfin, le CIPAR met en place un réseau d’églises à trésor. Plus d’un tiers des œuvres mobilières classées à titre de trésor par la Fédération Wallonie-Bruxelles est aux mains de structures d’Eglise qui ne disposent pour cela ni de compétences ni de financement. Le réseau veut partager les expériences de gestion et assurer une promotion commune de ces œuvres majeures.

Des mesures à prendre

Malgré ces initiatives, le chantier est encore vaste. Nous voulons insister sur les points suivants :

 

  • Les diverses législations sur le patrimoine ou le fonctionnement des fabriques protègent trop peu le patrimoine des églises. Des dispositions législatives ou simplement règlementaires devraient prendre en compte une réalité administrative particulière et préciser les fonctions et les limites des différents acteurs.
  • L’aide aux fabriques d’église doit être renforcé. Historiquement, les fabriques ont pour mission l’organisation du culte catholique. Des générations de fabriciens ont rempli cette tâche avec un grand dévouement. Aujourd’hui, dans les faits, les fabriques deviennent aussi de plus en plus des gestionnaires de patrimoine, sans pour autant en avoir les compétences ni les ressources. Elles doivent être aidées dans cette nouvelle mission. C’est un rôle que le CIPAR veut remplir, il ne pourra le faire qu’en collaboration étroite avec les pouvoirs publics.
  • Une meilleure concertation doit s’installer entre les communes et les évêchés dans l’entreprise de travaux dans les églises. Ces projets, souvent coûteux, doivent s’inscrire dans une vision pastorale et patrimoniale à long terme, faute d’être désordonnés ou inappropriés.

En conclusion, les autorités ecclésiales réalisent les enjeux liés au patrimoine religieux et les responsabilités qui lui incombent. Elles souhaitent renforcer dans cette mission les liens avec les pouvoirs publics et les institutions compétentes. In fine, l’Eglise veut assumer pleinement sa fonction d’acteur culturel à part entière.

 

Christian Pacco

Administrateur-Délégué du CIPAR

 www.cipar.be

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Les Belges sont croyants, mais pratiquants peu réguliers

Publié le par Anne-Françoise de Beaudrap

 

Dans la grande tradition des sondages religieux, Olivier Servais a présenté avec Justine Vleminckx, doctorante de l’UCLouvain, les principaux résultats d’une enquête sur les valeurs et la quête de sens. Les réponses divergent selon l’âge des personnes interrogées.

Nouveau tableau des questions de sens chez les Belges francophones. Le magazine l’Appel a fait réaliser un sondage par la société Sonecom auprès d’un échantillon représentatif de 650 Belges francophones de plus de 16 ans. Précision importante : l’enquête conçue et supervisée par Olivier Servais (UCL) a été réalisée courant 2019, en amont de la crise du Covid19. Il sera intéressant et instructif de voir si les résultats auront évolué après que les épreuves de la maladie, du deuil mais aussi de la solidarité au sein de nos sociétés aient été imposés.

 

De quelle religion ou de quel courant philosophique les Belges interrogés se revendiquent-ils ?

46% d’entre eux se déclarent de l’une ou l’autre branche du christianisme (catholicisme très majoritairement, mais aussi quelques pourcentages de protestants et orthodoxes).  A cette question, 35% se déclarent athées ou agnostiques. Plus bas dans le tableau, on constate que les répondants ont souffert de quelques imprécisions dans leurs identités confessionnelles, certains indiquent « islam plus une autre religion » par exemple. A part les trois premières réponses qui rassemblent le plus grand pourcentage, les autres identités religieuses se partagent moins de 3% des déclarations de ce sondage.

Les statistiques ont ensuite été différenciées en fonction de l’âge du répondant. Les 65 ans et plus se sont majoritairement déclarés catholiques (56%) et seulement 27% athées et agnostiques. A l’inverse, chez les moins de 25 ans, c’est le courant de l’athéisme ou de l’agnosticisme qui obtient le plus de réponses (52%), suivi des musulmans (14%)°; Les catholiques viennent bien après, avec seulement 11% des répondants de moins de 25 ans.

La prise de distance par rapport à la pratique religieuse se confirme dans la suite du sondage. A 77% les Belges interrogés déclarent ne pas appartenir à une communauté religieuse ou spirituelle. Puis, en détaillant les 23% de pratiquants, une personne interrogée sur 10 participe à la vie religieuse une fois par semaine au moins, 4% seulement aux occasions particulières, autant n’y vont qu’une fois par mois…

 

Sur quels sujets les Belges s’interrogent-ils en matière religieuse et philosophique ?

 

Parmi les principales réponses, les personnes interrogés posent la question de la vie après la mort, mais aussi de « ma propre nature intérieure ». La place de l’humain dans un monde en transformation est cité en troisième lieu, tout autant que « le destin et le devenir des humains » ou encore « la place de l’humain dans l’ordre de la nature ». Ces questions sont principalement soulevées lorsqu’un évènement dramatique survient pour un proche (décès, accident ou maladie). Comme l’analyse le magazine l’Appel qui commandait ce sondage, « les drames (et les bonheurs) qui nous touchent de près incitent toutes les catégories d’âges à se poser des questions de sens. »

Les Belges ont ensuite été interrogés sur les valeurs les plus importantes à leurs yeux. L’amour a presque toujours été cité, de même que la liberté, suivi un peu plus tard de la justice ou de la fraternité. Les valeurs plus religieuses comme la foi, la spiritualité n’arrivent qu’en bas de liste. Sur cette question, les tranches d’âges n’ont pas la même sensibilité: les moins de 25 ans placent la liberté en première position, alors que tous les répondants des âges supérieurs répondent l’amour en premier.

Le sondage portait ensuite sur ce qui est plus ou moins important dans la vie quotidienne. Les réponses sont tiraillées entre l’envie de « vivre en harmonie avec soi-même » d’un côté et la volonté d’ « être au service des autres ». Être à l’écoute de son corps et de ses besoins, puis s’ouvrir et se relier aux autres sont les réponses citées ensuite. Intériorité et altruisme se succèdent, et se complètent selon ce sondage.

 

Comment cette quête spirituelle se traduit-elle chez les Belges interrogés ?

Les motifs pour lesquels les répondants s’engagent dans cette recherche spirituelle sont très différents: à 23%, il s’agit de trouver la paix intérieure; à 21% d’œuvrer à un monde meilleur, à 12% d’éprouver des sensation de plénitude et de bien-être… Cette quête passe par des temps de silence, ainsi que par la prière ou la méditation. 31% des répondants disent prier tous les jours (38% ne prient jamais). A l’inverse le geste d’allumer une bougie ne correspond plus à une pratique « religieuse » habituelle, puisque 54% des répondants disent ne jamais allumer une bougie ni faire brûler de l’encens, 13% le font occasionnellement, et seulement 5% tous les jours.

Quand les personnes interrogées veulent s’entretenir de questions spirituelles, elles se tournent d’abord vers leurs familles ou leurs amis. Les conseillers spirituels (prêtre, imam, rabbin…) n’arrivent qu’en quatrième place.

En conclusion, le professeur Olivier Servais relève que « la mobilité religieuse est devenue une pratique intégrée chez nos contemporains ». Les Belges interrogés sont moins fidèles à leurs religions d’origines, cela se vérifie notamment chez les moins de 25 ans.


 

Les Belges sont croyants, mais pratiquants peu réguliers

Source: L'Appel n°434 - 02/2021

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Petites histoires d'hier et d'aujourd'hui. A propos des saints.

Publié le par Jules Piette

 

 

 

 

 

 

Je m’étais donc ceint d’une de mes casquettes irlandaises.

Pourquoi me ceins-je si volontiers alors que ma coiffe naturelle me protège bien mieux. Et d’une casquette encore ?

Eusses-tu préféré que je me ceignisse d’une tiare ou d’une couronne de gui ?

C’est le sein qui, cette nuit, m’a poursuivi dans mes songes. « Cachez ce sein que je ne saurais voir ».

 

Bof, aujourd’hui, on ne cache plus grand-chose. Et les saints ne sont plus guère honorés.

 

Cachez ces saints qu’on n’a plus envie de voir.

 

C’était hier l’anniversaire du décès du frère Mutien, 1917, 104 ans et le naufrage d’une dévotion populaire vers l’oubli presque total. Je me souviens des files d’autocars devant le collège, du magasin de médailles et cartes où était collé un éclat prétendu du cercueil de celui qui était encore bienheureux. Du plantage magistral lorsqu’un Pape, qui devait se recueillir sur place, avait glissé sur la savonnette dans sa baignoire romaine…

La pandémie ? Pas seulement, les saints n’ont plus la cote !

Quelques-uns encore restent en superstition tenace, en grigris illusoires, en dernier espoir. Sainte Rita, Saint-Antoine, le champion des lunettes égarées et des clés perdues.

Mais tant de coutumes se sont évaporées : il y a bien longtemps que je n’ai plus vu la bénédiction de voitures dans mon village, le jour de la Saint-Christophe.

Et à Sart-Saint-Laurent, à la fontaine bénie, plus aucune maman n’a plongé son nouveau-né dans l’eau sacrée pour lui éviter les convulsions ou les maladies enfantines.

Mais tiens, la bonne idée : j’irais bien me tremper un beau matin dans ce jus miraculeux en attendant un vaccin qui se refuse !

 

Avec l'aimable autorisation de Jules Piette, ancien professeur à St Berthuin à Malonne.

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