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Bienvenue dans le Doyenné de Dinant

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Fête du Saint-Sacrement

Publié le par Philippe Goffinet

Monastère de Tibhirine (Atlas) en Algérie

Monastère de Tibhirine (Atlas) en Algérie

Cette fête évoque pour moi des souvenirs d’enfance et de jeunesse : la procession du Saint-Sacrement dans les rues pavoisées de mon village et la joyeuse débandade qui l’accompagnait de l’église jusqu’au reposoir. Dès le matin, des hommes, sous la direction du garde-forestier local, étaient allés couper de petits arbustes (en Gaume on les appelle des mais) qui étaient plantés tout le long du parcours. Des femmes avaient préparé de grands paniers de pétales fleurs de saison que les filles, sous les ordres de Sœur Amédée, jetaient régulièrement vers le Saint-Sacrement abrité sous le dais porté par les fabriciens. Et les enfants de chœur indisciplinés se relayaient pour balancer l’encensoir fumant. L’harmonie du village était aussi de la partie et donnait à la procession son air de fête. Un vibrant Tantum Ergo saluait le Saint-Sacrement déposé sur le reposoir très fleuri avant la bénédiction solennelle et l’envoi. Monsieur le Curé était heureux d’avoir rassemblé tant de monde pour honorer Jésus qui avait été « libéré » de son tabernacle et s’offrait une belle balade au milieu des gens, comme il aimait le faire dans sa riante Galilée. Emmenés par l’Harmonie vers les bistrots, les hommes prolongeaient la fête autour d’une bonne bière catholique locale, l’incontournable Orval… pendant que les ménagères s’en retournaient préparer le dîner qui serait servi… quand les hommes rentreraient !

 

Le sens un peu militant de cette fête voulue par Sainte-Julienne du Montcornillon à Liège en 1246 et étendue ensuite à l’Eglise universelle pour honorer la présence réelle du Christ dans l’hostie, échappait sans doute aux paroissiens.  Mais la fête était belle et avait brisé la monotonie des jours et apporté sa touche de couleur à la paroisse. C’était il y a bien longtemps et le dais a sans doute fini ses jours en poussière dans le clocher de l’église.

 

Alors aujourd’hui, quel sens donner à cette fête ? Les lectures du jour peuvent nous aider à la revisiter. Moïse va faire vivre à son peuple un rite d’alliance, c’est-à-dire une communion entre Dieu et son peuple. Un Dieu qui a pris l’initiative de se créer un peuple et qui s’engage totalement à son égard car il l’aime. Dans le rite d’alliance que Moïse organise, c’est en quelque sorte la réponse donnée à cet amour qui est premier. En immolant un taureau et en aspergeant le peuple avec le sang de l’animal, c’est l’alliance qui est scellée. « Voici le sang de l’alliance que, sur la base de ces paroles, le Seigneur a conclue avec vous », dit Moïse.  Le sang, c’est la vie. Et tout ce qui touche à la vie est en rapport étroit avec Dieu, seul maître de la vie. Israël devient une nation sainte.

 

Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? »
Il envoie deux de ses disciples en leur disant : « Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau
viendra à votre rencontre. Suivez-le, et là où il entrera, dites au propriétaire : “Le Maître te fait dire :
Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?” Il vous indiquera, à l’étage,
une grande pièce aménagée et prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. »
Les disciples partirent, allèrent à la ville ; ils trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.

Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna,
et dit : « Prenez, ceci est mon corps. » Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude. Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu. » Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers. (Mc 14,12-16.22-26).

Jésus est monté avec ses disciples à Jérusalem pour la fête de la Pâque et le jour du Seder, il réunit ses disciples pour vivre avec eux le repas pascal où l’on mange un agneau dont la chair est rôtie au feu avec des pains sans levain et des herbes amères. On se souvient de ce repas pris à la hâte avant de quitter l’Egypte et du passage (de la Pâque) du Seigneur qui a épargné les maisons des juifs dont on avait badigeonné les montants avec le sang de l’agneau. Moment fondateur pour le peuple d’Israël. L’évangile de Marc nous montre un Jésus qui a pris résolument la route vers Jérusalem, pressentant que la passion va se présenter à lui. Jésus ne subit pas les évènements, mais il les maîtrise et il va leur donner un sens inattendu. C’est le sens de sa vie et de sa mort qu’il va mimer devant ses disciples. Avec ces paroles étonnantes, surprenantes voire scandaleuses sur le pain et le vin. Il prend le pain sur la table, prononce la bénédiction, puis le rompt et le leur donne en disant : «  Prenez, ceci est mon corps ». Il prend une coupe, il rend grâce, la leur donne et ils en boivent tous : « Ceci est mon sang, le sang de l’alliance pour la multitude ». Tout est dit. Sa vie, nul ne la prend, mais c’est lui qui la donne. Son corps, toute sa personne, il la livre entièrement par amour pour le salut de la multitude. Et le sang, ce n’est plus celui du taureau ou de l’agneau, c’est le sien qui devient signe de l’alliance avec l’humanité tout entière. Ce geste inouï de Jésus intervient dans un contexte bien particulier : il est précédé de l’annonce de la trahison de Judas et il est suivi de l’annonce du reniement de Pierre. Il sait que son équipe est fragile, versatile même. Les évènements de la passion et la mort de Jésus disperseront les apôtres. Et pourtant, c’est à eux qu’il livre le sens profond de sa vie et de sa mort : une vie entièrement livrée par amour de cette humanité à laquelle un avenir est promis dans sa résurrection annoncée (fin du passage de l’évangile).Quand il referont ce geste dans les premières communautés, ils actualiseront ce don du Christ. A chacune de nos eucharisties nous célébrons le mystère de la foi : « Nous proclamons  ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ».

 

En communiant  au corps et au sang du Christ, nous recevons la vie même du crucifié-ressuscité. Nous engendrons une relation vitale avec le Christ. Nous devenons ce que nous recevons, le corps du Christ. Nous sommes dès lors invités à livrer notre vie comme Jésus a livré la sienne. Dans le don de son corps et de son sang, il nous entraîne dans le don de nous-mêmes à nos frères. Le témoignage chrétien s’enracine dans l’eucharistie qui actualise le don total que Jésus a fait de sa vie. L’évangéliste Jean qui ne rapporte pas les paroles du dernier repas insiste sur un autre geste que Jésus a posé avant de se mettre à table : Il a lavé les pieds de ses disciples. « C’est un exemple que je vous ai donné : ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi » (Jn 13, 14)  

Rendre vraie l’eucharistie que nous partageons , c’est nous mettre au service les uns des autres… pour devenir ce que nous recevons.

Philippe Goffinet

6 juin 2021

 

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Les Chemins d’Ariane cherchent des jeunes bénévoles

Publié le par Vincent Faber

 Les Chemins d’Ariane cherchent des jeunes bénévoles

Nous nous permettons de faire appel à vous pour relayer via vos réseaux auprès de vos jeunes en paroisses, une demande de Vincent Faber, responsable de la pastorale au Chemins d’Ariane de Ciney.

Il est à la recherche de jeunes bénévoles (14-26 ans) pour accompagner des jeunes en situation de handicap des Chemins d’Ariane de Ciney en camp dans les Vosges du 16 au 23 juillet. Aucune formation initiale n'est demandée.
En cette période de confinement, le recrutement de jeunes bénévoles est très difficile. Il lance donc un appel à l’aide à toutes les personnes en contact avec des jeunes pour faire connaître ce séjour plus qu’indispensable aux adolescents et jeunes adultes de son institution.
Vous trouverez de plus amples informations ainsi qu’un petit film de présentation à l’adresse http://volontariatcda.be/VOSGES_Camp.html. Vincent Faber peut aussi vous envoyer des affiches. Il vous suffit d’en faire la demande par courriel (Vincent.Faber@dblourdes.be). N’hésitez pas non plus à relayer les annonces disponibles sur la page Facebook des Chemins d’Ariane https://www.facebook.com/IMSCiney40.

Soyez d’ores et déjà remerciés pour votre aide !

Le Service de Communication du diocèse de Namur

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Enquête. Au sortir de la crise occasionnée par la Covid-19, vivre la Mission de l’Église aujourd’hui et demain  

Publié le par Monseigneur Warin, le Conseil Épiscopal et l’équipe diocésaine du Chantier Paroissial

Dans sa lettre pastorale Duc in Altum, Monseigneur Warin nous invite à réfléchir à l’avenir des communautés chrétiennes.
Afin de construire des communautés signes dans le monde d’aujourd’hui, nous proposons une démarche synodale en vue de programmer au mieux l’année pastorale à venir.
Tous, prêtres, diacres, assistants paroissiaux, équipes pastorales, services et autres acteurs pastoraux sont invités à réfléchir ensemble.
Les réponses aux questions proposées seront un support précieux pour faire le point et partager des idées répondant à notre mission : « Seigneur, qu’attends-Tu de nous aujourd’hui ? »

Concrètement, vous êtes invités à vous rassembler localement, prêtres et laïcs, et à répondre au questionnaire ci-dessous, au plus tard pour le 30 juin 2021. Le fruit de ce travail sera partagé avec tous en vue de renouveler notre élan.

Retrouvez les questions de cette enquête en cliquant ici : enquête juin 2021
 
Merci de renvoyer vos réponses :
D'avance, nous vous remercions,

Monseigneur Warin, le Conseil Épiscopal et l’équipe diocésaine du Chantier Paroissial
                      

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Funérailles de Jean-Marie Jadot. Texte de l'homélie de Philippe Goffinet

Publié le par Philippe Goffinet.

Funérailles de Jean-Marie Jadot. Texte de l'homélie de Philippe Goffinet

C’est à Lourdes il y a deux ans, dans sa chambre à l’Accueil Marie-Saint Frai, que Jean-Marie m’a fait cette demande : « Philippe, quand le partirai, j’aimerais que tu fasses l’homélie de mes funérailles ». Les larmes dans les yeux et le cœur serré on s’est embrassé et j’ai accepté son invitation au nom d’une très longue amitié… en lui disant qu’il ne se presse pas parce qu’on avait encore de belles choses à vivre ensemble. Un peu d’humour en ces circonstances aide à retrouver ses esprits. Ce jour est arrivé et c’est avec beaucoup d’émotion que je prends la parole ce matin, mais porté par la foi et l’espérance chrétiennes qui ont animé Jean-Marie pendant toute sa vie.

 

Entre Lourdes et Jean-Marie, c’est une belle histoire d’amour puisqu’il a eu la joie d’y faire sa première communion. Il y est revenu souvent comme simple pèlerin, prêtre, prédicateur et enfin malade parmi ses frères moins valides. A Lourdes, Jean-Marie vivait, au sein des pèlerinages, un temps fort de ressourcement spirituel à l’école de Marie et de Bernadette. Mais aussi des moments inoubliables de convivialité. J’ai eu le bonheur de découvrir pour la première fois Lourdes avec lui en 1970 en prenant part comme brancardiers/infirmiers au pèlerinage militaire international avec les malades que nous avons accompagnés à l’Accueil Marie-Saint Frai. Un moment important de discernement pour nous deux, à quelques encablures de notre ordination presbytérale.

 

En revenant à Lourdes comme malade parmi les malades, dans une dépendance qui s’installait petit à petit, Jean-Marie y a vécu une présence chaleureuse, fraternelle et attentive, se préoccupant des autres avant tout et de leur bien-être avant de penser à lui. Il a été merveilleusement entouré par nos hospitaliers avec qui il a tissé des liens d’affection qui se sont prolongés en-dehors des pèlerinages. La grande famille des Pèlerinages Namurois est en deuil aujourd’hui et partage la peine des siens et de celles et ceux qui l’ont entouré pendant toutes ces années de maladie et, à la fin, d’isolement dû à la pandémie. Pendant ses 25 années de présence à Arlon comme doyen, il a eu à cœur de faire vivre avec solennité la neuvaine à Notre-Dame de Lourdes qu’il présentait comme une retraite ouverte à tous pour permettre à chacun de vivre la grâce de Lourdes. Parce que cette spiritualité était pour lui une porte d’entrée vers la découverte de la Source- Bonne Nouvelle qu’est le Christ et d’une Eglise ouverte sur l’universel où peut se vivre une fraternité unique au monde où les plus fragiles et les plus pauvres sont en première ligne.  Cette spiritualité a animé Jean-Marie dans toutes les responsabilités diocésaines et interdiocésaines qu’il a remplies avec bonheur.

 

Jean-Marie est parti sereinement à la rencontre avec son Dieu et Père, au terme du temps pascal et en la fête, voulue par le pape François, de Marie, Mère de l’Eglise. Comme Job et Jésus, il a vécu dans son corps qu’il ne maîtrisait plus une angoissante passion. Avec les redoutables questions sur le sens de la vie, de la souffrance et de la mort qui ont dû traverser bien souvent son esprit et son cœur… mais avec la conviction chevillée profondément en lui que son Dieu et Père était mystérieusement présent dans l’épreuve et que pouvaient se murmurer des paroles d’espérance en faisant sienne la foi de Job : « Je sais, moi, que mon libérateur est vivant, et qu’à la fin il se dressera sur la poussière des morts ; avec mon corps, je me tiendrai debout, et de mes yeux de chair, je verrai Dieu ».  Ce libérateur, c’est Jésus Christ auquel Jean-Marie a donné sa vie comme prêtre au service de ses frères et sœurs, en s’efforçant de mettre ses pas dans les siens et de donner un visage humain à l’Évangile. Dans ses paroles, ses gestes et ses rencontres – car Jean-Marie était avant tout un homme de relations - des hommes et des femmes ont pu découvrir qu’ils étaient aimés par Dieu, sans conditions et quel que soit leur parcours de vie. Jean-Marie savait, comme l’a rappelé la lettre de Saint Jean, qu’avec Jésus, l’évangile ce n’est pas du baratin et qu’il faut aimer non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité. Comme prêtre, Jean-Marie a eu le souci de mettre des gens ensemble, de créer des équipes, de cultiver avec finesse et un art de la table consommé, la convivialité. Il a toujours eu le souci de rejoindre les plus pauvres et les plus petits, notamment à travers la Saint-Vincent de Paul.

 

Jean-Marie était aussi un amoureux de l’Eglise qu’il voulait ouverte, en dialogue avec la société d’aujourd’hui, osant proposer la foi chrétienne sans l’imposer, avec douceur et respect. Il voulait une Eglise qui ne sente pas le renfermé ni le vieux dévouement, mais une Eglise accueillante, qui soit le signe d’un évangile en pleine vie. Ces derniers temps, il m’a souvent partagé sa tristesse et sa souffrance devant les fermetures et les replis fiévreux qu’il percevait, donnant de l’Église l’image d’une citadelle assiégée.  Il était particulièrement fier et heureux d’avoir pu réunir ici à Saint-Martin les responsables des cultes et de la laïcité pour les grands évènements patriotiques. Il faisait le pari qu’en conjuguant les forces vives et les diverses convictions et appartenances, il était possible d’apporter sa pierre à la construction d’une société plus juste et plus fraternelle, où chacun pourrait trouver des raisons de vivre et d’espérer. A l’image du banquet dont nous parle l’évangile où tous sont invités pour que la maison soit remplie. La sauvegarde de la maison commune dont nous parle aujourd’hui le pape François – environnement et humanité- qui doit être au cœur de nos préoccupations.

 

Dans quelques instants, nous allons célébrer l’eucharistie sur cet autel que Jean-Marie a imaginé comme une expression du cœur de la foi chrétienne. Avec la croix du calvaire, rappel de la mort de Jésus, pleinement solidaire de toute l’humanité qu’il a aimée jusqu’au bout… et la pierre roulée, signe qu’au matin de Pâques, Christ est vainqueur de la mort et qu’il entraîne dans son sillage celles et ceux qui ont mis en lui leur foi et leur espérance. Ce mystère pascal que Jean-Marie a célébré pendant toute sa vie de prêtre, il le célèbre avec nous une dernière fois, revêtu de l’étole et tourné vers l’assemblée qu’il réunit autour de l’autel. I

 

ll vit maintenant sa Pâques, son passage vers la maison du Père où il va retrouver ses chers parents et celles et ceux qu’il a aimés et servis sur cette terre. A nous qui restons, il nous lance l’invitation de continuer à faire vivre de nos mains et de nos cœurs ce monde repeint aux couleurs des Béatitudes qui a été le secret et la joie de toute sa vie de prêtre.  Amen.

29 mai 2021

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Yves Michel NKAILANGA , vicaire à Dinant. Soutenance publique de thèse doctorale.

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Nous avons le plaisir de vous informer que Monsieur Yves Michel NKAILANGA défendra publiquement sa dissertation doctorale en vue de l’obtention du grade de Docteur en théologie  sous la direction du professeur Dominique Jacquemin.

Sa soutenance publique se déroulera le jeudi 3 juin à 10h00. En raison de la situation sanitaire, nous vous invitons à assister à la défense publique en ligne.


Vous trouverez l'invitation à sa dissertation qui porte sur : « Discursivité et responsabilité éthique dans la prise en charge des patients en fin de vie. Réflexion éthique et perspectives théologiques à partir de la notion de reconstruction de J.-M. Ferry.  Lien ci-dessous

 

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Mgr Pizzaballa : « Construire des ponts plutôt que de garder des murs »

Publié le par Christophe Lafontaine

Sa Béatitude Pierbattista Pizzaballa, le Patriarche latin de Jérusalem © Hadas Parush/Flash90

Sa Béatitude Pierbattista Pizzaballa, le Patriarche latin de Jérusalem © Hadas Parush/Flash90

Prenant le contre-pied du nom de l’opération israélienne en cours, « Gardiens des murs », le Patriarche latin de Jérusalem redit que l’Eglise ne cesse d’appeler à « construire des ponts » ! Interview sur la situation.

 

Terresainte.net : Pensez-vous que l’escalade de violence va durer ?

Mgr Pizzaballa : Nous vivons dans un pays où les choses imprévisibles sont beaucoup plus nombreuses que celles qui sont prévisibles. Tout dépendra des décisions et considérations politiques que les deux parties suivront et prendront en compte. Vu l’évolution de la situation, je pense que la violence a été beaucoup plus grande que d’habitude et elle produira des blessures qui, à mon avis, vont prendre plus du temps pour guérir. La situation que nous connaissons ces jours-ci, en particulier dans les villes arabo-juives, est le résultat d’années de politique de mépris, que les mouvements de droite ont de plus en plus encouragée. Si les dirigeants politiques et religieux ne commencent pas à changer ces attitudes, la situation va se détériorer. Le mépris ne peut que produire de la violence.

Qu’est-ce qui vous atteint le plus dans votre cœur de Patriarche latin à Jérusalem face à l’opération israélienne « Gardiens des murs » ?

Ce qui ne me laisse pas du tout à l’aise – en plus de l’idée de la guerre elle-même bien sûr- c’est d’afficher ainsi un désir de « garder les murs » [ndlr : en référence au nom de l’opération israélienne débutée le 10 mai « Gardiens des murs »], alors que nous ne cessons d’appeler à « construire des ponts » ! Cela veut dire, malheureusement, qu’on est encore loin des possibilités d’une paix durable, et non simplement d’un armistice ou d’une situation de limbes politiques. Mais nous n’abandonnons pas. Il y en a beaucoup, dans la société israélienne et arabe, avec qui nous pouvons construire des ponts. Et nous le ferons !

Nous avons interrogé avant-hier la paroisse de Gaza, comment réagissent aux violences vos autres fidèles en Israël comme en Palestine ? Que leur dites-vous, que faites-vous ?

Il y a toujours ces sentiments de peur, d’incertitude et d’un avenir de plus en plus inconnu et insécurisé ! Faut-t-il plus que cela pour comprendre le désir de beaucoup de nos chrétiens d’émigrer ? Bien sûr, l’Eglise a toujours aidé et elle veut continuer de le faire, mais les besoins dépassent largement nos capacités ! Le manque de touristes et de pèlerins [ndlr : à cause de la pandémie] n’a fait qu’augmenter le problème économique et du coup aussi les problèmes dans les familles qui ont du mal à trouver la sécurité économique nécessaire pour leur stabilité. Je ne peux pas nier que la frustration est grande.

Regrettez-vous que la communauté internationale n’ait pas suffisamment pris position sur la question des expulsions de Sheikh Jarrah ?

Je pense que la communauté internationale a d’autres priorité actuellement que ces problèmes propres au conflit Israélo-palestinien. Le Covid, les crises économiques, sociales et politiques se multiplient partout, et laissent peu de temps et d’envie à la communauté internationale de se mêler au conflit en Terre Sainte.

J’ajouterais également que je n’ai jamais compris ce qu’est exactement la communauté internationale. Il est certain que, dans tous les cas, les pays étrangers pourraient aider à trouver des solutions, mais ils ne peuvent pas remplacer les interlocuteurs locaux. Tant que les Palestiniens et les Israéliens ne se parlent pas, personne ne peut faire quoi que ce soit pour améliorer la situation.

Pour le quartier Sheikh Jarrah, l’un des points de départ de la crise actuelle, y-a-t-il des maisons habitées par des chrétiens qui sont concernés par le projet d’expulsion ?

Non, à ma connaissance, je ne pense pas.

Et plus généralement, y-a-t-il eu récemment des maisons de chrétiens confisquées par des autorités israéliennes ?

Le problème de confiscations touche plus les terrains, surtout dans les zones dites « C » [ndlr : sous contrôle sécuritaire et administratif exclusif de l’État hébreu]. Mais il y aussi des cas où des familles chrétiennes qui bâtissent dans ces zones-là, sur leurs terrains, se trouvent dans une situation illégale pour Israël, et il peut arriver que leur maison soient détruites par les autorités israéliennes.

 

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Enfin, la bulle augmente pour les lieux de culte.

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Enfin, la bulle augmente pour les lieux de culte.

Actuellement, les lieux de culte ne peuvent accueillir que jusqu’à 15 fidèles. Cette mesure changera à partir du neuf juin

Seul 15 personnes peuvent assister à des cérémonies religieuses pour le moment. En revanche, suite aux décisions prise par le Comité de Concertation, à partir du neuf juin, les lieux de culte pourront accueillir jusqu’à 100 personnes à l’intérieur et 200 à l’extérieur.

Dès le premier juillet, on double les effectifs : jusqu’à 200 fidèles pourront se réunir en intérieur et jusqu’à 400 à l’extérieur. 

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Célébrations: 50 personnes à l’extérieur dès le 8 mai

Publié le par Service de presse de la Conférence des Evêques de Belgique

Célébrations: 50 personnes à l’extérieur dès le 8 mai

Ce jeudi 29 avril 2021, le Gouvernement fédéral belge a donné son accord aux cultes pour des célébrations à l’extérieur, avec 50 personnes maximum, dès le samedi 8 mai. C’est ce qu’annonce, dans un communiqué, la Conférence épiscopale belge. A l’intérieur des églises, la norme de 15 personnes restera d’application, sauf pour les funérailles auxquelles peuvent assister 50 personnes.

Depuis l’automne dernier, les célébrations liturgiques ne peuvent plus se tenir qu’en présence de 15 fidèles, en raison de la « deuxième vague » de Covid-19 apparue dans notre pays et des mesures de re-confinement qui se sont ensuivies. Pour de nombreux fidèles, il s’agit d’une sérieuse restriction au vécu de leur foi.

A plusieurs reprises, des catholiques, tout comme des croyants d’autres cultes, ont interpellé les autorités politiques à ce sujet, sans succès. Quant aux évêques de Belgique, ils ont plusieurs fois demandé au instances fédérales belges, et en particulier au ministre de la Justice Vincent van Quickenborne (Open-VLD), d’assouplir cette règle de 15 personnes en fonction de la taille du lieu de culte occupé.

Comme les évêques l’annoncent officiellement ce jeudi, un changement interviendra à compter du samedi 8 mai. Les célébrations pourront avoir lieu à l’extérieur à partir de cette date, avec 50 personnes maximum.

« Les Evêques encouragent les responsables locaux à user autant que possible de cette opportunité« , indique leur communique. « Les lieux extérieurs de pèlerinage, de sanctuaires, le jardin d’un monastère ou d’un presbytère sont particulièrement adaptés à la liturgie« , précisent les évêques.

Les évêques belges n’entendent cependant pas en rester là. Ils se disent « convaincus que l’on peut aussi faire davantage à l’intérieur« . Ils demandent par conséquent au Gouvernement fédéral, et en  accord avec tous les cultes reconnus, de « rétablir la norme relative dans les lieux de culte. Elle permettrait à une centaine de croyants de participer aux célébrations dans la plupart des églises. « Cette norme relative », ajoutent-ils, est en effet « moins restrictive pour le vécu de la foi » et permet « une protection optimale de la santé publique« .

Les évêques remercient également à nouveau tous ceux qui s’engagent dans la lutte contre le virus, et invitent les fidèles à « suivre attentivement les mesures de sécurité du Gouvernement« , et « à se faire vacciner« . Ils invitent enfin à prendre part au marathon de prière proposé par le pape au cours du mois de mai, auquel participent les différents sanctuaires mariaux en Belgique.

C.H. , d’après SIPI – Service de presse de la Conférence des Evêques de Belgique

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Brochure des pèlerinages namurois.

Publié le par Yvan Tasiaux

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Conférence de Carême

Publié le par Yvan Tasiaux

Fratelli Tutti, un message aux couleurs de l'Evangile

Conférence de Philippe Goffinet, doyen de Dinant

Habay-la-Neuve - 16 mars 2021

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Soyons soigneux en toute chose

Publié le par J. Casanave, prêtre

Soyons soigneux en toute chose

« Vivement que l’on revienne au monde d’avant le virus que nous puissions travailler, transformer, produire, nous amuser, voyager, consommer, nous embrasser, nous serrer la main, nous démasquer ! » Malheureusement « avant » ne reviendra pas tel qu’il a été. Avant a fait son temps. Avant est passé. Fini le temps de la démesure et du profit permanents. Nous savons désormais qu’ils sont l’antichambre d’un suicide collectif. « Le monde d’après » sera le monde de la limite consentie et du soin attentif, les deux étant liés.  


En ce qui concerne les limites, il faudra certainement rédiger une charte universelle des droits de la terre équilibrant celle des droits de l’homme. Et pourquoi ne pas ajouter une « charte des droits de Dieu »,  signée par toutes les religions, formulée dans une nouvelle traduction du décalogue qui ciblera clairement les impasses culturelles, économiques, génétiques ou numériques dans lesquelles nous sommes tentés de nous engouffrer. Le premier de ces commandements pourrait être celui-ci: « Tu ne joueras pas au Dieu qui sait tout, qui veut tout et qui peut tout ». 


 Contrairement à une interprétation simpliste de la sentence de Platon, l’homme seul n’est pas « la mesure de toutes choses ». L’homme est un sujet de l’humanité ; l’humanité est tributaire du cosmos. Qui a les clefs de leurs destinées ? 


Quant au soin, il faudra le prodiguer d’abord aux êtres humains pour que de loups masqués et solitaires ils deviennent des frères, à la terre afin qu’elle soit  nourricière et non cimetière, à  Dieu lui-même pour que notre tombe s’ouvre en berceau, à l’Eglise pour qu’elle soit  son « image et sa ressemblance » et non son visage profané ou son portrait fané. Un soin particulier sera réservé aux enfants et aux jeunes qui exigera une refonte totale du système éducatif  car rien de durable ne s’élabore sans l’appui d’une culture commune.


Mesure enfin, car on soigne mieux une personne connue qu’un couloir bondé d’urgences, un jardin clôturé  qu’un océan d’hectares.  Soyons soigneux en toute chose !

 

 

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La catéchèse du secteur pastoral d'Yvoir sur les réseaux sociaux

Publié le par Sabwe kalenda Anastas

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