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Bienvenue dans le Doyenné de Dinant

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La riposte israélienne au Hamas n’est pas proportionnée

Publié le par Le site de l'Eglise Catholique en Belgique

Pour Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo, vicaire du patriarcat latin de Jérusalem pour la Palestine, les ripostes israéliennes aux roquettes tirées par le Hamas ne sont pas proportionnées.

Pour Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo, vicaire du patriarcat latin de Jérusalem pour la Palestine, les ripostes israéliennes aux roquettes tirées par le Hamas ne sont pas proportionnées.

« Les incursions massives de l’armée de l’air israélienne sur la bande de Gaza ont également touché les maisons des familles chrétiennes situées près de la paroisse catholique de la Sainte Famille, causant même des dommages au couvent et au jardin d’enfants des Sœurs du Rosaire« , a expliqué  Mgr Marcuzzo à l’agence misionnaire vaticane Fides.

 

Pas de différence entre les cibles militaires et civiles

« Les incursions israéliennes font suite aux roquettes tirées par le Hamas sur le territoire d’Israël, mais d’après ce que nous voyons, les considérations de ceux qui ont qualifié la réaction militaire de l’État juif de ‘proportionnée’ aux États-Unis sont totalement infondées. Ils bombardent à distance. Une bombe est tombée près du Couvent des soeurs. Parmi les plus de cent victimes, on compte des femmes et des enfants. Et encore, les fameuses ‘bombes guidées’ font mal à tout le monde, sans pouvoir distinguer les cibles militaires de la population civile« .

 

La chaîne des événements

Alors que les campagnes de propagande envahissent les médias, l’évêque d’origine italienne   invite à ne pas perdre de vue la chaîne d’événements et de provocations qui a déclenché la nouvelle violence en Terre Sainte.

Le vicaire patriarcal rappelle que le conflit israélo-palestinien dure depuis des décennies, et surtout depuis l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Tant que les causes profondes du conflit ne sont pas abordées et résolues, une étincelle suffit toujours à tout relancer.

Pour Mgr Marcuzzo, l’actuelle flambée de violence est due à l’accumulation d’une série de « circonstances malheureuses » qui ont ravivé les tensions autour de Jérusalem, véritable nœud du conflit: l’expropriation de maisons palestiniennes dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem, puis les entraves imposées par les Israéliens aux fidèles musulmans qui voulaient se rendre à la mosquée al Aqsa le dernier vendredi du Ramadan,  pour la « Nuit du destin » (Laylat al Qadr).

Puis vint la « Journée de Jérusalem », avec la « Marche des drapeaux » qui n’a pas suivi son itinéraire habituel cette année et durant laquelle les nationalistes et extrémistes israéliens traversent chaque année les quartiers arabes de la vieille ville pour réaffirmer la domination israélienne sur l’ensemble de la Ville sainte.

Il ne faut  pas oublier, ajoute le vicaire patriarcal, « le refus israélien de permettre la tenue d’élections politiques palestiniennes à Jérusalem-Est, qui devaient avoir lieu le 22 mai et qui a été reportée précisément à cause de cela. En outre, il faut garder à l’esprit parmi les causes de la situation actuelle également le plan très malheureux du président américain Donald Trump, qui en reconnaissant Jérusalem comme capitale indivise d’Israël a alimenté le ressentiment des populations arabes ».

 

Affrontements dans les villes mixtes

Mgr Marcuzzo s’inquiète aussi des affrontements sur le territoire israélien entre Arabes et Juifs: « Dans les villes dites ‘mixtes’, comme Haïfa, Ramla, Jaffa ou Lod, la coexistence était plutôt pacifique. Nous avons maintenant de nouveau des attaques, des assauts sur les maisons et d’affrontements dans les rues entre les membres des deux communautés. L’évêque dit aussi avoir de nombreuses confirmations du fait que les forces de sécurité n’interviennent pas toujours de manière impartiale. »

Face à la violence qui déchire à nouveau le cœur de Jérusalem et de la Terre Sainte, « nous essayons toujours en tant qu’Églises locales de travailler pour la paix », conclut Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo.

 

Source: cath.ch/fides/mp

 

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Mgr Pizzaballa : « Construire des ponts plutôt que de garder des murs »

Publié le par Christophe Lafontaine

Sa Béatitude Pierbattista Pizzaballa, le Patriarche latin de Jérusalem © Hadas Parush/Flash90

Sa Béatitude Pierbattista Pizzaballa, le Patriarche latin de Jérusalem © Hadas Parush/Flash90

Prenant le contre-pied du nom de l’opération israélienne en cours, « Gardiens des murs », le Patriarche latin de Jérusalem redit que l’Eglise ne cesse d’appeler à « construire des ponts » ! Interview sur la situation.

 

Terresainte.net : Pensez-vous que l’escalade de violence va durer ?

Mgr Pizzaballa : Nous vivons dans un pays où les choses imprévisibles sont beaucoup plus nombreuses que celles qui sont prévisibles. Tout dépendra des décisions et considérations politiques que les deux parties suivront et prendront en compte. Vu l’évolution de la situation, je pense que la violence a été beaucoup plus grande que d’habitude et elle produira des blessures qui, à mon avis, vont prendre plus du temps pour guérir. La situation que nous connaissons ces jours-ci, en particulier dans les villes arabo-juives, est le résultat d’années de politique de mépris, que les mouvements de droite ont de plus en plus encouragée. Si les dirigeants politiques et religieux ne commencent pas à changer ces attitudes, la situation va se détériorer. Le mépris ne peut que produire de la violence.

Qu’est-ce qui vous atteint le plus dans votre cœur de Patriarche latin à Jérusalem face à l’opération israélienne « Gardiens des murs » ?

Ce qui ne me laisse pas du tout à l’aise – en plus de l’idée de la guerre elle-même bien sûr- c’est d’afficher ainsi un désir de « garder les murs » [ndlr : en référence au nom de l’opération israélienne débutée le 10 mai « Gardiens des murs »], alors que nous ne cessons d’appeler à « construire des ponts » ! Cela veut dire, malheureusement, qu’on est encore loin des possibilités d’une paix durable, et non simplement d’un armistice ou d’une situation de limbes politiques. Mais nous n’abandonnons pas. Il y en a beaucoup, dans la société israélienne et arabe, avec qui nous pouvons construire des ponts. Et nous le ferons !

Nous avons interrogé avant-hier la paroisse de Gaza, comment réagissent aux violences vos autres fidèles en Israël comme en Palestine ? Que leur dites-vous, que faites-vous ?

Il y a toujours ces sentiments de peur, d’incertitude et d’un avenir de plus en plus inconnu et insécurisé ! Faut-t-il plus que cela pour comprendre le désir de beaucoup de nos chrétiens d’émigrer ? Bien sûr, l’Eglise a toujours aidé et elle veut continuer de le faire, mais les besoins dépassent largement nos capacités ! Le manque de touristes et de pèlerins [ndlr : à cause de la pandémie] n’a fait qu’augmenter le problème économique et du coup aussi les problèmes dans les familles qui ont du mal à trouver la sécurité économique nécessaire pour leur stabilité. Je ne peux pas nier que la frustration est grande.

Regrettez-vous que la communauté internationale n’ait pas suffisamment pris position sur la question des expulsions de Sheikh Jarrah ?

Je pense que la communauté internationale a d’autres priorité actuellement que ces problèmes propres au conflit Israélo-palestinien. Le Covid, les crises économiques, sociales et politiques se multiplient partout, et laissent peu de temps et d’envie à la communauté internationale de se mêler au conflit en Terre Sainte.

J’ajouterais également que je n’ai jamais compris ce qu’est exactement la communauté internationale. Il est certain que, dans tous les cas, les pays étrangers pourraient aider à trouver des solutions, mais ils ne peuvent pas remplacer les interlocuteurs locaux. Tant que les Palestiniens et les Israéliens ne se parlent pas, personne ne peut faire quoi que ce soit pour améliorer la situation.

Pour le quartier Sheikh Jarrah, l’un des points de départ de la crise actuelle, y-a-t-il des maisons habitées par des chrétiens qui sont concernés par le projet d’expulsion ?

Non, à ma connaissance, je ne pense pas.

Et plus généralement, y-a-t-il eu récemment des maisons de chrétiens confisquées par des autorités israéliennes ?

Le problème de confiscations touche plus les terrains, surtout dans les zones dites « C » [ndlr : sous contrôle sécuritaire et administratif exclusif de l’État hébreu]. Mais il y aussi des cas où des familles chrétiennes qui bâtissent dans ces zones-là, sur leurs terrains, se trouvent dans une situation illégale pour Israël, et il peut arriver que leur maison soient détruites par les autorités israéliennes.

 

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Septième dimanche de Pâques.

Publié le par Philippe Goffinet

Entre Ascension et Pentecôte

Le Notre Père selon Saint Jean

En ce temps-là,

les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi :
« Père saint,
garde mes disciples unis dans ton nom,
le nom que tu m’as donné,
pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.
Quand j’étais avec eux,
je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné.
J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu,
sauf celui qui s’en va à sa perte
de sorte que l’Écriture soit accomplie.
Et maintenant que je viens à toi,
je parle ainsi, dans le monde,
pour qu’ils aient en eux ma joie,
et qu’ils en soient comblés.
Moi, je leur ai donné ta parole,
et le monde les a pris en haine
parce qu’ils n’appartiennent pas au monde,
de même que moi je n’appartiens pas au monde.
Je ne prie pas pour que tu les retires du monde,
mais pour que tu les gardes du Mauvais.
Ils n’appartiennent pas au monde,
de même que moi, je n’appartiens pas au monde.

Sanctifie-les dans la vérité :
ta parole est vérité.
De même que tu m’as envoyé dans le monde,
moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.
Et pour eux je me sanctifie moi-même,
afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »

Septième dimanche de Pâques.

Cette prière de Jésus à son Père termine le discours d’adieu ( une sorte de testament) avant que ne commence le récit de la passion. La prière reflète les sentiments profonds de Jésus qui sait que l’heure est venue pour lui de passer de ce monde à son Père. Mais ce moment grave, il le vit dans une attention toute particulière pour ses disciples à qui il va confier la mission de continuer son œuvre.

 

Jésus est venu de la part du Père pour accomplir son projet : rassembler dans l’unité et l’amour tous les enfants de Dieu dispersés. Jésus a porté ce projet à bout de bras en incarnant dans sa personne la proximité et la sollicitude du Père pour chacun et plus particulièrement pour les petits, les pauvres et les marginalisés qui campent au bord du chemin. Il a donné le meilleur de lui-même pour faire découvrir à chacun que l’amour du Père est sans conditions et qu’il est universel. Personne n’est exclu de son amour. Et si quelqu’un s’égare sur des chemins de traverse, il est ce Père qui attend  patiemment le retour de son fils prodigue. Pour lui offrir son pardon et faire la fête ! Sa mission va s’interrompre brutalement et Jésus prépare doucement ses disciples à son départ. Non  pas pour entretenir une nostalgie malsaine, mais pour remettre entre leurs mains ce projet du Père. Il vont se retrouver en première ligne et il les sent terriblement fragiles et démunis.

 

Sa prière au Père est donc tout entière tournée vers ses disciples. « Garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes ». Durant son ministère public, Jésus a veillé à être parmi ses frères en humanité le reflet fidèle du Père. C’est aux disciples de vivre maintenant cette fidélité. Et comment la vivre ?  En étant unis entre eux à l’image de l’unité qui circule entre le Père et le Fils. Cette unité est fondamentale et elle n’est pas recherchée pour elle-même, mais pour que le monde croie.  Autrement dit, la crédibilité de l’évangile que les disciples vont annoncer repose sur leur unité. Dès lors, les divisions entre chrétiens sont scandaleuses, au sens étymologique du mot, ce qui fait tomber. On ne peut jamais s’y résoudre Comment les chrétiens peuvent-ils prétendre annoncer un Dieu d’amour s’ils ne vivent pas l’amour entre eux ? Ils ne sont pas crédibles. Je profite de l’occasion pour  saluer ici le combat pour l’unité des chrétiens d’un ami, le Père Thaddée Barnas, moine bénédictin de l’abbaye de Chevetogne, emporté  brutalement par le Covid le 22 mars dernier. Thaddée, né à Chicago (USA), avait choisi cette abbaye belge  car elle avait comme objectif de travailler à l’unité des chrétiens en célébrant en rite latin et en rite byzantin. Elle fait découvrir la richesse théologique et spirituelle de l’Orient et favorise ainsi le rapprochement avec l’Orthodoxie.  Mais elle est aussi en contact  étroit avec les Eglises de la Réforme et l’Anglicanisme.  Le Père Thaddée, devenu diacre dans le rite byzantin,  s’est dépensé sans compter dans notre diocèse de Namur et plus largement dans l’Eglise de Belgique pour sensibiliser les chrétiens aux enjeux du dialogue œcuménique. Polyglotte et grâce à un carnet d’adresses incroyablement bien garni, Il entretenait  des liens d’amitié avec des chrétiens de toutes les confessions  en multipliant les voyages un peu partout en Europe et ailleurs. Son départ est une invitation à continuer ce qu’il a commencé pour que l’Évangile reste crédible aujourd’hui dans notre société sécularisée. Une belle manière d’honorer sa mémoire.

 

Les chrétiens en vivent pas dans un monde à part. Ils sont dans le monde et partagent totalement la vie de leurs contemporains. N’oublions jamais ce que le Concile Vatican II nous a rappelé au tout début de la Constitution Gaudium et Spes : Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. Ils sont du monde, mais invités à habiter ce monde tel qu’il est pour le transformer de l’intérieur en cherchant à y vivre les béatitudes. Avec douceur et respect, mais  aussi avec détermination. En sachant que vivre selon l’évangile peut nous attirer de solides inimitiés ou, ce qui est le plus souvent le cas, une profonde indifférence. Jésus prie le Père pour que ses disciples tiennent bon malgré tout et ne soient pas submergés par le mal. Avec Jésus, prions le Père de nous envoyer son Esprit :

 

« Père, répands en abondance ton Esprit sur chacun d’entre nous. Tu sais mieux que nous-mêmes ce qu’il y a au fond de notre désir, de nos appels, de nos demandes et de nos cris. Tu connais nos résistances, nos lâchetés et nos échecs. Tu connais aussi notre faim de vérité et cette soif de toi qui nous envahit l’âme. Ton amour devance notre prière pour nous combler de tout don parfait. Donne-nous ton esprit, qu’il réalise en nos vies l’œuvre immense de ton fils ».

 

Philippe Goffinet

16 mai 2021

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Jérusalem : miroir de la déchirure

Publié le par Jacques Gaillot, Evêque de Partenia

Jérusalem : miroir de la déchirure

Quand on touche à la ville trois fois sainte, le monde entier se sent concerné. Les images du combat entre militaires israéliens et jeunes palestiniens sur l’esplanade des Mosquées et à l’intérieur de la mosquée al-Aqsa, ont fait le tour du monde.

 

Cette violence se répand entre juifs et arabes faisant craindre une guerre civile.

 

Les roquettes du Hamas sur Israël et les frappes israéliennes sur Gaza sèment la peur et continuent de faire des blessés, des morts, des destructions.

 

C’est un combat asymétrique. Les forces en présence sont disproportionnées. Il suffit de regarder le nombre des victimes. En 2014, les combats entre Israël et le Hamas avaient fait plus de 2251 morts côté palestinien et 74 côté israélien. A ce jour, on relève 124 morts côté palestinien et 27 côté israélien. Les pays arabes qui ont signé des accords avec Israël se sentent les mains liées.

 

La France et l’Union européenne gardent leur retenue habituelle. Le président américain n’intervient pas.

Le conseil de sécurité de l’ONU n’a pas réussi à faire une déclaration commune.

 

Et pourtant la question palestinienne reste centrale. Elle ne se réglera qu’en mettant fin à cette guerre coloniale source d’injustice, c’est-à-dire en mettant fin à l’occupation. Israël et le Moyen-Orient ne connaîtront pas la paix tant que la Palestine demeurera un pays occupé.

Mais ce qui est plus dangereux encore que les frappes et les roquettes, c’est l’absence de négociation entre les deux pays. Il faut le redire : ce n’est pas l’usage de la violence qui conduira à la paix, mais la négociation politique.

 

Y aura-t-il des hommes et des femmes qui se montreront à la hauteur pour négocier ?

 

Si le peuple palestinien se sent isolé, il sait qu’il peut compter sur le soutien de nombreux citoyens à travers le monde.

 

On n’arrête pas le destin d’un peuple.

 

Jacques Gaillot

Evêque de Partenia

Paris 14 mai 2021

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Enfin, la bulle augmente pour les lieux de culte.

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Enfin, la bulle augmente pour les lieux de culte.

Actuellement, les lieux de culte ne peuvent accueillir que jusqu’à 15 fidèles. Cette mesure changera à partir du neuf juin

Seul 15 personnes peuvent assister à des cérémonies religieuses pour le moment. En revanche, suite aux décisions prise par le Comité de Concertation, à partir du neuf juin, les lieux de culte pourront accueillir jusqu’à 100 personnes à l’intérieur et 200 à l’extérieur.

Dès le premier juillet, on double les effectifs : jusqu’à 200 fidèles pourront se réunir en intérieur et jusqu’à 400 à l’extérieur. 

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QUE FETE-T-ON A L'ASCENSION ?

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Je n’ai eu le temps de mettre par écrit l’homélie/méditation que j’ai donnée dans les paroisses hier et aujourd’hui.
Mais je vous offre une méditation trouvée sur le site de l’Eglise catholique de France qui m’a inspiré. 

Sans Ascension (départ) du Christ pas d’Eglise. 
Sa mission terminée, Jésus s’en va en prenant le risque inouï de confier le message évangélique à ces hommes et ces femmes fragiles. Il leur fait une confiance incroyable non sans les avoir assurés du don de son Esprit. Ils seront ses témoins à Jérusalem dans toute la Judée et en Samarie, et jusqu’aux extrémités du monde. 

Cette bonne nouvelle, elle nous est confiée aujourd’hui pour faire naître de nos mains et de nos coeurs ce monde selon le coeur de Dieu pour lequel jésus a donné sa vie.

La Terre Sainte est à feu et à sang et des murs de haine se dressent à nouveau entre palestiniens et israéliens. Nos amis chrétiens palestiniens ont peur car ils craignent maintenant une guerre civile. Ils se réjouissaient pourtant de voir le covid s’éloigner pour pouvoir accueillir à nouveau des pèlerins. C’est leur seule source de revenus. Prions avec eux et pour eux afin que se lèvent des hommes et femmes de paix et de réconciliation. 

Bien cordialement

Philippe Goffinet

 

 

 

QUE FETE-T-ON A L'ASCENSION ?

 

Située entre Pâques et la Pentecôte, c’est-à-dire entre la résurrection du Christ et la venue de l’Esprit Saint sur le groupe des apôtres, l’Ascension ne peut être comprise qu’en lien avec ces deux évènements. L’Ascension fait partie du déploiement inouï de Pâques : par sa mort et sa Résurrection, le Christ a sauvé l’homme qui, à sa suite, est désormais appelé à rejoindre Dieu pour vivre dans sa gloire.

 

Une Présence dans l’absence

 

Le livre des Actes des Apôtres rapporte que, pendant les quarante jours qui ont suivi Pâques, le Christ ressuscité s’est plusieurs fois montré aux disciples. L’Ascension marque la fin des apparitions du Ressuscité : Jésus “est monté au ciel”, c’est-à-dire que désormais, ses disciples devront faire le deuil d’un certain type de présence, d’une présence charnelle. Grâce à l’Esprit donné à la Pentecôte, ils vont expérimenter une nouvelle manière, pour Jésus ressuscité, de leur être présent. Désormais, les disciples devront “croire sans voir”, ou plutôt “croire parce qu’ils ont vu” (Jn 20, 30-31). C’est sur leur témoignage crédible que nous fondons notre foi.

La liberté des chrétiens passe par une prise de distance de la part du Christ. « Il est bon pour vous que je m’en aille », dit Jésus (Jean 16,7). Lui qui ne se laisse pas posséder ni étreindre ne s’impose pas davantage : il laisse ses disciples libres de croire, et donc d’aimer véritablement car librement.

 

 

 

Il fait de nous des témoins

 

Mais cette absence est en même temps forte d’une promesse et d’une invitation à la mission :« vous allez recevoir une puissance, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre ».

Il ne s’agit pas de rester les yeux levés vers le ciel. L’Ascension est un appel à la responsabilité. C’est aux chrétiens désormais d’être témoins du Christ ! Le mystère de l’Ascension signifie que le temps des témoins commence, le temps de l’Eglise. Sans Ascension, pas d’Eglise. Jésus va rendre ses disciples et apôtres définitivement capables de porter témoignage. Désormais Pierre va parler et enseigner avec autorité comme Jésus, de même que Paul.

 

 

 

L’Ascension n’est donc pas la célébration d’un départ triste. Les disciples étaient tristes avant, quand ils ne comprenaient pas le sens des événements de Jérusalem, quand ils ne comprenaient pas que le Messie devait souffrir pour entrer dans la gloire, surtout tant qu’ils n’avaient pas compris que Jésus devait monter vers le Père pour envoyer l’Esprit.

 

Sur le site de Eglise catholique de France

 

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Sixième dimanche de Pâques

Publié le par Philippe Goffinet

Halte improvisée et temps de prière silencieuse  du pape François devant le mur de séparation (dit mur de la honte) entre Palestiniens et Israéliens à l’entrée de Bethléem. 25 mai 2014

Halte improvisée et temps de prière silencieuse du pape François devant le mur de séparation (dit mur de la honte) entre Palestiniens et Israéliens à l’entrée de Bethléem. 25 mai 2014

Evangile selon Saint Jean (15,9-17)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés.
Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.
Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites

ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »

 

C’est un véritable bijou évangélique qui nous est offert aujourd’hui, dans le prolongement de l’allégorie de la vigne. Ne l’oublions pas, nous sommes à quelques jours de la passion et de la mort de Jésus. Il vient de poser un geste fort en lavant les pieds de ses disciples. Et Pierre s’est encore fait remarquer en refusant d’abord car il ne comprend pas pourquoi Jésus veut se mettre à genoux devant lui et faire un geste réservé aux serviteurs. Il est le maître, bon sang ! Qu’il tienne son rang ! Et puis cette parole qui retentit comme une consigne pour ses amis : « C’est un exemple que je vous ai donné : ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi… car le serviteur n’est pas au-dessus du maître » (Jn 13,15-16). Et l’évangéliste Jean nous a déjà donné la clé pour comprendre ce geste et la passion qui va suivre : « Avant la fête de la Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père ; lui, qui avait aimé les siens qui sont dans le monde, les aima jusqu’au bout » (Jn13,1).

 

C’est bien d’amour qu’il s’agit… et d’un amour qui n’est pas du baratin, mais qui s’exprime dans des gestes concrets. Cet amour vrai, Jésus l’a vécu lui-même tout au long de sa vie. Amour ! Un mot très dévalué dans notre civilisation « kleenex » : « Je te veux, tu me veux…et si cela ne va plus, je te jette ! » Il est urgent d’habiter à nouveau toute la richesse de l’amour qui donne un poids infini à toute existence humaine, quel que soit son parcours. Mettons-nous à l’école de Jésus qui a fait de l’amour le cœur de son enseignement et de son action.

 

« Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour ».  Jésus nous indique la source qui n’est pas un Dieu abstrait, lointain et solitaire, mais qui est le Père, celui que Jésus n’a cessé de dévoiler pendant tout son ministère public. Un Dieu Père, infiniment et passionnément Père. Un Dieu qui se fait un sang d’encre pour ses enfants, surtout pour les plus petits et les plus fragiles. Un Dieu d’amour, tendre et miséricordieux. Un Dieu Père qui n’exclut personne de son amour et qui est  toujours prêt à courir à la rencontre du fils perdu lorsqu’il revient… car il le désire et il l’attend avec impatience pour le prendre dans ses bras et faire la fête. Et tant pis pour les râleurs !  Oui, Jésus, c’est son Père tout craché.

 

Si vous avez compris à quel point vous êtes aimés par le Père et par Jésus, alors aimez-vous les uns les autres comme Jésus vous a aimés. C’est le « comme » qui fait la différence. A la manière de Jésus, en donnant votre vie s’il le faut comme il l’a fait. Mais rien n’est gagné d’avance. Aimer vraiment est l’œuvre de toute une vie. Et il me plaît de reprendre ici les conseils de Paul, ce passionné de l’évangile de Jésus Christ : « L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout » (1Cor 13,4-7). Aimer, sans rien attendre en retour, car, l’amour véritable ne peut être marqué que du sceau de la gratuité. Le mot « commandement » pourrait nous induire en erreur, en mettant en avant l’idée de devoir et d’obligation avec, éventuellement, une récompense à la clé. Nous sommes ici sur le registre de la gratuité. Nous ne sommes pas des serviteurs/esclaves qui seraient redevables à leur maître. Nous sommes les amis de Dieu. Quel honneur et quel respect pour notre liberté ! Etre obligé d’aimer, c’est le non-sens absolu et la caricature de l’amour.

Alors, si nous sommes les amis de Dieu, nous nous recevons les uns les autres comme des frères et des sœurs. C’était le signe d’identité des premiers chrétiens dans une société qui les méprisait et les persécutait. C’est aujourd’hui le signe d’identité des chrétiens dans une société qui les ignore. Mais aujourd’hui comme hier, cet amour ne sera vrai que s’il est ouvert à l’universel. C’est ce que nous rappelle la première lecture de ce dimanche en évoquant la venue de l’Esprit Saint sur le centurion Corneille et sa maisonnée : la Pentecôte de Césarée. Pierre avait eu une vision lui faisant comprendre que , pour un chrétien, il n’y avait plus de barrière entre les hommes ; mais, en bon juif qu’il était, il avait  beaucoup hésité à se mettre vers cet homme : un juif ne peut pas fréquenter un païen sinon il sera impur. Mais une fois sur place, il comprend « que Dieu n’est pas impartial : il accueille, quelle que soit la nation, celui qui le craint et dont les œuvres sont justes » (Act 10,35). Et voilà que Dieu authentifie cette parole en faisant descendre l’Esprit Saint sur les païens, comme il l’avait fait pour les juifs à Jérusalem. Rien ne s’oppose désormais à ce qu’ils fassent partie de l’Eglise… et Pierre leur donne le baptême.

Mais il faudra du temps, beaucoup de temps pour que l’Eglise soit une vigne ouverte à l’universel. Cela reste  aussi un défi aujourd’hui pour nos communautés dans une société de plus en plus colorée d’hommes et de femmes venant d’ailleurs et qui partagent la foi chrétienne. Il y a encore beaucoup de murs et de préjugés à faire tomber pour « aimer comme Jésus ». Car l’amour véritable est sans frontières.

 

Philippe Goffinet

9 mai 2021

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Editorial "Rouvrir les terrasses !"

Publié le par Philippe Goffinet

« Rouvrir les terrasses ! » Voilà le nouveau slogan qui est à la une de tous les médias depuis presque un mois. Il en va de la survie de la Belgique qui, comme chacun sait, connaît un climat particulièrement chaud qui invite les belges à vivre à l’extérieur à l’image de l’Espagne ou de l’Italie ! Mais plus sérieusement, cette demande apparaît comme une bouffée d’oxygène dans un confinement qui commence à peser lourdement. Et la demande est d’autant plus fondée dans notre bonne ville de Dinant qui, chaque WE quel que soit le temps et durant les vacances, a vu déferler des milliers de visiteurs qui arpentent la Croisette, mettent un cierge à la collégiale avant de prendre le téléphérique. Mais la galère commence quand il s’agit de trouver un coin pique-nique ou tout simplement satisfaire un besoin pressant. Notre mayeur est déjà monté au front pour réclamer l’ouverture de nos terrasses. Et notre échevin de la propreté s’est lancé dans le projet d’ouverture de nouvelles vespasiennes publiques. En espérant que Dinant ne vivra pas un nouveau Clochemerle ! Il n’est sans doute pas inutile de rappeler l’origine de ce mot qui est finalement passé dans notre vocabulaire pour désigner des querelles burlesques (clochemerlesques) ou des copèreries.   C’est le titre d’un roman de Gabriel Chevalier paru en 1934 et dont on a tiré un film en 1948. Un succès fulgurant. Tout a commencé quand Barthélemy Piéchut, maire de Clochemerle-en-Beaujolais, dévoila à Ernest Tafardel, l’instituteur, son projet : – Je veux faire construire un urinoir, Tafardel. – Un urinoir ? s’écria l’instituteur, tout saisi, tant la chose aussitôt lui parut d’importance. Le maire se méprit sur le sens de l’exclamation : – Enfin, dit-il, une pissotière ! Cette vespasienne, destinée, bien plus peut-être, à confondre Mme la baronne Alphonsine de Courtebiche, le curé Ponosse, le notaire Girodot et les suppôts de la réaction, qu’à procurer un grand soulagement à la gent virile de Clochemerle, sera édifiée tout près de l’église où Justine Putet, aride demoiselle, exerce une surveillance étroite… Mais dans ce coin du Beaujolais, le vin a fini par tout arranger ! Gageons qu’à Dinant la Leffe ou le Savigny, le vin préféré des Quarteniers de la Flamiche dinantaise,  auront le dernier mot. L’humour est finalement un bon remède à la déprime coronavirienne.

 

 

Autre nouvelle surprenante en ce temps de confinement : l’arrivée sur le marché d’autels  pour nourrir sa spiritualité ! A offrir sans tarder pour la fête des mères afin de leur procurer un espace sacré pour se ressourcer. J’ai dû relire l’article (Deuzio/L’Avenir du samedi 24 avril) deux fois et l’annonce publicitaire est on ne peut plus claire : « Pour la prochaine fête des mères, plutôt qu’une nuit à l’hôtel, pourquoi pas un Autel » ? Tout est possible dans notre société sécularisée en recherche d’originalité et de sens . Je cite :  « Parmi la dizaine d’objets proposés, un assortiment de pierres semi-précieuses aux vertus thérapeutiques, ciblant la confiance, l’ancrage ou encore l’intuition. Un parfum d’ambiance bio qui invite à la spiritualité. Un bois palo santo, encens purificateur. Une bougie naturelle coulée à la main. Sans oublier les cartes de dix mantras et un carton explicatif pour comprendre chaque objet, dont certains peuvent être surprenants pour les non-initiés… A chacun d’y ajouter des effets personnels : des plantes, des objets symboliques, une croix, etc. » Il est précisé que ce coffret a été élaboré pour des femmes, mais il n’en reste pas moins accessible aux hommes. Voilà donc le kit de spiritualité à portée de main pour se créer un espace sacré. Prix 73 euros. Je rapporte cette annonce sur le mode de l’humour, mais cette nouvelle proposition commerciale m’interroge. Comme Eglise, sommes-nous passés à côté de réalités humaines importantes pour que les gens éprouvent le besoin de chercher ailleurs un sens à leur vie ? Nos assemblées chrétiennes peuvent-elles encore nourrir la recherche de bonheur de nos contemporains ? La bonne nouvelle de Jésus-Christ serait-elle démodée ? L’avons-nous mal présentée et mal vécue ? Des questions qui méritent d’être posées alors que beaucoup d’entre nous s’interrogent sur le sens de ce que nous vivons au cœur de cette pandémie qui n’en finit pas de brimer notre besoin de relations.

 

 

Nous avons pu vivre une semaine sainte fervente dans nos différentes paroisses malgré les restrictions sanitaires. On a pu « sentir » une grande joie de pouvoir à nouveau faire communauté, même en petit nombre,  et habiter avec intensité les grands moments du mystère pascal à travers de belles liturgies. Un plus par rapport à l’année dernière où nous avions dû vivre la semaine sainte derrière nos écrans. Malheureusement les grands évènements du mois de mai (premières communions,confirmations, pèlerinage à Notre-Dame de la Meuse) ne pourront avoir lieu. Mais pendant ce mois, nous veillerons à donner toute sa place à Marie qui nous entoure de sa maternelle présence en ces moments difficiles. Vous pouvez prier le chapelet en lien avec le sanctuaire de Lourdes, chaque jour à 15h30, via KTO. Nous porterons aussi dans la prière tous nos étudiants qui ont vécu une année scolaire ou académique dans des conditions pénibles. Certains ont très mal vécu les cours à domicile et en solitaire alors que la vie étudiante revêt aussi une dimension communautaire qui façonne leur personnalité.

 

 

Bon temps pascal.

 

Philippe Goffinet

 

Pour la prochaine fête des mères, plutôt qu’une nuit à l’hôtel, pourquoi pas un Autel? Cette box permet de créer son espace sacré pour se ressourcer.

Pour la prochaine fête des mères, plutôt qu’une nuit à l’hôtel, pourquoi pas un Autel? Cette box permet de créer son espace sacré pour se ressourcer.

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Cinquième dimanche de Pâques

Publié le par Philippe Goffinet

Icône de la vigne et des sarments

Icône de la vigne et des sarments

 

La liturgie puise des images fortes dans l’évangile selon saint Jean pour nous faire découvrir les diverses facettes du mystère pascal que nous célébrons jusqu’à la Pentecôte. Après la métaphore du bon berger qui donne sa vie pour ses brebis, voilà celle de la vigne. Elle se situe dans le contexte des adieux de Jésus à ses disciples et ses paroles sont déjà riches d’une promesse de vie que seront les fruits de sa résurrection.

 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron.
Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. Mais vous, déjà vous voici purifiés
grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.

Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. »

La vigne est une image privilégiée de l’alliance entre Dieu (le vigneron) et le peuple d’Israël (la vigne). Le vigneron est dépeint comme plein d’attention et de sollicitude pour sa vigne car il s’agit d’une histoire d’amour entre Dieu et sa vigne. On pourrait même dire une passion. Comme on peut le deviner lorsque des vignerons parlent de leur vigne avec des mots qui sentent bon la déclaration d’amour. Dieu s’est donné du mal pour que sa vigne puisse donner de beaux fruits. Il n’a pas ménagé sa peine car il l’aime. Mais la vigne n’a pas produit que de bons fruits. Et le vigneron s’en plaint amèrement : « La vigne du Seigneur le tout-puissant, c’est la maison d’Israël et les gens de Juda sont le plant qu’il chérissait. Il en attendait le droit, et c’est l’injustice, il en attendait la justice, et il ne trouve que le cri des malheureux… Il en attendait de beaux raisins, il n’en eut que de mauvais » (Is 5,1..7) . Tout cela parce que les chefs du peuple ont saccagé la vigne et en ont fait un désert désolé (Jr 12,10).  Mais le bon vigneron ne se résigne pas au désastre de sa vigne : sa fidélité est une passion. Et il annonce qu’un jour la vigne portera de beaux fruits comme une nouvelle alliance : « Je déposerai mes directives au fond d’eux-mêmes, les inscrivant dans leur être ; je deviendrai Dieu pour eux, et eux, ils deviendront un peuple pour moi » (Jr 31,31-34).

 

Lorsque Jésus parle de la vigne, tout le monde a compris que c’est d’une alliance avec le Père qu’il s’agit et qu’elle s’accomplit désormais en sa personne. D’où l’insistance sur le verbe « demeurer » (il revient 10 fois dans ce bref passage) qui signifie la relation forte qu’il tisse avec ses disciples et eux avec lui. « Demeurer en lui », c’est être imprégné de ses paroles et de ses actes.  La vigne (Jésus), c’est le cep et les sarments, inséparables pour que la vigne produise beaucoup de fruits pour la gloire du Père et le salut du monde.  Nous avons là une belle image de l’Eglise que l’on retrouvera d’ailleurs dessinée dans les catacombes comme un signe de reconnaissance des chrétiens. Cette image montre combien l’Eglise est d’abord vécue comme un réseau de relations entre Jésus ressuscité et ses disciples, et les disciples entre eux. Cette

Image met bien en lumière ce qu’esquissent les grands récits de Pâques : le lien étroit entre la résurrection du Christ et celle de ses disciples. Car c’est en recevant l’esprit du Ressuscité qu’ils vont porter des fruits de Pâques en parcourant les routes de la terre. Comme Paul dont nous parle l’extrait du livre des Actes des Apôtres de cette liturgie. Un pur produit de Pâques et un sarment solidement attaché au cep de la vigne dont le Père est le vigneron.

 

Paul vient de vivre son chemin de Damas, « terrassé » par le crucifié ressuscité qui le retourne comme une crêpe : « Saul, Saul, pourquoi me persécuter (Jésus s’identifie à ses disciples) ? Qui es-tu, Seigneur ? – Je suis Jésus, c’est moi que tu persécutes » (Act 9,5). Paul était un juif croyant convaincu. Impossible pour lui de croire que ce Jésus crucifié sur une croix puisse être le Messie. C’était un imposteur, un hérétique dangereux que les chefs ont bien fait d’éliminer. Et cette hérésie qui se répand maintenant à Jérusalem et à Damas, il faut l’arrêter tout de suite avant qu’elle ne fasse des dégâts. Paul est littéralement retourné (c’est le sens du mot conversion), mais il va devoir être pris par la main pour faire son chemin vers le baptême. L’Eglise est un relais de témoins. Ananie sera le premier qui l’introduira non sans crainte dans la communauté de Damas car Saul traîne avec lui une réputation sulfureuse. Et quand il revient à Jérusalem, les gens se méfient de lui. C’est peut-être une taupe qui va s’infiltrer dans l’Eglise pour mieux la détruire ! Il faudra l’intervention de Barnabé, un converti venu de Chypre, pour que tombent les peurs. Saul, sans plus tarder, commence à annoncer avec assurance la bonne nouvelle à Jérusalem. Cette assurance ne vient pas des qualités personnelles du témoin (Paul avouera lui-même qu’il est un piètre prédicateur), mais de l’Esprit Saint.  Mais les Juifs de langue grecque qu’il essaie de convaincre cherchent à le supprimer. Comme ils avaient déjà éliminé Etienne avec la complicité de Saul qui gardait leurs vêtements pendant qu’ils le lapidaient. De persécuteur, le voilà déjà persécuté comme Jésus lui-même. Décidément, devenir disciple du Christ n’est pas sans danger. Paul en fera l’expérience durant tous ses périples missionnaires.  Les frères chrétiens de Jérusalem vont devoir l’exfiltrer vers Césarée maritime d’où il regagnera Tarse sa ville d’origine. C’est encore Barnabé qui ira le chercher à Tarse pour le ramener à Antioche de Syrie où il séjournera deux ans avant que la communauté l’envoie pour une première tournée missionnaire avec Barnabé vers Chypre.

 

Et nous aujourd’hui ? Il est nécessaire de « demeurer » enraciné sur le cep de la vigne qu’est le Christ et de nourrir notre vie intérieure par la Parole de Dieu accueillie et méditée si nous voulons porter du fruit. Sinon, nous deviendrons des sarments secs sans sève et sans vigueur. Mais il est tout aussi nécessaire de « demeurer » parmi les hommes (le chrétien n’est pas un ovni !) dans une véritable communauté de destin, partageant leurs joies et leurs peines, leurs espoirs et leurs souffrances. Cultiver nos relations dans une réelle connivence sans attendre nécessairement un retour sur investissement, mais simplement avec la joie d’avoir donné de son temps et de sa présence. « N’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité » nous rappelle saint Jean dans la lettre que nous lisons ce dimanche. Je nous invite à produire de beaux fruits de Pâques en restant fermement attachés au cep de la vigne.

 

Philippe Goffinet

2 mai 2021

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Célébrations: 50 personnes à l’extérieur dès le 8 mai

Publié le par Service de presse de la Conférence des Evêques de Belgique

Célébrations: 50 personnes à l’extérieur dès le 8 mai

Ce jeudi 29 avril 2021, le Gouvernement fédéral belge a donné son accord aux cultes pour des célébrations à l’extérieur, avec 50 personnes maximum, dès le samedi 8 mai. C’est ce qu’annonce, dans un communiqué, la Conférence épiscopale belge. A l’intérieur des églises, la norme de 15 personnes restera d’application, sauf pour les funérailles auxquelles peuvent assister 50 personnes.

Depuis l’automne dernier, les célébrations liturgiques ne peuvent plus se tenir qu’en présence de 15 fidèles, en raison de la « deuxième vague » de Covid-19 apparue dans notre pays et des mesures de re-confinement qui se sont ensuivies. Pour de nombreux fidèles, il s’agit d’une sérieuse restriction au vécu de leur foi.

A plusieurs reprises, des catholiques, tout comme des croyants d’autres cultes, ont interpellé les autorités politiques à ce sujet, sans succès. Quant aux évêques de Belgique, ils ont plusieurs fois demandé au instances fédérales belges, et en particulier au ministre de la Justice Vincent van Quickenborne (Open-VLD), d’assouplir cette règle de 15 personnes en fonction de la taille du lieu de culte occupé.

Comme les évêques l’annoncent officiellement ce jeudi, un changement interviendra à compter du samedi 8 mai. Les célébrations pourront avoir lieu à l’extérieur à partir de cette date, avec 50 personnes maximum.

« Les Evêques encouragent les responsables locaux à user autant que possible de cette opportunité« , indique leur communique. « Les lieux extérieurs de pèlerinage, de sanctuaires, le jardin d’un monastère ou d’un presbytère sont particulièrement adaptés à la liturgie« , précisent les évêques.

Les évêques belges n’entendent cependant pas en rester là. Ils se disent « convaincus que l’on peut aussi faire davantage à l’intérieur« . Ils demandent par conséquent au Gouvernement fédéral, et en  accord avec tous les cultes reconnus, de « rétablir la norme relative dans les lieux de culte. Elle permettrait à une centaine de croyants de participer aux célébrations dans la plupart des églises. « Cette norme relative », ajoutent-ils, est en effet « moins restrictive pour le vécu de la foi » et permet « une protection optimale de la santé publique« .

Les évêques remercient également à nouveau tous ceux qui s’engagent dans la lutte contre le virus, et invitent les fidèles à « suivre attentivement les mesures de sécurité du Gouvernement« , et « à se faire vacciner« . Ils invitent enfin à prendre part au marathon de prière proposé par le pape au cours du mois de mai, auquel participent les différents sanctuaires mariaux en Belgique.

C.H. , d’après SIPI – Service de presse de la Conférence des Evêques de Belgique

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Brochure des pèlerinages namurois.

Publié le par Yvan Tasiaux

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Culture et cultes: « Nous avons besoin d’être reliés les uns aux autres »

Publié le par CathoBel

L’un est artiste, il s’est illustré  par un concert dans une église. L’autre prêtre et même responsable d’un ensemble de paroisses a assisté à ce mini-concert. « Nous avons besoin d’être reliés les uns aux autres », concluent-ils ensemble.

 

Le secteur de la culture s’est mobilisé tout au long du week-end dernier par de nombreux évènements tenus secrets jusqu’au dernier moment, sous l’intitulé « Still standing for culture ». Depuis des mois, les artistes, musiciens et comédiens sont à l’arrêt, privés de toute prestation publique. D’un autre côté, une majorité des croyants est mécontent de ne plus pouvoir assister aux cultes au vu de la limitation à 15 personnes (excepté pour les funérailles, avec 50 personnes). Le premier secteur, le monde de la culture, s’est illustré le 14 février par une tentative de concert de Quentin Dujardin, interrompu dès le premier morceau. Cette prestation se déroulait dans l’église de Crupet, en présence de quelques 15 spectateurs dont l’abbé Bernard Van Vynckt.

Un mois plus tard, CathoBel a réuni les deux interlocuteurs, pour une interview croisée sur la situation actuelle des secteurs dits non-essentiels en Belgique. Une rencontre placée sous le signe du franc parler, enrichie de quelques confidences.

 

Anne-Françoise de Beaudrap

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