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Bienvenue dans le Doyenné de Dinant

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En quête de sens - Il était une foi - Interview cardinal De Kesel

Publié le par Yvan Tasiaux

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Le concours International de Saxophone : l’envers du décor.

Publié le par Yvan Tasiaux

Le concours International de Saxophone : l’envers du décor.

Samedi 22 janvier 2022 – 15h

Le concours International de Saxophone : l’envers du décor.

Par Alain Crepin, Président du comité musical et du jury des concours internationaux de saxophone de Dinant.

 

Au cours de cet exposé, vous découvrirez tout ce que l’on ne voit pas avant, pendant et après le concours : les travaux des différentes commissions dont le comité musical, la recherche des jurys, le travail des bénévoles, la présélection des candidats et d’autres détails insoupçonnés…

Coproduction UTLD/CCD/AIAS

4€ pour les membres, 7€ pour les non-membres

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Un peu d'humour. "Les Reines Mages"

Publié le par Yvan Tasiaux

Un peu d'humour. "Les Reines Mages"

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Editorial de notre doyen Philippe Goffinet

Publié le par Philippe Goffinet

Dans une magnifique Lettre Apostolique publiée en décembre 2019, le pape François a longuement déployé le sens ce qu’il appelle « Le merveilleux signe de la crèche ».   Il fait bien sûr référence au récit de Luc que nous avons lu dans la nuit de Noël. Mais il nous invite aussi à nous retrouver en pensée dans le petit village de Greccio dans la vallée de Rieti où François d’Assise a fait installer le jour de Noël 1223 la première crèche vivante. « Quand François arriva, il trouva la mangeoire avec la paille, le bœuf et l’âne. Les gens qui étaient accourus manifestèrent une joie indicible jamais éprouvée auparavant devant la scène de Noël. Puis le prêtre, sur la mangeoire, célébra solennellement l’Eucharistie, montrant le lien entre l’Incarnation du Fils de Dieu et l’Eucharistie. A cette occasion, à Greccio, il n’y a pas eu de santons : la crèche a été réalisée et vécue par les personnes présentes ». Et le pape d’ajouter : « Saint François, par la simplicité de ce signe, a réalisé une grande œuvre d’évangélisation. Son enseignement a pénétré le cœur des chrétiens et reste jusqu’à nos jours une manière authentique de proposer à nouveau la beauté de notre foi avec simplicité… Pourquoi la crèche suscite-elle tant d’émerveillement et nous émeut-elle ? Tout d’abord parce qu’elle manifeste la tendresse de Dieu. Lui, le Créateur de l’univers, s’abaisse à notre petitesse. Le don de la vie, déjà mystérieux à chaque fois pour nous, fascine encore plus quand nous voyons que Celui qui est né de Marie est la source et le soutien de toute vie… La crèche est une invitation à « sentir » et à « toucher » la pauvreté que le Fils de Dieu a choisie pour lui-même dans son incarnation. Elle est donc, implicitement, un appel à le suivre sur le chemin de l’humilité, de la pauvreté, du dépouillement, qui, de la mangeoire de Bethléem conduit à la croix. C’est un appel à le rencontrer et à le servir avec miséricorde dans les frères et sœurs les plus nécessiteux (Mt 25,31-46). »

 

Ce message, nous le recevons en pleine pandémie et à la fin d’une année qui a été aussi marquée par des inondations meurtrières où certains d’entre nous ont vu leurs maisons et leurs biens emportés par les flots en furie. En Ethiopie, la guerre civile continue à faire des milliers de morts et jette sur les routes de l’exil des millions de personnes qui meurent de faim. Tout le Moyen Orient est encore secoué par des guerres et peine à trouver des chemins de paix et de réconciliation.  Dans plusieurs pays d’Afrique et d’Asie, les coups d’Etat se succèdent et les populations, victimes de la corruption, n’ont plus d’avenir.  Des migrants ont péri dans la traversée de la Manche.  Et l’Europe se révèle incapable de parler d’une seule voix pour déployer une réelle politique d’accueil. Au contraire, elle a autorisé la Pologne, la Lituanie et la Lettonie   à durcir l’accès à l’asile de 2000 exilés délibérément envoyés à ses frontières par le régime biélorusse.

 

Le pape François n’est pas un naïf et il est parfaitement au courant des questions complexes dans lesquelles nous nous débattons. « Mais, comme le dit Anne-Bénédicte Hoffner, dans La Croix du 6 décembre, c’est justement ce moment de tensions de questionnement qu’il a choisi pour jeter toutes ses forces dans la bataille des consciences. » A Lesbos, où il retournait après 5 ans, il a eu des paroles très dures à l’égard de l’Europe, qui se targue de promouvoir partout dans le monde le respect des personnes et des droits humains fondamentaux. « Ne laissons pas cette « mer des souvenirs » devenir la « mer de l’oubli ». Je vous en prie, arrêtons ce naufrage de civilisation ! » La Méditerranée, visible derrière lui, n’est-elle pas en train de devenir « un cimetière froid sans pierres tombales… et même un miroir de la mort » ?  Le pape François a redit sa honte, la honte de cette « Mare nostrum » devenue « Mare mortum ». Et le message qu’il a adressé aux chrétiens est on ne peut plus clair « C’est Dieu que l’on offense en méprisant l’homme créé à son image, en le laissant à la merci des vagues, dans le clapotis de l’indifférence, parfois même justifié au nom de prétendues valeurs chrétiennes. La foi, au contraire, exige compassion et miséricorde. Elle nous exhorte à l’hospitalité… Ce n’est pas de l’idéologie religieuse, ce sont les racines chrétiennes concrètes. Jésus affirme solennellement qu’il est là, dans l’étranger (…). Et le programme chrétien, c’est d’être là où Jésus est. » 

 

Voilà le message de Noël d’un homme désarmé, mais pétri par l’espérance qu’il puise dans l’humilité et la pauvreté de la crèche de Bethléem, là où Dieu en Jésus est venu partager totalement notre humanité de la naissance à la croix pour le salut du monde. Un bien pauvre signe… comme ce pape qui se déplace clopin-clopant, bien souvent appuyé sur le bras d’un de ses collaborateurs, mais habité par la Bonne Nouvelle de Jésus Christ pour tenter de réveiller les consciences humaines anesthésiées. Avec cette question lancinante qui traverse tout son pontificat : « Qu’as-tu fait de ton frère » ?

 

Bonnes fêtes de Noël et de Nouvel An

Philippe Goffinet

 

 

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Offrir une boîte pleine de solidarité !

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Offrir une boîte pleine de solidarité !
 
« Le BAR A SOUPE » asbl lance, comme chaque année, son action de solidarité pour les fêtes de fin d’année « LES BOITES A CHAUSSURES ».
En voici le principe : Remplissez une (ou plusieurs) boîte(s) d’un format semblable à une boîte à chaussures avec de bonnes petites choses non périssables, non périmées et non habituelles à déguster pour les fêtes, telles que biscuits salés ou sucrés, gaufres, chocolat, bonbons, conserves de soupe, de poissons, de plats préparés, riz au lait, salade de fruits, boissons, etc.). En aucun cas, des vêtements, foulards, gants, écharpes,… Le but est d’offrir un repas de fête.
Emballez cette boîte comme un cadeau, ajoutez une carte avec un petit mot afin de souhaiter de belles fêtes de fin d’année à la personne qui recevra votre boîte.
Les boîtes seront distribuées en fin d’année aux personnes qui n’ont pas de quoi célébrer les événements comme elles le souhaiteraient et qui seront un peu réconfortées par cette marque de solidarité, particulièrement importante en ces temps difficiles.
Vos boîtes peuvent être déposées :
- Au Bar à soupe, rue Grande 132
- Pharmacies SUPERPHAR de Leffe ET de Gemechenne
- Superette « Aux trois comptoirs », au pied du Froidvau
- DINAMO asbl place Saint-Nicolas (lundi-mardi-mercredi de 9h30 à 16h et le vendredi de 9h30 à 16h30.
UN TOUT GRAND MERCI !

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Ce matin sur la Une. Il était une fois.

Publié le par Yvan Tasiaux

Renier Nijskens, diplomate, engagé dans les paroisses du secteur pastoral Notre-Dame de Foy, s'exprimait ce matin, à propos de la décolonisation aujourd'hui. 

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Reprise des traditions à Foy Notre-Dame.

Publié le par Alain Crepin

Reprise des traditions à Foy Notre-Dame.
 
Le sanctuaire de Foy Notre-Dame est administré depuis peu par l'abbé Yves-Michel Nkailanga (ancien vicaire de Dinant).
 
Outre les messes dominicales du dimanche à 10h, une messe chantée sera célébrée le mercredi 1er décembre à 10h à l'occasion de la Saint Eloi.
 
La nouvelle année 2022 commencera également par une messe chantée le 1er janvier 2022 ( 10h).

 

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Projet de chemin de randonnée « Via Francigena Belgica ». Nous cherchons des lieux d'accueil pour les pèlerins.

Publié le par Yvan Tasiaux

Projet de chemin de randonnée « Via Francigena Belgica ». Nous cherchons des lieux d'accueil pour les pèlerins.

Contexte

La Via Francigena est un « Itinéraire culturel du Conseil de l'Europe » certifié en 1994.

En 990, Sigéric, archevêque de Canterbury, se rend à Rome pour rencontrer le pape Jean XV et recevoir le pallium d'investiture. En chemin, il a consigné dans son journal les 79 étapes du voyage. Depuis, il a été possible de reconstituer un Itinéraire entre Canterbury et Rome, qui peut désormais être suivi par tous les voyageurs en quête de découvertes culturelles et de tourisme lent.

En voyageant sur la Via Francigena, on marche le long du "corridor culturel européen". La Via Francigena est en effet le plus ancien et le plus important chemin de pèlerinage médiéval reliant l'Europe du Nord-Ouest à la péninsule italienne et en particulier à Rome.

En tant que réseau porteur, la Via Francigena s'appuie sur un partenariat entre les institutions européennes et les autorités locales attachées à valoriser le chemin de pèlerinage millénaire afin de promouvoir, en insistant sur la durabilité, des mesures de développement de la Via Francigena pour en faire un véritable atout culturel et touristique, vu non seulement son importance culturelle mais aussi son rôle potentiel de catalyseur du développement local.

Sources :

https://www.coe.int/fr/web/cultural-routes/the-via-francigena
https://www.viefrancigene.org/fr/chi_siamo/

 

 

La Via Francigena en Belgique

L’association belge de la Via Francigena est gérée par des volontaires depuis 2014. Elle est née d’une volonté de promouvoir et de faciliter le départ vers Rome à partir de la Belgique. Notre but est de donner tous les renseignements utiles sur le chemin, renseigner sur les topoguides, les hébergements, et fournir au randonneurs le carnet de pèlerins, la crédenciale. Ensuite, nous tentons, conjointement avec les associations amies, de participer à la conception, au tracé et au balisage de chemins, à l’organisation de l’hospitalité et de l’hébergement au profit de tout pèlerin ou randonneur en marche vers Rome.

Pourquoi Bruxelles – Namur – Frontière française (vers Reims) ?

Comme la demande augmente, nous avons pris la décision de créer un chemin balisé reliant Bruxelles, Namur et Reims, étape importante sur la Via Francigena de Canterbury à Rome.

Cet itinéraire se justifie par son intérêt patrimonial (abbaye de la Cambre, abbayes cisterciennes d’Aywieres et de Villers-la-Ville, places fortes médiévales de Sombreffe et de Flawinne, Grotte de Spy, Namur les villes mosanes de Profondeville, Dinant, Hastières et Givet.

Il se distingue également du point de vue naturel avec la forêt de Soignes et de bois d’Hé (Genappe), la rive gauche de la Sambre, puis la vallée de la Meuse, du Viroin et la Thiérache wallonne.

Le projet se divise en deux parties :

 

1. Bruxelles – Namur :

De Bruxelles à Namur, notre logique est de "rectifier" le GR 126 afin de permettre d’emprunter des chemins plus directs et néanmoins qualitatifs

Les communes traversées sont Bruxelles, Ixelles, La Hulpe, Lasne, Genappe, Court-St-Etienne

Villers-la-Ville, Sombreffe, Jemeppe-sur-Sambre, Namur

 

2. Namur – Frontière française (vers Reims):

De Namur à Givet, et au-delà à Viroinval et en Thiérache, nous avons pris nos dispositions pour cogérer ce trajet avec les Amis de Saint-Jacques en Belgique francophone.

Les communes traversées sont Profondeville, Anhée, Dinant, Hastières, Doische, Viroinval, Couvin

 

Personnes de contact :

Vincent Imperiali, Coordinateur
viafrancigena.belgium@gmail.com

Odette Pirenne, Membre effectif

odettepirenne@gmail.com

 

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L'autobiographie de l'abbé Henri Tamuzi

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L'autobiographie de l'abbé Henri Tamuzi

Vendu au profit des orphelins et orphelines au Congo Kinshasa : Ebola- COVID , 204 pages.

henri.tamuzi@skynet.be

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En mémoire de Thierry Tilquin

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En mémoire de Thierry Tilquin

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Lettre d’une amie protestante à mes frères et sœurs catholiques

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Marion Muller-Colard, théologienne et écrivaine protestante

Marion Muller-Colard, théologienne et écrivaine protestante

La théologienne protestante a été membre de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase). Elle partage avec « La Vie » son ressenti à l’occasion de la sortie du rapport de celle-ci, rendu public le 5 octobre 2021.

Par Marion Muller-Colard

 

C’est sous la forme d’une « Lettre d’une amie protestante à mes frères et sœurs catholiques » que Marion Muller-Colard, théologienne, a souhaité revenir sur son implication dans la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase). L’auteure de plusieurs essais, dernièrement l’Éternité ainsi de suite (Labor et Fides) et la Vierge et moi (Bayard), partage aussi son espérance pour l’avenir.

« Je suis entrée à la Ciase sur la pointe des pieds, et c’est sur la pointe des pieds que je la quitte. Il était bien difficile de ne pas répondre à l’appel de Jean-Marc Sauvé, de décliner le devoir de vérité qui l’engageait, lui et nous tous, à plonger dans des abîmes pour chercher la racine d’un mal dont il n’est plus question de minimiser l’impact.

Ce que les violences sexuelles emportent

Aucun de nous ne sort indemne de ces deux années et demie à côtoyer le mal à sa racine. Et c’est la moindre des choses. Il n’y avait pas seulement à “conclure”, il y avait d’abord à recevoir. Recevoir la parole première, celle sans laquelle la commission n’aurait pas même vu le jour, celle des personnes victimes qui, mieux qu’aucun expert, savent ce que les violences sexuelles emportent sur leur passage : tout un pan d’être quand ce n’est pas la vie, toute l’enfance et toute la confiance.

Nous autres nous tenons en marge, entre imaginable et inimaginable. Mais, pour elles, il s’agit d’un réel brut, qui refoule dans le corps les mots qu’il faudrait pour le dire. Il fallait bien être capables de blessure, pour se tenir vis-à-vis des personnes victimes, recueillir ces mots qu’elles allaient chercher pour nous, pour nous accompagner plus que nous ne les accompagnions, nous accompagner vers le seul outil qui pouvait nous servir : le scalpel de la vérité. Ce n’est pas dans des chiffres que tient la vérité. C’est dans chaque récit de survie dont nous avons été dépositaires.

La seule voie d’infiltration de la vérité

“Retenir” est tout à la fois réducteur et nécessaire, en marge bruisseront toujours toutes les voix qui ne sont pas parvenues jusqu’à nous, les plus nombreuses. Tenir et retenir cependant, pour que cette blessure ne soit plus seulement la leur, mais la nôtre, notre blessure à tous. Être capable de blessure, voilà la seule voie d’infiltration de la vérité. Car, comme l’écrit Péguy, “il y a quelque chose de pire que d’avoir une âme perverse : c’est d’avoir une âme habituée”.

Nous défaire de “l’inorganique cuirasse de l’habitude” sur laquelle tout glisse, qui nous protège et nous ruine tout en même temps, qui nous sépare de ceux qui n’ont pas eu d’autre choix que de souffrir et à qui nous sommes tentés de parler par-dessus cette ligne de démarcation artificielle, voilà à quoi nous sommes tous engagés par l’Évangile.

Être “saisis aux entrailles”, pour reprendre un verbe récurrent des Évangiles, dont Jésus est lui-même le sujet, plongé plus souvent qu’à son tour dans les abîmes d’un mal vertigineux, renonçant à la tentation de s’y soustraire. N’est-il pas notre guide ? Cette blessure n’atteindra jamais les profondeurs qu’elle atteint chez celles et ceux qui ne la connaissent pas seulement par cœur, mais aussi par corps. Il est à ce titre indécent d’avoir tant voulu nous en prémunir. Simplement, elle nous rendra plus humains, et par là même, plus chrétiens.

Le rapport de la Ciase ouvre une blessure nécessaire, fondée sur la communion de ceux que la vérité dépouille. Le dépouillement, en Évangile, est une chance. Il nous redit la véritable puissance traduite par l’apôtre Paul dans sa deuxième lettre aux Corinthiens (12, 10) :“Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort.” Faibles et blessés, voilà notre force pour accueillir une vérité qui est aujourd’hui notre seule chance, tant sur le plan humain que sur le plan institutionnel. »

Marion Muller-Colard

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L’ÉGLISE APPELÉE À UNE TRANSITION FRATERNELLE. Rencontre avec Véronique Margron

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Véronique Margron, religieuse dominicaine, est théologienne moraliste et présidente de la Conférence des religieuses et religieux en France (Corref). Elle fut doyenne de la Faculté de théologie de l’Université catholique de l’Ouest à Angers, de 2004 à 2010. Son dernier livre, Un moment de vérité (Albin Michel,  2019), traite de la crise de la maltraitance dans l’Église catholique. Lors de RivEspérance 2021, elle participera à la grande table ronde du samedi matin avec Etienne de Callataÿ, Adelaïde Charlier et Elena Lasida. 

 

 

La crise de l’Église est-elle en lien avec la transition que vit notre société ? Y a-t-il une transition à mener dans l’Église ? 

Un lien structurel, je ne sais pas. Mais un lien avec les mutations de nos sociétés, notamment quant à la place des femmes, oui. L’Église vit une crise des positionnements dans l’Église, de la reconnaissance de la capacité de responsabilité de chacun. Et là, c’est assez lié à la transition dans nos sociétés. La place de la femme dans la structure hiérarchique n’est pas représentative de celle qu’elles ont dans de la société (même s’il y a encore, là aussi, des disparités). Dans l’Église, les femmes ne peuvent pas avoir les mêmes responsabilités que les hommes. Faut-il ordonner prêtres les femmes ? Je ne sais pas. N’y aurait-il pas un risque de nouveau cléricalisme ? La véritable question est : en quoi l’ordination a-t-elle à voir avec la responsabilité dans les communautés ? Faut-il que ce soit un prêtre qui soit vicaire général, par exemple ?

Il y a aussi la question démocratique. Notre société supporte mal les positions qui apparaissent trop autoritaires, même si elles sont fondées sur l’élection. Il y a un besoin de débat public, de s’approprier les décisions. Or, dans l’Église, il y a une réelle difficulté de clarté, de participation au débat, de visibilité dans le processus de décision.

 

 

Pourquoi la cause de l’Église vous tient-elle tant à cœur ?

Parce que j’en suis membre, et que j’ai fait profession religieuse (Véronique Margron est religieuse dominicaine, NDLR). Je pense, de plus, qu’il est très compliqué d’imaginer la transmission de l’Évangile sans collectif. Certes, ce qui fait renaître, ce sont d’abord les expériences individuelles, la justesse de la foi individuelle, mais ces expériences doivent être ensuite portées par un collectif. Il n’y a ni annonce ni transmission pensables sans communauté chrétienne organisée. Finalement, c’est l’Évangile qui me tient à cœur. Je voudrais qu’il puisse être vécu, raconté, expliqué, proclamé, qu’on en donne le goût. Et cela n’est pas possible sans institution. Au bout du compte, c’est la cause des gens qui me tient à cœur, les gens qui sont dans l’Église ou qui y ont été. 

 

Quel serait votre souhait, votre désir pour cette Église ?

Je rêve de plus de simplicité, d’une Église avant tout fraternelle, tournée vers l’extérieur, vers autrui, et non pas tant soucieuse d’elle-même, de sa ritualité, du nombre de ses pratiquants. Je voudrais que sa parole retrouve du crédit, qu’elle puisse être utile au débat commun, au bien commun, qu’elle soit un plus en terme d’espérance, porteuse d’élan, de courage. J’aimerais que l’Église n’ait pas peur du débat public, qu’elle apporte une pierre constructive et donne le courage d’avancer ensemble pour faire face aux apories d’aujourd’hui.

 

Et concrètement, quelle serait la priorité ?

Il y a beaucoup d’endroits où des choses, et même beaucoup, se font déjà. Nous ne sommes pas devant une table rase. Un des chantiers me semble être de rendre possible du débat interne, respectueux, argumenté. Que l’on ait un goût de la conversation, que cela devienne une habitude, au niveau paroissial, par exemple. Dans le cadre de la société, j’aimerais que l’Église ne soit pas, dans le meilleur des cas, respectée comme une vieille dame, ce qui n’a pas de poids, mais qu’elle entre dans la conversation et pour cela, qu’elle le pratique à l’intérieur. 

 

 

Et de la crise des abus dans laquelle vous êtes particulièrement investie, quel enseignement peut-on tirer ?

On se rend compte aujourd’hui combien le discours religieux, liturgique, théologique est gros de représentations qui ont participé à la culture des abus, au silence, à la sacralisation du prêtre, à une forme de surplomb. Il faut revisiter toute une part de la théologie (et pas seulement instiller un peu de morale) et cesser de considérer qu’une mystique est au-dessus de la loi. Le sacré – une catégorie peu biblique – accroît ce drame.

Cela m’enseigne aussi combien les histoires humaines peuvent être fracassées. Comment est-il possible que tant de monde ne s’en soit pas rendu compte ou n’ait pas voulu voir ? La culture du silence et du secret est un lourd péché. C’est une tragédie à l’intérieur de la tragédie, un scandale. Sans doute, dans la société civile, y a-t-il autant d’agresseurs, mais pas autant de victimes. Or, on a été obsédé par la position du prêtre avant de penser à la victime. 

Ces crimes relèvent du tu ne tueras pas du tu ne commettras pas l’adultère, mais aussi du commandement qui demande de ne pas utiliser à faux le nom de Dieu. Or, des abus ont été commis au nom de Dieu et de sa volonté. C’est effrayant. L’Église constitue une fraternité. Comment se fait-il que les frères soient devenus des pères ? On a reproduit le modèle familial avec un père, au lieu d’un modèle fraternel. Pourquoi ne parvient-on pas à tisser une vraie fraternité en Christ au nom d’un seul Père ? 

 

Recueilli par Charles Delhez sj

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