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Bienvenue dans le Doyenné de Dinant

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RADIO – Il était une foi… Philippe Vauchel, un artiste engagé

Publié le par Manu Van Lier )

RADIO – Il était une foi… Philippe Vauchel, un artiste engagé

Au moment de Pâques, le comédien et metteur en scène Philippe Vauchel a signé un texte repris dans l’ensemble du diocèse de Namur-Luxembourg. Ce texte débutait avec ces mots: « C’est bon que vous soyez là. Maintenant nous allons pouvoir nous taire ensemble. »

Lus sur les parvis des églises, les mots de Philippe Vauchel ont rappelé l’importance du lien entre les individus.

Artiste sensible, le hutois Philippe Vauchel scrute le monde qui l’entoure avec attention. Il en retire des créations théâtrales au ton personnel, qui placent souvent la mort au cœur des réflexions ou du débat.

Réalisation et présentation: Angélique Tasiaux et Manu Van Lier.

A lire sur cathobel:

Le texte de Philippe Vauchel est à retrouver dans l’article « Une joie pascale qui s’affiche »

Le portrait de Phillippe Vauchel: Philippe Vauchel – L’essentiel n’est-il pas dans la digression ?

Emission diffusée dimanche 13 juin à 20h sur la Première (RTBF).
 
 

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L'editorial de notre doyen Philippe Goffinet.

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L'editorial de notre doyen Philippe Goffinet.

Dans le bulletin de mai, je vous parlais de la réouverture des terrassesNous y sommes maintenant et notre bonne ville de Dinant a vu la Croisette retrouver ses habitués. Malheureusement, la météo hivernale et pluvieuse n’a pas permis de faire le plein espéré. Et si le soleil daignait faire son apparition, il valait mieux avoir revêtu la doudoune et commander du vin chaud ! Indispensables nos terrasses comme nos cafés du commerce pour refaire le monde et le repeindre aux couleurs de l’espérance. Tous les signaux sont au verre ! Il est bon d’entendre quelqu’un qui après avoir bu quatre « Orvals » vous lancer la langue pâteuse dans un jet de postillons : "Moi je vais te dire ce qu'est le VRAI problème du cornavirus ou « Les épidémiologistes, tous des nuls, moi je vais te dire la VRAIE solution ». Sans nos terrasses et nos bistrots, le monde serait en panne d’imagination. Mais attention tout de même à ne pas confondre les chopes avec le gel hydroalcoolique ! Un moment d’inattention est vite arrivé, surtout en fin de journée.

 

L’ouverture des terrasses a quelque peu occulté le drame qui continue à se jouer au Moyen-Orient. Si les missiles et les roquettes ont cessé de tomber sur Gaza et les villes israéliennes, la bande de Gaza surpeuplée est un champ de ruines et des innocents y ont laissé la vie, victimes collatérales de cette nouvelle poussée de violence. Rien n’est réglé : le Hamas pavoise en affirmant avoir tenu la dragée haute à Israël suréquipé militairement et Israël, appuyé par les Etats Unis, affirme son droit à se défendre même avec des ripostes disproportionnées. L’Amérique de Biden est bien décevante car elle continue à soutenir un Netanyahu très affaibli politiquement, et qui s’est allié à des gens de l’extrême droite qui n’hésitent plus à hurler : « Mort aux arabes ! ». La politique de colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem Est s’intensifie et la solution de l’ONU à deux Etats souverains s’éloigne encore un peu plus. Sans compter que l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas craint pour sa survie politique et renvoie sans cesse les élections aux calendes grecques. Mais ce que ce nouveau conflit a révélé, c’est le malaise grandissant des Arabes Israéliens (surtout à Jérusalem Est et dans le nord du pays) qui sont citoyens de l’Etat d’Israël depuis 1948 (année de la fondation d’Israël)), mais des citoyens de seconde zone qui n’ont finalement pas les mêmes droits que les citoyens juifs. Ils sont aussi palestiniens, solidaires de leurs frères de Cisjordanie et de Gaza, mais misant plutôt sur le dialogue que sur la violence. Ils commencent à récuser l’appellation habituelle d’Arabes israéliens et préfèrent se définir comme palestiniens de l’intérieur. Ce malaise s’est encore amplifié quand, dans des villes comme Haïfa et Lod où juifs et arabes vivent habituellement en bonne entente, des bagarres ont éclaté entre eux : des magasins arabes ont été détruits par des extrémistes juifs et on a même assisté en direct à un lynchage d’un citoyen arabe. Ainsi la révolte gronde au sein même de la société israélienne. Et la politique menée par Netanyahu n’a pas réussi à calmer le jeu, au contraire. En s’alliant à la droite extrême, il renforce l’idée qu’Israël est un Etat-nation pour les juifs et qu’il n’y a pas de place pour ceux qui ne le sont pas. Il devient dès lors difficile de comprendre qu’Israël soit un état vraiment démocratique ! Mais dire cela, c’est courir le risque d’être traité d’antisémite !  Toutefois, mettre en cause la politique de l’Etat d’Israël est une chose et avoir de l’estime pour les juifs qui sont nos frères aînés dans la foi en est une autre.

 

Le Cardinal Josef De Kesel, Primat de Belgique, vient de donner plusieurs interviews à l’occasion de la sortie de son livre Foi et religion dans une société moderne, Salvator, 144 p. Pendant plusieurs mois, il s’était mis en retrait pour soigner un cancer des intestins qui a nécessité trois interventions chirurgicales et une lourde chimio. Il met par écrit le fruit d’une longue réflexion commencée dans les années 80. Sa conviction profonde : « l’Église n’est pas un monde à côté du monde : elle partage les joies, mais aussi les angoisses de notre temps. Elle est intimement liée au destin de l’humanité : elle ne peut trouver son identité sans cette relation, sans cette ouverture au monde. » Comme le pape François dont il est proche, le cardinal n’a cessé de revenir sur cette nécessaire ouverture de l’Église, qui ne l’empêche nullement de proposer la foi chrétienne. L’Église se doit d’accueillir toute personne qui frappe à sa porte, sans la juger, en la considérant pour ce qu’elle est et non comme « une clientèle » : « le plus important pour l’avenir de l’Église est de soigner la qualité de la rencontre, de respecter l’altérité. Dieu est à l’œuvre dans chaque personne humaine. Il est patient. Ce n’est pas à l’Église de juger.  Ne négligeons pas la présence de l’Esprit dans l’œuvre de Dieu : c’est le grand oublié… » A la suite de François, il aime redire :  « le danger n’est pas d’être peu nombreux, mais d’être insignifiants. »  Cela veut dire que l’Eglise peut continuer à être missionnaire. Mais la question est de savoir comment l’être. Le cardinal met en garde contre une tentation de voir la mission de l’Eglise dans l’organisation de « campagnes publicitaires » ou « d’initiatives de recrutement ». Il insiste surtout sur la nécessité pour l’Eglise d’annoncer l’Évangile, ce qui signifie être présent au monde et proclamer la Parole de Dieu. « L’Eglise de demain sera plus modeste et plus humble », ajoute le cardinal. Et Il poursuit : « On risque le prosélytisme quand l’annonce de l’Évangile se fait sans respect de l’autre, avec le seul souci de recruter. C’est l’amitié qui évangélise. La rencontre a du sens en elle-même : ce n’est pas une tactique missionnaire. Je voudrais que les personnes en contact avec l’Eglise soient bien accueillies, respectées, écoutées, sans jugement. N’oublions pas  qu’il y a ce que je peux faire et ce que Dieu fait : je peux témoigner, rencontrer, être ce que je suis, mais je peux pas donner la foi à un autre. C’est le Seigneur. L’Esprit Saint est à l’œuvre et il ne dépend pas de l’expansion de l’Eglise ».  Un cardinal proche de la spiritualité franciscaine et très bergoglien. Un livre à s’offrir pour les vacances.

 

Philippe Goffinet

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Onzième dimanche dans l’année

Publié le par Philippe Goffinet

La tradition biblique recourt volontiers à des images fortes pour tenter de saisir la manière dont Dieu intervient dans l’histoire mouvementée de son peuple. Des images parfois un peu surréalistes comme celle du cèdre que nous offre aujourd’hui le prophète Ezéchiel. André Wénin n’hésite pas à dire qu’Ezéchiel est le plus belge des prophètes !

 

Ainsi parle le Seigneur Dieu : « À la cime du grand cèdre, je prendrai une tige ; au sommet de sa ramure, j’en cueillerai une toute jeune, et je la planterai moi-même sur une montagne très élevée.
Sur la haute montagne d’Israël je la planterai. Elle portera des rameaux, et produira du fruit, elle deviendra un cèdre magnifique. En dessous d’elle habiteront tous les passereaux et toutes sortes d’oiseaux, à l’ombre de ses branches ils habiteront. Alors tous les arbres des champs sauront
que Je suis le Seigneur : je renverse l’arbre élevé et relève l’arbre renversé, je fais sécher l’arbre vert
et reverdir l’arbre sec. Je suis le Seigneur, j’ai parlé, et je le ferai. » (Ez 17,22-24)

 

Pour comprendre cette parabole, il nous faut brièvement la replacer dans son contexte. Nous sommes en 597 acn et Nabuchodonosor, roi de Babylone, a fait main basse sur la ville de Jérusalem ; il a déporté le roi et une partie de ses habitants et le prophète Ezéchiel fait partie du convoi des exilés. En 587, lors d’une deuxième vague, la ville de Jérusalem est pillée, le temple détruit et un nouveau contingent d’exilés part pour Babylone. C’est la catastrophe totale : plus de terre, plus de roi, plus de temple. Voilà un peuple en exil qui a perdu tout espoir et qui s’est fait à l’idée que Dieu l’a complètement abandonné. L’alliance est rompue et l’espérance est morte. Mais Ezéchiel sera l’homme de la situation et aura pour mission de réveiller l’espérance auprès de ses compatriotes. Dieu n’abandonne pas ce peuple qu’il a lui-même enfanté et éduqué pour qu’il soit SON peuple… même s’il lui donne des cheveux blancs !  Parce qu’il l’aime. Bien sûr, si le peuple vit maintenant l’exil, c’est aussi de sa faute. Mais Dieu ne veut pas en rester là et il va reprendre l’histoire interrompue par l’exil et donner à nouveau un avenir à son peuple. Ezéchiel,  pour maintenir éveillée cette espérance, se lance dans une parabole.  Le grand cèdre est le symbole de la dynastie royale (La Fontaine aurait pris l’image du lion pour parler du roi !). Le roi en exil est comme un cèdre renversé (comme on renverse un roi), un arbre desséché. Et voilà que Dieu va prendre une tige tendre sur la ramure du cèdre pour la planter sur une montagne très élevée, c’est-à-dire Jérusalem. En clair : le retour au pays et la restauration du royaume de Jérusalem. Et ce royaume est promis à un bel avenir car le cèdre deviendra un arbre magnifique à telle enseigne que tous les passereaux du monde et toutes sortes d’oiseaux viendront se reposer à l’ombre de ses branches. «  Tous les arbres des champs », c’est-à-dire le monde entier, saura que « Je suis le SEIGNEUR ».  Israël est rétabli dans sa mission qui est de faire connaître le nom du Seigneur à toutes les nations (ouverture à l’universel). L’élection est toujours une mission à remplir.  Mais la finale du passage pourrait laisser entendre que ce SEIGNEUR agit au gré de ses caprices : «  Je renverse l’arbre élevé et relève l’arbre renversé, je fais sécher l’arbre vert et reverdir l’arbre sec ».  Il y aurait de quoi s’inquiéter et de méfier d’un Dieu pareil. Mais c’est plutôt une invitation à la confiance : rien n’est impossible à Dieu. Et la visée de la parabole est bien d’annoncer que Dieu est à l’œuvre et qu’il n’a pas abandonné son peuple à son triste sort. Il fera reverdir l’arbre sec !

 

Jésus s’inscrit dans cette grande tradition biblique et,  comme Ezéchiel, il va lui aussi utiliser des paraboles pour parler du Royaume de Dieu. Mais de quoi s’agit-il ? La question mérite d’être posée. Voilà une expression courante de notre vocabulaire chrétien, mais dont la signification profonde nous échappe un peu tant elle est parasitée par des connotations plus politiques que spirituelles. Et pourtant, nous devinons que Jésus n’a pas utilisé cette expression par hasard et qu’elle voulait dire pour lui quelque chose d’essentiel de la relation de Dieu avec nous et de nous avec lui. Mais pour en parler, il ne se risque pas à en faire une description, il recourt à des petites histoires et des images tirées de la vie quotidienne de son terroir. Le Règne ou le Royaume de Dieu, c’est comme… Aujourd’hui, la parabole de la semence qui pousse toute seule et celle de la graine de moutarde.

 

En ce temps-là, parlant à la foule, Jésus disait : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. »

Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ? Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »

Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier. (Mc 4,26-34).

C’est comme un homme qui jette en terre la semence. La Parole (et toute sa personne)  de Jésus  tombe dans la terre humaine. Elle va faire son travail toute seule… en prenant son temps… au rythme de chacun en le labourant en profondeur jusqu’au temps de la moisson où l’on récoltera les fruits. L’évangélisation (semer la Bonne Nouvelle) est capitale, mais personne n’est maître de ce que la semence produira comme fruits. Jésus parle du temps long de la germination et de la croissance par des chemins qui souvent nous échappent un peu. Ce temps long nous désarçonne car nous sommes soucieux de rentabilité. C’est souvent vécu comme un drame par des parents, des éducateurs, des prédicateurs et des catéchistes… qui n’arrivent pas à transmettre leur foi. Mais une foi peut-elle se transmettre ? Ce qui peut l’être, c’est le témoignage de vie qui devient contagieux et suscite une interrogation sur la source dont il provient. Patience donc… Dieu est à l’œuvre et nous ne maîtrisons rien ! La croissance du règne de Dieu dans le cœur des gens, c’est l’affaire de Dieu qui s’occupe de la fécondité et de la vitalité de la semence. La parabole de la graine de moutarde insiste sur le contraste entre la petitesse des commencements et la grandeur de la plante qui va accueillir des oiseaux dans ses branches. Invitation à faire confiance et à savoir attendre dans la patience. «  On ne fait pas grandir des poireaux en tirant sur les queues », disait un vieux doyen à un évêque pressé de mettre en route des réformes et qui voulait du résultat ! Il ne sert à rien de s’agiter, de s’inquiéter et de se morfondre. Il s’agit de ne pas faire obstacle à la croissance de la Parole de Dieu qui finira bien par trouver de la bonne terre pour porter du fruit. La patience est un fruit de l’Esprit !

Philippe Goffinet

13 juin 2021

 

 

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Les Chemins d’Ariane cherchent des jeunes bénévoles

Publié le par Vincent Faber

 Les Chemins d’Ariane cherchent des jeunes bénévoles

Nous nous permettons de faire appel à vous pour relayer via vos réseaux auprès de vos jeunes en paroisses, une demande de Vincent Faber, responsable de la pastorale au Chemins d’Ariane de Ciney.

Il est à la recherche de jeunes bénévoles (14-26 ans) pour accompagner des jeunes en situation de handicap des Chemins d’Ariane de Ciney en camp dans les Vosges du 16 au 23 juillet. Aucune formation initiale n'est demandée.
En cette période de confinement, le recrutement de jeunes bénévoles est très difficile. Il lance donc un appel à l’aide à toutes les personnes en contact avec des jeunes pour faire connaître ce séjour plus qu’indispensable aux adolescents et jeunes adultes de son institution.
Vous trouverez de plus amples informations ainsi qu’un petit film de présentation à l’adresse http://volontariatcda.be/VOSGES_Camp.html. Vincent Faber peut aussi vous envoyer des affiches. Il vous suffit d’en faire la demande par courriel (Vincent.Faber@dblourdes.be). N’hésitez pas non plus à relayer les annonces disponibles sur la page Facebook des Chemins d’Ariane https://www.facebook.com/IMSCiney40.

Soyez d’ores et déjà remerciés pour votre aide !

Le Service de Communication du diocèse de Namur

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Mgr Pizzaballa : « Construire des ponts plutôt que de garder des murs »

Publié le par Christophe Lafontaine

Sa Béatitude Pierbattista Pizzaballa, le Patriarche latin de Jérusalem © Hadas Parush/Flash90

Sa Béatitude Pierbattista Pizzaballa, le Patriarche latin de Jérusalem © Hadas Parush/Flash90

Prenant le contre-pied du nom de l’opération israélienne en cours, « Gardiens des murs », le Patriarche latin de Jérusalem redit que l’Eglise ne cesse d’appeler à « construire des ponts » ! Interview sur la situation.

 

Terresainte.net : Pensez-vous que l’escalade de violence va durer ?

Mgr Pizzaballa : Nous vivons dans un pays où les choses imprévisibles sont beaucoup plus nombreuses que celles qui sont prévisibles. Tout dépendra des décisions et considérations politiques que les deux parties suivront et prendront en compte. Vu l’évolution de la situation, je pense que la violence a été beaucoup plus grande que d’habitude et elle produira des blessures qui, à mon avis, vont prendre plus du temps pour guérir. La situation que nous connaissons ces jours-ci, en particulier dans les villes arabo-juives, est le résultat d’années de politique de mépris, que les mouvements de droite ont de plus en plus encouragée. Si les dirigeants politiques et religieux ne commencent pas à changer ces attitudes, la situation va se détériorer. Le mépris ne peut que produire de la violence.

Qu’est-ce qui vous atteint le plus dans votre cœur de Patriarche latin à Jérusalem face à l’opération israélienne « Gardiens des murs » ?

Ce qui ne me laisse pas du tout à l’aise – en plus de l’idée de la guerre elle-même bien sûr- c’est d’afficher ainsi un désir de « garder les murs » [ndlr : en référence au nom de l’opération israélienne débutée le 10 mai « Gardiens des murs »], alors que nous ne cessons d’appeler à « construire des ponts » ! Cela veut dire, malheureusement, qu’on est encore loin des possibilités d’une paix durable, et non simplement d’un armistice ou d’une situation de limbes politiques. Mais nous n’abandonnons pas. Il y en a beaucoup, dans la société israélienne et arabe, avec qui nous pouvons construire des ponts. Et nous le ferons !

Nous avons interrogé avant-hier la paroisse de Gaza, comment réagissent aux violences vos autres fidèles en Israël comme en Palestine ? Que leur dites-vous, que faites-vous ?

Il y a toujours ces sentiments de peur, d’incertitude et d’un avenir de plus en plus inconnu et insécurisé ! Faut-t-il plus que cela pour comprendre le désir de beaucoup de nos chrétiens d’émigrer ? Bien sûr, l’Eglise a toujours aidé et elle veut continuer de le faire, mais les besoins dépassent largement nos capacités ! Le manque de touristes et de pèlerins [ndlr : à cause de la pandémie] n’a fait qu’augmenter le problème économique et du coup aussi les problèmes dans les familles qui ont du mal à trouver la sécurité économique nécessaire pour leur stabilité. Je ne peux pas nier que la frustration est grande.

Regrettez-vous que la communauté internationale n’ait pas suffisamment pris position sur la question des expulsions de Sheikh Jarrah ?

Je pense que la communauté internationale a d’autres priorité actuellement que ces problèmes propres au conflit Israélo-palestinien. Le Covid, les crises économiques, sociales et politiques se multiplient partout, et laissent peu de temps et d’envie à la communauté internationale de se mêler au conflit en Terre Sainte.

J’ajouterais également que je n’ai jamais compris ce qu’est exactement la communauté internationale. Il est certain que, dans tous les cas, les pays étrangers pourraient aider à trouver des solutions, mais ils ne peuvent pas remplacer les interlocuteurs locaux. Tant que les Palestiniens et les Israéliens ne se parlent pas, personne ne peut faire quoi que ce soit pour améliorer la situation.

Pour le quartier Sheikh Jarrah, l’un des points de départ de la crise actuelle, y-a-t-il des maisons habitées par des chrétiens qui sont concernés par le projet d’expulsion ?

Non, à ma connaissance, je ne pense pas.

Et plus généralement, y-a-t-il eu récemment des maisons de chrétiens confisquées par des autorités israéliennes ?

Le problème de confiscations touche plus les terrains, surtout dans les zones dites « C » [ndlr : sous contrôle sécuritaire et administratif exclusif de l’État hébreu]. Mais il y aussi des cas où des familles chrétiennes qui bâtissent dans ces zones-là, sur leurs terrains, se trouvent dans une situation illégale pour Israël, et il peut arriver que leur maison soient détruites par les autorités israéliennes.

 

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Brochure des pèlerinages namurois.

Publié le par Yvan Tasiaux

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Soyons soigneux en toute chose

Publié le par J. Casanave, prêtre

Soyons soigneux en toute chose

« Vivement que l’on revienne au monde d’avant le virus que nous puissions travailler, transformer, produire, nous amuser, voyager, consommer, nous embrasser, nous serrer la main, nous démasquer ! » Malheureusement « avant » ne reviendra pas tel qu’il a été. Avant a fait son temps. Avant est passé. Fini le temps de la démesure et du profit permanents. Nous savons désormais qu’ils sont l’antichambre d’un suicide collectif. « Le monde d’après » sera le monde de la limite consentie et du soin attentif, les deux étant liés.  


En ce qui concerne les limites, il faudra certainement rédiger une charte universelle des droits de la terre équilibrant celle des droits de l’homme. Et pourquoi ne pas ajouter une « charte des droits de Dieu »,  signée par toutes les religions, formulée dans une nouvelle traduction du décalogue qui ciblera clairement les impasses culturelles, économiques, génétiques ou numériques dans lesquelles nous sommes tentés de nous engouffrer. Le premier de ces commandements pourrait être celui-ci: « Tu ne joueras pas au Dieu qui sait tout, qui veut tout et qui peut tout ». 


 Contrairement à une interprétation simpliste de la sentence de Platon, l’homme seul n’est pas « la mesure de toutes choses ». L’homme est un sujet de l’humanité ; l’humanité est tributaire du cosmos. Qui a les clefs de leurs destinées ? 


Quant au soin, il faudra le prodiguer d’abord aux êtres humains pour que de loups masqués et solitaires ils deviennent des frères, à la terre afin qu’elle soit  nourricière et non cimetière, à  Dieu lui-même pour que notre tombe s’ouvre en berceau, à l’Eglise pour qu’elle soit  son « image et sa ressemblance » et non son visage profané ou son portrait fané. Un soin particulier sera réservé aux enfants et aux jeunes qui exigera une refonte totale du système éducatif  car rien de durable ne s’élabore sans l’appui d’une culture commune.


Mesure enfin, car on soigne mieux une personne connue qu’un couloir bondé d’urgences, un jardin clôturé  qu’un océan d’hectares.  Soyons soigneux en toute chose !

 

 

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L’Eglise, un acteur culturel responsable.

Publié le par Christian Pacco

L’Eglise, un acteur culturel responsable.

Le patrimoine religieux est en danger

L’actualité récente à la collégiale Sainte-Waudru à Mons nous pousse à nouveau à réfléchir au sens du patrimoine religieux et au rôle de l’Eglise dans ce domaine. Nous sommes conscients qu’aujourd’hui, plus que jamais, le patrimoine religieux est en danger. L’évolution de notre société en général, la baisse quantitative des moyens humains au sein de l’Eglise catholique, le fonctionnement complexe des fabriques d’église, entre autres causes, affectent la surveillance des bâtiments et de leur contenu et augmentent le risque de dégradation mais aussi de vandalisme ou de vol.

C’est dans l’église que le patrimoine trouve son sens

Et pourtant, la conservation du patrimoine religieux trouve tout son sens à l’intérieur même des édifices avec lequel les œuvres d’art constituent un ensemble signifiant. La cohérence patrimoniale apportée par la conservation in situ concourt à la valorisation à la fois culturelle et pastorale d’un bâtiment qui doit être accessible à tous. Elle permet une réappropriation communautaire d’un lieu historique d’expérience sociale et spirituelle.

Préserver le patrimoine représente un défi nouveau pour l’Eglise, une lourde responsabilité mais aussi une opportunité. Au-delà de la simple conservation, l’enjeu est celui de la culture chrétienne, culture qu’il importe de rendre vivante et dynamique tant pour la compréhension que pour la construction d’une société multiculturelle en pleine mutation.

Création du CIPAR et aide aux fabriques

Conscients de ces enjeux et de ces difficultés, les évêchés francophones ont mis en place des services de patrimoine qui encadrent les fabriques. Les évêques ont en outre suscité la création du CIPAR (Centre interdiocésain du patrimoine et des arts religieux) avec l’appui de la Région wallonne (AWaP) et de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le CIPAR définit les stratégies et fournit des outils communs en matière de protection du patrimoine. Sa première mission est d’aider les fabriques dans leur obligation de réaliser l’inventaire de leur mobilier. Un logiciel élaboré en collaboration avec l’IRPA est proposé aux fabriques et fait l’objet de formations dispensées sur place. La politique d’inventaire va s’accompagner d’un programme de sécurisation des édifices religieux qui tienne compte des défis patrimoniaux mais aussi d’une plus grande accessibilité au public.

Le centre développe également une expertise dans les différents domaines de l’art religieux en organisant des journées d’étude et en publiant des brochures de recommandations pratiques. Ces publications sont accompagnées d’expositions didactiques qui voyagent dans différentes églises afin de toucher un large public. Après la conservation des textiles, de l’orfèvrerie ou de la sculpture en bois, le CIPAR aborde cette année le domaine du vitrail.

Enfin, le CIPAR met en place un réseau d’églises à trésor. Plus d’un tiers des œuvres mobilières classées à titre de trésor par la Fédération Wallonie-Bruxelles est aux mains de structures d’Eglise qui ne disposent pour cela ni de compétences ni de financement. Le réseau veut partager les expériences de gestion et assurer une promotion commune de ces œuvres majeures.

Des mesures à prendre

Malgré ces initiatives, le chantier est encore vaste. Nous voulons insister sur les points suivants :

 

  • Les diverses législations sur le patrimoine ou le fonctionnement des fabriques protègent trop peu le patrimoine des églises. Des dispositions législatives ou simplement règlementaires devraient prendre en compte une réalité administrative particulière et préciser les fonctions et les limites des différents acteurs.
  • L’aide aux fabriques d’église doit être renforcé. Historiquement, les fabriques ont pour mission l’organisation du culte catholique. Des générations de fabriciens ont rempli cette tâche avec un grand dévouement. Aujourd’hui, dans les faits, les fabriques deviennent aussi de plus en plus des gestionnaires de patrimoine, sans pour autant en avoir les compétences ni les ressources. Elles doivent être aidées dans cette nouvelle mission. C’est un rôle que le CIPAR veut remplir, il ne pourra le faire qu’en collaboration étroite avec les pouvoirs publics.
  • Une meilleure concertation doit s’installer entre les communes et les évêchés dans l’entreprise de travaux dans les églises. Ces projets, souvent coûteux, doivent s’inscrire dans une vision pastorale et patrimoniale à long terme, faute d’être désordonnés ou inappropriés.

En conclusion, les autorités ecclésiales réalisent les enjeux liés au patrimoine religieux et les responsabilités qui lui incombent. Elles souhaitent renforcer dans cette mission les liens avec les pouvoirs publics et les institutions compétentes. In fine, l’Eglise veut assumer pleinement sa fonction d’acteur culturel à part entière.

 

Christian Pacco

Administrateur-Délégué du CIPAR

 www.cipar.be

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Les Belges sont croyants, mais pratiquants peu réguliers

Publié le par Anne-Françoise de Beaudrap

 

Dans la grande tradition des sondages religieux, Olivier Servais a présenté avec Justine Vleminckx, doctorante de l’UCLouvain, les principaux résultats d’une enquête sur les valeurs et la quête de sens. Les réponses divergent selon l’âge des personnes interrogées.

Nouveau tableau des questions de sens chez les Belges francophones. Le magazine l’Appel a fait réaliser un sondage par la société Sonecom auprès d’un échantillon représentatif de 650 Belges francophones de plus de 16 ans. Précision importante : l’enquête conçue et supervisée par Olivier Servais (UCL) a été réalisée courant 2019, en amont de la crise du Covid19. Il sera intéressant et instructif de voir si les résultats auront évolué après que les épreuves de la maladie, du deuil mais aussi de la solidarité au sein de nos sociétés aient été imposés.

 

De quelle religion ou de quel courant philosophique les Belges interrogés se revendiquent-ils ?

46% d’entre eux se déclarent de l’une ou l’autre branche du christianisme (catholicisme très majoritairement, mais aussi quelques pourcentages de protestants et orthodoxes).  A cette question, 35% se déclarent athées ou agnostiques. Plus bas dans le tableau, on constate que les répondants ont souffert de quelques imprécisions dans leurs identités confessionnelles, certains indiquent « islam plus une autre religion » par exemple. A part les trois premières réponses qui rassemblent le plus grand pourcentage, les autres identités religieuses se partagent moins de 3% des déclarations de ce sondage.

Les statistiques ont ensuite été différenciées en fonction de l’âge du répondant. Les 65 ans et plus se sont majoritairement déclarés catholiques (56%) et seulement 27% athées et agnostiques. A l’inverse, chez les moins de 25 ans, c’est le courant de l’athéisme ou de l’agnosticisme qui obtient le plus de réponses (52%), suivi des musulmans (14%)°; Les catholiques viennent bien après, avec seulement 11% des répondants de moins de 25 ans.

La prise de distance par rapport à la pratique religieuse se confirme dans la suite du sondage. A 77% les Belges interrogés déclarent ne pas appartenir à une communauté religieuse ou spirituelle. Puis, en détaillant les 23% de pratiquants, une personne interrogée sur 10 participe à la vie religieuse une fois par semaine au moins, 4% seulement aux occasions particulières, autant n’y vont qu’une fois par mois…

 

Sur quels sujets les Belges s’interrogent-ils en matière religieuse et philosophique ?

 

Parmi les principales réponses, les personnes interrogés posent la question de la vie après la mort, mais aussi de « ma propre nature intérieure ». La place de l’humain dans un monde en transformation est cité en troisième lieu, tout autant que « le destin et le devenir des humains » ou encore « la place de l’humain dans l’ordre de la nature ». Ces questions sont principalement soulevées lorsqu’un évènement dramatique survient pour un proche (décès, accident ou maladie). Comme l’analyse le magazine l’Appel qui commandait ce sondage, « les drames (et les bonheurs) qui nous touchent de près incitent toutes les catégories d’âges à se poser des questions de sens. »

Les Belges ont ensuite été interrogés sur les valeurs les plus importantes à leurs yeux. L’amour a presque toujours été cité, de même que la liberté, suivi un peu plus tard de la justice ou de la fraternité. Les valeurs plus religieuses comme la foi, la spiritualité n’arrivent qu’en bas de liste. Sur cette question, les tranches d’âges n’ont pas la même sensibilité: les moins de 25 ans placent la liberté en première position, alors que tous les répondants des âges supérieurs répondent l’amour en premier.

Le sondage portait ensuite sur ce qui est plus ou moins important dans la vie quotidienne. Les réponses sont tiraillées entre l’envie de « vivre en harmonie avec soi-même » d’un côté et la volonté d’ « être au service des autres ». Être à l’écoute de son corps et de ses besoins, puis s’ouvrir et se relier aux autres sont les réponses citées ensuite. Intériorité et altruisme se succèdent, et se complètent selon ce sondage.

 

Comment cette quête spirituelle se traduit-elle chez les Belges interrogés ?

Les motifs pour lesquels les répondants s’engagent dans cette recherche spirituelle sont très différents: à 23%, il s’agit de trouver la paix intérieure; à 21% d’œuvrer à un monde meilleur, à 12% d’éprouver des sensation de plénitude et de bien-être… Cette quête passe par des temps de silence, ainsi que par la prière ou la méditation. 31% des répondants disent prier tous les jours (38% ne prient jamais). A l’inverse le geste d’allumer une bougie ne correspond plus à une pratique « religieuse » habituelle, puisque 54% des répondants disent ne jamais allumer une bougie ni faire brûler de l’encens, 13% le font occasionnellement, et seulement 5% tous les jours.

Quand les personnes interrogées veulent s’entretenir de questions spirituelles, elles se tournent d’abord vers leurs familles ou leurs amis. Les conseillers spirituels (prêtre, imam, rabbin…) n’arrivent qu’en quatrième place.

En conclusion, le professeur Olivier Servais relève que « la mobilité religieuse est devenue une pratique intégrée chez nos contemporains ». Les Belges interrogés sont moins fidèles à leurs religions d’origines, cela se vérifie notamment chez les moins de 25 ans.


 

Les Belges sont croyants, mais pratiquants peu réguliers

Source: L'Appel n°434 - 02/2021

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Petites histoires d'hier et d'aujourd'hui. A propos des saints.

Publié le par Jules Piette

 

 

 

 

 

 

Je m’étais donc ceint d’une de mes casquettes irlandaises.

Pourquoi me ceins-je si volontiers alors que ma coiffe naturelle me protège bien mieux. Et d’une casquette encore ?

Eusses-tu préféré que je me ceignisse d’une tiare ou d’une couronne de gui ?

C’est le sein qui, cette nuit, m’a poursuivi dans mes songes. « Cachez ce sein que je ne saurais voir ».

 

Bof, aujourd’hui, on ne cache plus grand-chose. Et les saints ne sont plus guère honorés.

 

Cachez ces saints qu’on n’a plus envie de voir.

 

C’était hier l’anniversaire du décès du frère Mutien, 1917, 104 ans et le naufrage d’une dévotion populaire vers l’oubli presque total. Je me souviens des files d’autocars devant le collège, du magasin de médailles et cartes où était collé un éclat prétendu du cercueil de celui qui était encore bienheureux. Du plantage magistral lorsqu’un Pape, qui devait se recueillir sur place, avait glissé sur la savonnette dans sa baignoire romaine…

La pandémie ? Pas seulement, les saints n’ont plus la cote !

Quelques-uns encore restent en superstition tenace, en grigris illusoires, en dernier espoir. Sainte Rita, Saint-Antoine, le champion des lunettes égarées et des clés perdues.

Mais tant de coutumes se sont évaporées : il y a bien longtemps que je n’ai plus vu la bénédiction de voitures dans mon village, le jour de la Saint-Christophe.

Et à Sart-Saint-Laurent, à la fontaine bénie, plus aucune maman n’a plongé son nouveau-né dans l’eau sacrée pour lui éviter les convulsions ou les maladies enfantines.

Mais tiens, la bonne idée : j’irais bien me tremper un beau matin dans ce jus miraculeux en attendant un vaccin qui se refuse !

 

Avec l'aimable autorisation de Jules Piette, ancien professeur à St Berthuin à Malonne.

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Extraits d'une interview du philosophe Edgar Morin.

Publié le

Extraits d'une interview du philosophe Edgar Morin.

À 99 ans, le penseur français EDGAR MORIN a accordé une interview.

 

′′ J'ai été surpris par la pandémie mais dans ma vie, j'ai l'habitude de voir arriver l'inattendu. L'arrivée de Hitler a été inattendue pour tout le monde. Le pacte germano-soviétique était inattendu et incroyable. Le début de la guerre d'Algérie a été inattendu. Je n'ai vécu que pour l'inattendu et l'habitude des crises. En ce sens, je vis une nouvelle crise énorme mais qui a toutes les caractéristiques de la crise. C'est-à-dire que d'un côté suscite l'imagination créative et suscite des peurs et des régressions mentales. Nous recherchons tous le salut providentiel, mais nous ne savons pas comment.

 

Il faut apprendre que dans l'histoire, l'inattendu se produit et se reproduira. Nous pensions vivre des certitudes, des statistiques, des prévisions, et à l'idée que tout était stable, alors que tout commençait déjà à entrer en crise.

 

On ne s'en est pas rendu compte. Nous devons apprendre à vivre avec l'incertitude, c'est-à-dire avoir le courage d'affronter, d'être prêt à résister aux forces négatives.

 

La crise nous rend plus fous et plus sages. Une chose et une autre. La plupart des gens perdent la tête et d'autres deviennent plus lucides. La crise favorise les forces les plus contraires. Je souhaite que ce soient les forces créatives, les forces lucides et celles qui recherchent un nouveau chemin, celles qui s'imposent, même si elles sont encore très dispersées et faibles. Nous pouvons nous indigner à juste titre mais ne devons pas nous enfermer dans l'indignation.

 

Il y a quelque chose que nous oublions : il y a vingt ans, un processus de dégradation a commencé dans le monde. La crise de la démocratie n'est pas seulement en Amérique latine, mais aussi dans les pays européens. La maîtrise du profit illimité qui contrôle tout est dans tous les pays. Idem la crise écologique. L'esprit doit faire face aux crises pour les maîtriser et les dépasser. Sinon nous sommes ses victimes.

 

Nous voyons aujourd'hui s'installer les éléments d'un totalitarisme. Celui-ci n'a plus rien à voir avec celui du siècle dernier. Mais nous avons tous les moyens de surveillance de drones, de téléphones portables, de reconnaissance faciale. Il y a tous les moyens pour surgir un totalitarisme de surveillance. Le problème est d'empêcher ces éléments de se réunir pour créer une société totalitaire et invivable pour nous.

 

À la veille de mes 100 ans, que puis-je souhaiter ? Je souhaite force, courage et lucidité. Nous avons besoin de vivre dans des petites oasis de vie et de fraternité."

 

Extraits sélectionnés par Rosa Freire d'Aguiar.

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Le pape François invite à communiquer en rencontrant les gens là où ils sont.

Publié le par Cathobel

Le pape François invite à communiquer en rencontrant les gens là où ils sont.

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