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Editorial "Rouvrir les terrasses !"

Publié le par Philippe Goffinet

« Rouvrir les terrasses ! » Voilà le nouveau slogan qui est à la une de tous les médias depuis presque un mois. Il en va de la survie de la Belgique qui, comme chacun sait, connaît un climat particulièrement chaud qui invite les belges à vivre à l’extérieur à l’image de l’Espagne ou de l’Italie ! Mais plus sérieusement, cette demande apparaît comme une bouffée d’oxygène dans un confinement qui commence à peser lourdement. Et la demande est d’autant plus fondée dans notre bonne ville de Dinant qui, chaque WE quel que soit le temps et durant les vacances, a vu déferler des milliers de visiteurs qui arpentent la Croisette, mettent un cierge à la collégiale avant de prendre le téléphérique. Mais la galère commence quand il s’agit de trouver un coin pique-nique ou tout simplement satisfaire un besoin pressant. Notre mayeur est déjà monté au front pour réclamer l’ouverture de nos terrasses. Et notre échevin de la propreté s’est lancé dans le projet d’ouverture de nouvelles vespasiennes publiques. En espérant que Dinant ne vivra pas un nouveau Clochemerle ! Il n’est sans doute pas inutile de rappeler l’origine de ce mot qui est finalement passé dans notre vocabulaire pour désigner des querelles burlesques (clochemerlesques) ou des copèreries.   C’est le titre d’un roman de Gabriel Chevalier paru en 1934 et dont on a tiré un film en 1948. Un succès fulgurant. Tout a commencé quand Barthélemy Piéchut, maire de Clochemerle-en-Beaujolais, dévoila à Ernest Tafardel, l’instituteur, son projet : – Je veux faire construire un urinoir, Tafardel. – Un urinoir ? s’écria l’instituteur, tout saisi, tant la chose aussitôt lui parut d’importance. Le maire se méprit sur le sens de l’exclamation : – Enfin, dit-il, une pissotière ! Cette vespasienne, destinée, bien plus peut-être, à confondre Mme la baronne Alphonsine de Courtebiche, le curé Ponosse, le notaire Girodot et les suppôts de la réaction, qu’à procurer un grand soulagement à la gent virile de Clochemerle, sera édifiée tout près de l’église où Justine Putet, aride demoiselle, exerce une surveillance étroite… Mais dans ce coin du Beaujolais, le vin a fini par tout arranger ! Gageons qu’à Dinant la Leffe ou le Savigny, le vin préféré des Quarteniers de la Flamiche dinantaise,  auront le dernier mot. L’humour est finalement un bon remède à la déprime coronavirienne.

 

 

Autre nouvelle surprenante en ce temps de confinement : l’arrivée sur le marché d’autels  pour nourrir sa spiritualité ! A offrir sans tarder pour la fête des mères afin de leur procurer un espace sacré pour se ressourcer. J’ai dû relire l’article (Deuzio/L’Avenir du samedi 24 avril) deux fois et l’annonce publicitaire est on ne peut plus claire : « Pour la prochaine fête des mères, plutôt qu’une nuit à l’hôtel, pourquoi pas un Autel » ? Tout est possible dans notre société sécularisée en recherche d’originalité et de sens . Je cite :  « Parmi la dizaine d’objets proposés, un assortiment de pierres semi-précieuses aux vertus thérapeutiques, ciblant la confiance, l’ancrage ou encore l’intuition. Un parfum d’ambiance bio qui invite à la spiritualité. Un bois palo santo, encens purificateur. Une bougie naturelle coulée à la main. Sans oublier les cartes de dix mantras et un carton explicatif pour comprendre chaque objet, dont certains peuvent être surprenants pour les non-initiés… A chacun d’y ajouter des effets personnels : des plantes, des objets symboliques, une croix, etc. » Il est précisé que ce coffret a été élaboré pour des femmes, mais il n’en reste pas moins accessible aux hommes. Voilà donc le kit de spiritualité à portée de main pour se créer un espace sacré. Prix 73 euros. Je rapporte cette annonce sur le mode de l’humour, mais cette nouvelle proposition commerciale m’interroge. Comme Eglise, sommes-nous passés à côté de réalités humaines importantes pour que les gens éprouvent le besoin de chercher ailleurs un sens à leur vie ? Nos assemblées chrétiennes peuvent-elles encore nourrir la recherche de bonheur de nos contemporains ? La bonne nouvelle de Jésus-Christ serait-elle démodée ? L’avons-nous mal présentée et mal vécue ? Des questions qui méritent d’être posées alors que beaucoup d’entre nous s’interrogent sur le sens de ce que nous vivons au cœur de cette pandémie qui n’en finit pas de brimer notre besoin de relations.

 

 

Nous avons pu vivre une semaine sainte fervente dans nos différentes paroisses malgré les restrictions sanitaires. On a pu « sentir » une grande joie de pouvoir à nouveau faire communauté, même en petit nombre,  et habiter avec intensité les grands moments du mystère pascal à travers de belles liturgies. Un plus par rapport à l’année dernière où nous avions dû vivre la semaine sainte derrière nos écrans. Malheureusement les grands évènements du mois de mai (premières communions,confirmations, pèlerinage à Notre-Dame de la Meuse) ne pourront avoir lieu. Mais pendant ce mois, nous veillerons à donner toute sa place à Marie qui nous entoure de sa maternelle présence en ces moments difficiles. Vous pouvez prier le chapelet en lien avec le sanctuaire de Lourdes, chaque jour à 15h30, via KTO. Nous porterons aussi dans la prière tous nos étudiants qui ont vécu une année scolaire ou académique dans des conditions pénibles. Certains ont très mal vécu les cours à domicile et en solitaire alors que la vie étudiante revêt aussi une dimension communautaire qui façonne leur personnalité.

 

 

Bon temps pascal.

 

Philippe Goffinet

 

Pour la prochaine fête des mères, plutôt qu’une nuit à l’hôtel, pourquoi pas un Autel? Cette box permet de créer son espace sacré pour se ressourcer.

Pour la prochaine fête des mères, plutôt qu’une nuit à l’hôtel, pourquoi pas un Autel? Cette box permet de créer son espace sacré pour se ressourcer.