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L'éditorial de rentrée de Philippe Goffinet

Publié le par Philippe Goffinet

Depuis le 1er septembre, les mesures sanitaires sont allégées pour l’exercice du culte et les rassemblements paroissiaux Nous allons pouvoir reprendre petit à petit nos activités pastorales en veilleuse depuis plus d’un an et demi. Cependant, la prudence reste de mise et il n’est pas encore question d’embrassades ou autres gestes d’affection, mais nous allons retrouver des relations presque normales même si le port du masque est encore obligatoire dans nos lieux de culte ainsi que le lavage des mains au gel hydroalcoolique. Celui-ci remplacera encore pendant un certain temps l’eau bénite ! Nous veillerons d’ailleurs à aérer les lieux et à les désinfecter régulièrement pour que chacun puisse se sentir à l’aise et en sécurité.

 

Depuis le mois de juillet, nous avons eu la joie de pouvoir accueillir à nouveau de nombreuses familles qui demandent le baptême pour leur enfant. Pour beaucoup, ce moment avait dû être différé, parfois plusieurs fois. Avec Yves-Michel et Thierry, nous avons perçu le bonheur des parents de célébrer le baptême de leur enfant – ils le préparent d’ailleurs avec beaucoup de sérieux -, mais aussi de pouvoir réunir enfin familles et amis pour une belle fête. La célébration rassemble souvent une assemblée nombreuse et très recueillie qui participe du mieux qu’elle peut à ce qui est proposé. La plupart ne sont pas des chrétiens pratiquants et il est important pour nous de veiller à ce qu’ils soient bien accueillis et que la célébration du baptême devienne un moment fort de proposition de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ.  Donner le goût de l’Évangile en parole et en actes… et le Seigneur fera le reste.

Par contre, nos célébrations dominicales deviennent plutôt maigrichonnes et l’érosion que nous avions déjà vécue avant le covid continue à faire son œuvre. Les causes sont sans doute multiples et nous n’allons pas mettre sur pied une commission d’enquête pour en chercher les raisons ! Dans le bulletin paroissial de juin, je me faisais déjà l’écho du livre du Cardinal Josef De Kesel « Foi et religion dans une société  moderne » dans lequel il fait une analyse sans concession de notre société sécularisée. Pour beaucoup, la religion n’est plus une évidence. Et c’est peut-être une chance à saisir. Car « le christianisme ne présuppose pas que le monde dans lequel on vit soit chrétien ». Ce pourrait même être une opportunité. Il ajoute : « Notre culture est dans ce sens une chance pour le croyant de redécouvrir cette liberté (d’être croyant) et ainsi de redevenir sensible au cœur même de la foi. » Voilà une affirmation que je partage pleinement. Si la foi a imprégné durablement notre culture au point qu’être chrétien allait de soi, aujourd’hui, être chrétien suppose un engagement personnel. Et il est plus que jamais nécessaire de redécouvrir avec émerveillement la saveur de l’évangile de Jésus Christ qui peut être une bonne nouvelle capable de donner du sens à notre vie. Il est indispensable de nourrir notre foi en approfondissant notre connaissance de la Parole de Dieu. « La vraie question, dit le cardinal, n’est pas tellement de savoir si l’Eglise est capable de conserver le nombre actuel de membres, même si cela reste un réel souci. La vraie question est de savoir si elle peut attirer de nouveaux membres. » Il est bien conscient que l’Eglise ne peut se replier sur elle-même. Qu’à force de penser aux siens, elle en oublierait les autres. « C’est à cela qu’on reconnaît la vitalité d’une Eglise : non pas tellement au nombre de membres qu’elle atteint encore, mais au fait que quelqu’un, qui est entièrement intégré dans la culture sécularisée d’aujourd’hui, soit capable d’être touché par la vérité, la puissance et la beauté de l’Évangile. »  Pour le dire encore autrement, nos communautés chrétiennes ne seront peut-être pas très nombreuses dans les années qui viennent, mais elles peuvent devenir contagieuses (un bon virus cette fois-ci !) parce que ses membres le seront en s’efforçant de vivre le chemin d’amour et de tendresse de Jésus Christ. L’enjeu majeur ne sera pas de faire nombre (et de s’en préoccuper au point d’en faire une obsession), mais de faire SIGNE…. avec douceur et respect pour rendre compte de l’espérance qui nous habite et donner à d’autres le désir de nous rejoindre.

La rentrée pastorale sera aussi celle du changement de prêtres. Yves-Michel  Nkailanga, vicaire depuis 6 ans, a terminé avec brio son Doctorat en théologie à l’UCL. Avec l’accord de son évêque, il prolonge son séjour en Belgique en devenant Administrateur des paroisses du Secteur Notre-Dame de Foy. Nous avons pu apprécier sa gentillesse et son engagement pastoral sans faille chez nous et nous lui souhaitons bonne route à la découverte d’un Secteur rural. Nous lui dirons au revoir le dimanche 3 octobre à 11h00 lors de la messe de Secteur à la collégiale. Nous accueillerons ce jour-là le nouveau vicaire, le Père Sylvère Ntakimazi, un prêtre burundais qui vient de terminer une formation permanente à l’Institut des Jésuites ‘Lumen Vitae’ de Namur. Nous lui souhaitons la bienvenue et une bonne insertion dans les paroisses de Dinant.

Nous placerons cette nouvelle année pastorale sous le patronage de Notre-Dame de Foy lors du pèlerinage du doyenné de Dinant à Foy le samedi 18 septembre à 18h00. Un pèlerinage pédestre fera le chemin des potales avec l’abbé Georges Bernard. Départ à 14h30 au pied de la Montagne de la Croix.

Philippe Goffinet