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Editorial de Philippe Goffinet

Publié le par Philippe Goffinet

Oeuvre de Caroline Chariot-Dayez

Oeuvre de Caroline Chariot-Dayez

Des tableaux sont exposés à la collégiale jusqu’au 16 septembre prochain. L’artiste, Mme Caroline Chariot-Dayez, les a présentés lors du vernissage de l’exposition le 12 juin dernier. « Des plis de draps blancs dans la lumière, c’est terriblement beau. Les contrastes brutaux, ou au contraire, les dégradés, les passages en continu de la lumière à l’ombre, les jointures rouges ou dorées, la translucidité des ombres que j’ai découvertes, c’est sublime. Je les peins pour me nourrir et vivre de leur beauté, pour m’y plonger. M’y plonger absolument, pas 5 minutes, le temps de faire une photo, mais des heures et des heures et plus ça dure plus je suis vivante. D’où la peinture (et pas la photo), d’où cette peinture, minutieuse et attentive dans laquelle je peux me perdre, pour ma plus grande joie. Le mot « ravissement » exprime merveilleusement cette conjonction de la dépossession de soi et de la joie. C’est une expérience de résurrection, mort à soi et joie. Une expérience d’amour aussi. Comme la prière.

Pour moi, la peinture est une expérience spirituelle et une voie vers l’expérience religieuse. C’est pourquoi, ne me lassant pas de peindre des plis (car ils sont tous uniques), le langage de beauté qu’ils sont devenus pour moi, me donne envie de revisiter, en leur sens universel, des fondamentaux de la foi qui est la mienne. Le diptyque Le consentement évoque l’Annonciation et la Déposition de Croix, le Repas, la Cène avec, au centre, le Christ gonflé par l’Esprit. Brûlants au-dedans figure à travers les 12 apôtres représentés comme des flammes à la Pentecôte, l’humanité dans sa quête spirituelle, animée par le souffle de l’Esprit et brûlante du désir de Dieu au plus profond d’elle.

Le fond blanc, point commun de tous mes tableaux, est l’image de l’invisible lumière sur laquelle tout est prélevé. Tout vient d’elle et tout retourne à elle mais, présente dans les choses, elle ne reste pas au bord, elle occupe aussi les formes, les dématérialisant.

Vous comprenez pourquoi je suis si heureuse d’exposer ici, dans cette magnifique collégiale, et j’en remercie de tout cœur le Doyen, Philippe Goffinet et Christian Pacco, le président de la fabrique d’église.

Mon but en exposant ici est de transmettre la joie que j’ai connue dans la contemplation de ces plis et que la louange qui est l’essence de mon travail soit propagée et démultipliée par ceux qui les verront, les rendant heureux comme je l’ai été en les peignant. » Voilà une œuvre éminemment spirituelle et portée par la foi chrétienne de cette artiste qui nous invite à revisiter les moments importants de la vie de Jésus Christ. Cette œuvre contemporaine lumineuse a bien toute sa place dans une collégiale du XIIIème siècle qui avait comme ambition de faire entrer la lumière du Dieu invisible par les grandes baies vitrées pour conduire les fidèles vers la contemplation et la prière. Belle découverte.

 

La collégiale est un monument emblématique de la ville de Dinant et les touristes sont de plus en plus nombreux à y pénétrer pour une visite brève ou approfondie, un moment de recueillement, le temps de déposer une votive. Le conseil de Fabrique et le personnel de la collégiale mettent tout en œuvre pour la rendre accueillante. La réparation de la toiture du baptistère vient d’être terminée après des mois de tergiversations. Mais malheureusement des dégâts importants et irréversibles se sont manifestés avec des chutes de pierre à cause de l’humidité qui a imbibé les voûtes. L’accès du baptistère reste momentanément fermé par mesure de sécurité en attendant une vérification plus approfondie des voûtes. Par ailleurs, nous attendons toujours des nouvelles de la Région Wallonne pour la reconstruction du porche latéral qui menace de se désolidariser de l’enveloppe du bâtiment. La collégiale est classée au patrimoine exceptionnel de Wallonie et c’est la Région qui suit le dossier et intervient pour une part importante dans la subsidiation des travaux.  Des gens qui faisaient  longuement la file pour entrer au concert de Patrick Fiori n’ont pas manqué de manifester leur étonnement devant le délabrement du porche et les arbustes qui poussent dans les fissures. De nombreux visiteurs laissent des réflexions parfois très agressives dans le livre d’or déposé à l’entrée.  L’échafaudage est pratique pour y pendre des bâches publicitaires et il fait partie du bâtiment depuis plus de 20 ans… mais ce serait tellement plus beau s’il disparaissait enfin de la circulation pour rendre à notre collégiale l’accès qu’elle mérite. En novembre 2023 se tiendra dans la collégiale pendant deux jours la finale du Concours international Adolphe Sax. L’évènement sera retransmis dans le monde entier. En 2014, nous avons pu inaugurer avec sa majesté le Roi Philippe un nouveau carillon qui fait à nouveau la fierté de notre Ville, 100 ans après sa disparition le 23 août 1914.  J’ose espérer qu’un nouveau porche verra le jour pour ce Concours international. 2023 est aussi une date historique,  100 ans après la décision de la Commission des Monuments et Sites de reconstruire le Bulbe à l’identique après des débats houleux entre bulbeux et antibulbeux. Un porche digne de ce nom est aussi important car une entrée, c’est la carte de visite du monument. Merci à tous les amis de la collégiale de faire jouer leur réseau de relations pour aider la Fabrique et la Ville à mener à bien ce nouveau défi.

 

Philippe Goffinet

 

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