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L’Eglise, un acteur culturel responsable.

Publié le par Christian Pacco

L’Eglise, un acteur culturel responsable.

Le patrimoine religieux est en danger

L’actualité récente à la collégiale Sainte-Waudru à Mons nous pousse à nouveau à réfléchir au sens du patrimoine religieux et au rôle de l’Eglise dans ce domaine. Nous sommes conscients qu’aujourd’hui, plus que jamais, le patrimoine religieux est en danger. L’évolution de notre société en général, la baisse quantitative des moyens humains au sein de l’Eglise catholique, le fonctionnement complexe des fabriques d’église, entre autres causes, affectent la surveillance des bâtiments et de leur contenu et augmentent le risque de dégradation mais aussi de vandalisme ou de vol.

C’est dans l’église que le patrimoine trouve son sens

Et pourtant, la conservation du patrimoine religieux trouve tout son sens à l’intérieur même des édifices avec lequel les œuvres d’art constituent un ensemble signifiant. La cohérence patrimoniale apportée par la conservation in situ concourt à la valorisation à la fois culturelle et pastorale d’un bâtiment qui doit être accessible à tous. Elle permet une réappropriation communautaire d’un lieu historique d’expérience sociale et spirituelle.

Préserver le patrimoine représente un défi nouveau pour l’Eglise, une lourde responsabilité mais aussi une opportunité. Au-delà de la simple conservation, l’enjeu est celui de la culture chrétienne, culture qu’il importe de rendre vivante et dynamique tant pour la compréhension que pour la construction d’une société multiculturelle en pleine mutation.

Création du CIPAR et aide aux fabriques

Conscients de ces enjeux et de ces difficultés, les évêchés francophones ont mis en place des services de patrimoine qui encadrent les fabriques. Les évêques ont en outre suscité la création du CIPAR (Centre interdiocésain du patrimoine et des arts religieux) avec l’appui de la Région wallonne (AWaP) et de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le CIPAR définit les stratégies et fournit des outils communs en matière de protection du patrimoine. Sa première mission est d’aider les fabriques dans leur obligation de réaliser l’inventaire de leur mobilier. Un logiciel élaboré en collaboration avec l’IRPA est proposé aux fabriques et fait l’objet de formations dispensées sur place. La politique d’inventaire va s’accompagner d’un programme de sécurisation des édifices religieux qui tienne compte des défis patrimoniaux mais aussi d’une plus grande accessibilité au public.

Le centre développe également une expertise dans les différents domaines de l’art religieux en organisant des journées d’étude et en publiant des brochures de recommandations pratiques. Ces publications sont accompagnées d’expositions didactiques qui voyagent dans différentes églises afin de toucher un large public. Après la conservation des textiles, de l’orfèvrerie ou de la sculpture en bois, le CIPAR aborde cette année le domaine du vitrail.

Enfin, le CIPAR met en place un réseau d’églises à trésor. Plus d’un tiers des œuvres mobilières classées à titre de trésor par la Fédération Wallonie-Bruxelles est aux mains de structures d’Eglise qui ne disposent pour cela ni de compétences ni de financement. Le réseau veut partager les expériences de gestion et assurer une promotion commune de ces œuvres majeures.

Des mesures à prendre

Malgré ces initiatives, le chantier est encore vaste. Nous voulons insister sur les points suivants :

 

  • Les diverses législations sur le patrimoine ou le fonctionnement des fabriques protègent trop peu le patrimoine des églises. Des dispositions législatives ou simplement règlementaires devraient prendre en compte une réalité administrative particulière et préciser les fonctions et les limites des différents acteurs.
  • L’aide aux fabriques d’église doit être renforcé. Historiquement, les fabriques ont pour mission l’organisation du culte catholique. Des générations de fabriciens ont rempli cette tâche avec un grand dévouement. Aujourd’hui, dans les faits, les fabriques deviennent aussi de plus en plus des gestionnaires de patrimoine, sans pour autant en avoir les compétences ni les ressources. Elles doivent être aidées dans cette nouvelle mission. C’est un rôle que le CIPAR veut remplir, il ne pourra le faire qu’en collaboration étroite avec les pouvoirs publics.
  • Une meilleure concertation doit s’installer entre les communes et les évêchés dans l’entreprise de travaux dans les églises. Ces projets, souvent coûteux, doivent s’inscrire dans une vision pastorale et patrimoniale à long terme, faute d’être désordonnés ou inappropriés.

En conclusion, les autorités ecclésiales réalisent les enjeux liés au patrimoine religieux et les responsabilités qui lui incombent. Elles souhaitent renforcer dans cette mission les liens avec les pouvoirs publics et les institutions compétentes. In fine, l’Eglise veut assumer pleinement sa fonction d’acteur culturel à part entière.

 

Christian Pacco

Administrateur-Délégué du CIPAR

 www.cipar.be

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Les Belges sont croyants, mais pratiquants peu réguliers

Publié le par Anne-Françoise de Beaudrap

 

Dans la grande tradition des sondages religieux, Olivier Servais a présenté avec Justine Vleminckx, doctorante de l’UCLouvain, les principaux résultats d’une enquête sur les valeurs et la quête de sens. Les réponses divergent selon l’âge des personnes interrogées.

Nouveau tableau des questions de sens chez les Belges francophones. Le magazine l’Appel a fait réaliser un sondage par la société Sonecom auprès d’un échantillon représentatif de 650 Belges francophones de plus de 16 ans. Précision importante : l’enquête conçue et supervisée par Olivier Servais (UCL) a été réalisée courant 2019, en amont de la crise du Covid19. Il sera intéressant et instructif de voir si les résultats auront évolué après que les épreuves de la maladie, du deuil mais aussi de la solidarité au sein de nos sociétés aient été imposés.

 

De quelle religion ou de quel courant philosophique les Belges interrogés se revendiquent-ils ?

46% d’entre eux se déclarent de l’une ou l’autre branche du christianisme (catholicisme très majoritairement, mais aussi quelques pourcentages de protestants et orthodoxes).  A cette question, 35% se déclarent athées ou agnostiques. Plus bas dans le tableau, on constate que les répondants ont souffert de quelques imprécisions dans leurs identités confessionnelles, certains indiquent « islam plus une autre religion » par exemple. A part les trois premières réponses qui rassemblent le plus grand pourcentage, les autres identités religieuses se partagent moins de 3% des déclarations de ce sondage.

Les statistiques ont ensuite été différenciées en fonction de l’âge du répondant. Les 65 ans et plus se sont majoritairement déclarés catholiques (56%) et seulement 27% athées et agnostiques. A l’inverse, chez les moins de 25 ans, c’est le courant de l’athéisme ou de l’agnosticisme qui obtient le plus de réponses (52%), suivi des musulmans (14%)°; Les catholiques viennent bien après, avec seulement 11% des répondants de moins de 25 ans.

La prise de distance par rapport à la pratique religieuse se confirme dans la suite du sondage. A 77% les Belges interrogés déclarent ne pas appartenir à une communauté religieuse ou spirituelle. Puis, en détaillant les 23% de pratiquants, une personne interrogée sur 10 participe à la vie religieuse une fois par semaine au moins, 4% seulement aux occasions particulières, autant n’y vont qu’une fois par mois…

 

Sur quels sujets les Belges s’interrogent-ils en matière religieuse et philosophique ?

 

Parmi les principales réponses, les personnes interrogés posent la question de la vie après la mort, mais aussi de « ma propre nature intérieure ». La place de l’humain dans un monde en transformation est cité en troisième lieu, tout autant que « le destin et le devenir des humains » ou encore « la place de l’humain dans l’ordre de la nature ». Ces questions sont principalement soulevées lorsqu’un évènement dramatique survient pour un proche (décès, accident ou maladie). Comme l’analyse le magazine l’Appel qui commandait ce sondage, « les drames (et les bonheurs) qui nous touchent de près incitent toutes les catégories d’âges à se poser des questions de sens. »

Les Belges ont ensuite été interrogés sur les valeurs les plus importantes à leurs yeux. L’amour a presque toujours été cité, de même que la liberté, suivi un peu plus tard de la justice ou de la fraternité. Les valeurs plus religieuses comme la foi, la spiritualité n’arrivent qu’en bas de liste. Sur cette question, les tranches d’âges n’ont pas la même sensibilité: les moins de 25 ans placent la liberté en première position, alors que tous les répondants des âges supérieurs répondent l’amour en premier.

Le sondage portait ensuite sur ce qui est plus ou moins important dans la vie quotidienne. Les réponses sont tiraillées entre l’envie de « vivre en harmonie avec soi-même » d’un côté et la volonté d’ « être au service des autres ». Être à l’écoute de son corps et de ses besoins, puis s’ouvrir et se relier aux autres sont les réponses citées ensuite. Intériorité et altruisme se succèdent, et se complètent selon ce sondage.

 

Comment cette quête spirituelle se traduit-elle chez les Belges interrogés ?

Les motifs pour lesquels les répondants s’engagent dans cette recherche spirituelle sont très différents: à 23%, il s’agit de trouver la paix intérieure; à 21% d’œuvrer à un monde meilleur, à 12% d’éprouver des sensation de plénitude et de bien-être… Cette quête passe par des temps de silence, ainsi que par la prière ou la méditation. 31% des répondants disent prier tous les jours (38% ne prient jamais). A l’inverse le geste d’allumer une bougie ne correspond plus à une pratique « religieuse » habituelle, puisque 54% des répondants disent ne jamais allumer une bougie ni faire brûler de l’encens, 13% le font occasionnellement, et seulement 5% tous les jours.

Quand les personnes interrogées veulent s’entretenir de questions spirituelles, elles se tournent d’abord vers leurs familles ou leurs amis. Les conseillers spirituels (prêtre, imam, rabbin…) n’arrivent qu’en quatrième place.

En conclusion, le professeur Olivier Servais relève que « la mobilité religieuse est devenue une pratique intégrée chez nos contemporains ». Les Belges interrogés sont moins fidèles à leurs religions d’origines, cela se vérifie notamment chez les moins de 25 ans.


 

Les Belges sont croyants, mais pratiquants peu réguliers

Source: L'Appel n°434 - 02/2021

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Petites histoires d'hier et d'aujourd'hui. A propos des saints.

Publié le par Jules Piette

 

 

 

 

 

 

Je m’étais donc ceint d’une de mes casquettes irlandaises.

Pourquoi me ceins-je si volontiers alors que ma coiffe naturelle me protège bien mieux. Et d’une casquette encore ?

Eusses-tu préféré que je me ceignisse d’une tiare ou d’une couronne de gui ?

C’est le sein qui, cette nuit, m’a poursuivi dans mes songes. « Cachez ce sein que je ne saurais voir ».

 

Bof, aujourd’hui, on ne cache plus grand-chose. Et les saints ne sont plus guère honorés.

 

Cachez ces saints qu’on n’a plus envie de voir.

 

C’était hier l’anniversaire du décès du frère Mutien, 1917, 104 ans et le naufrage d’une dévotion populaire vers l’oubli presque total. Je me souviens des files d’autocars devant le collège, du magasin de médailles et cartes où était collé un éclat prétendu du cercueil de celui qui était encore bienheureux. Du plantage magistral lorsqu’un Pape, qui devait se recueillir sur place, avait glissé sur la savonnette dans sa baignoire romaine…

La pandémie ? Pas seulement, les saints n’ont plus la cote !

Quelques-uns encore restent en superstition tenace, en grigris illusoires, en dernier espoir. Sainte Rita, Saint-Antoine, le champion des lunettes égarées et des clés perdues.

Mais tant de coutumes se sont évaporées : il y a bien longtemps que je n’ai plus vu la bénédiction de voitures dans mon village, le jour de la Saint-Christophe.

Et à Sart-Saint-Laurent, à la fontaine bénie, plus aucune maman n’a plongé son nouveau-né dans l’eau sacrée pour lui éviter les convulsions ou les maladies enfantines.

Mais tiens, la bonne idée : j’irais bien me tremper un beau matin dans ce jus miraculeux en attendant un vaccin qui se refuse !

 

Avec l'aimable autorisation de Jules Piette, ancien professeur à St Berthuin à Malonne.

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Bousculées par le coronavirus, les religions ne savent plus à quel saint se vouer.

Publié le par Le Soir

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Extraits d'une interview du philosophe Edgar Morin.

Publié le

Extraits d'une interview du philosophe Edgar Morin.

À 99 ans, le penseur français EDGAR MORIN a accordé une interview.

 

′′ J'ai été surpris par la pandémie mais dans ma vie, j'ai l'habitude de voir arriver l'inattendu. L'arrivée de Hitler a été inattendue pour tout le monde. Le pacte germano-soviétique était inattendu et incroyable. Le début de la guerre d'Algérie a été inattendu. Je n'ai vécu que pour l'inattendu et l'habitude des crises. En ce sens, je vis une nouvelle crise énorme mais qui a toutes les caractéristiques de la crise. C'est-à-dire que d'un côté suscite l'imagination créative et suscite des peurs et des régressions mentales. Nous recherchons tous le salut providentiel, mais nous ne savons pas comment.

 

Il faut apprendre que dans l'histoire, l'inattendu se produit et se reproduira. Nous pensions vivre des certitudes, des statistiques, des prévisions, et à l'idée que tout était stable, alors que tout commençait déjà à entrer en crise.

 

On ne s'en est pas rendu compte. Nous devons apprendre à vivre avec l'incertitude, c'est-à-dire avoir le courage d'affronter, d'être prêt à résister aux forces négatives.

 

La crise nous rend plus fous et plus sages. Une chose et une autre. La plupart des gens perdent la tête et d'autres deviennent plus lucides. La crise favorise les forces les plus contraires. Je souhaite que ce soient les forces créatives, les forces lucides et celles qui recherchent un nouveau chemin, celles qui s'imposent, même si elles sont encore très dispersées et faibles. Nous pouvons nous indigner à juste titre mais ne devons pas nous enfermer dans l'indignation.

 

Il y a quelque chose que nous oublions : il y a vingt ans, un processus de dégradation a commencé dans le monde. La crise de la démocratie n'est pas seulement en Amérique latine, mais aussi dans les pays européens. La maîtrise du profit illimité qui contrôle tout est dans tous les pays. Idem la crise écologique. L'esprit doit faire face aux crises pour les maîtriser et les dépasser. Sinon nous sommes ses victimes.

 

Nous voyons aujourd'hui s'installer les éléments d'un totalitarisme. Celui-ci n'a plus rien à voir avec celui du siècle dernier. Mais nous avons tous les moyens de surveillance de drones, de téléphones portables, de reconnaissance faciale. Il y a tous les moyens pour surgir un totalitarisme de surveillance. Le problème est d'empêcher ces éléments de se réunir pour créer une société totalitaire et invivable pour nous.

 

À la veille de mes 100 ans, que puis-je souhaiter ? Je souhaite force, courage et lucidité. Nous avons besoin de vivre dans des petites oasis de vie et de fraternité."

 

Extraits sélectionnés par Rosa Freire d'Aguiar.

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Le pape François invite à communiquer en rencontrant les gens là où ils sont.

Publié le par Cathobel

Le pape François invite à communiquer en rencontrant les gens là où ils sont.

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Troisième dimanche dans l’année et Semaine de prières pour l’unité des chrétiens

Publié le par Philippe Goffinet

 

Une Lettre a été envoyée cette semaine par tous les responsables de cultes en Belgique au Premier Ministre et au Ministre de la Justice pour leur demander de revoir la jauge de 15 personnes pour les célébrations.A juste titre, ils plaidaient pour que l’on tienne compte de la surface du lieu de culte comme cela a été la cas lors du déconfinement en juin pour déterminer le nombre de personnes à accueillir. Silence total à ce sujet lors de la conférence de presse de ce vendredi. Désespérant.

La semaine de prières pour l’unité des chrétiens est passée inaperçue cette année et  aucune célébration n’a pu être organisée. Avec le pasteur Quenon, le pasteur Maximin futur pasteur de Dinant, nous avons réalisé une émission de 30 minutes avec RCF Sud Belgique. Elle pourra être suivie sur leur site internet, mais j’ignore à quelle date. 

 

Je vous souhaite une belle fin de semaine.

 

Ph. Goffinet

 

 

Troisième dimanche dans l’année

Dans une Lettre apostolique Aperuit Illis du 30 septembre 2019, le pape François a choisi le 3ème dimanche du Temps ordinaire pour le dédier à la Parole de Dieu. « Consacrer de façon particulière un dimanche de l’Année liturgique à la Parole de Dieu permet, par-dessus tout, de faire revivre à l’Église le geste du Ressuscité qui ouvre également pour nous le trésor de sa Parole afin que nous puissions être dans le monde des annonciateurs de cette richesse inépuisable ». Ce n’est pas un choix anodin car ce dimanche tombe pendant la semaine de prières pour l’unité des chrétiens et « l’Écriture Sainte indique à ceux qui se mettent à l’écoute le chemin à suivre pour parvenir à une unité authentique et solide ».

 

La lecture et la méditation des Ecritures  ont apporté un ressourcement indispensable à notre vie chrétienne en l’absence de nos célébrations eucharistiques hebdomadaires pendant le confinement. Et en cette période où beaucoup n’ont pas encore repris le chemin des églises, l’accueil de la Parole de Dieu est une démarche spirituelle essentielle pour nourrir notre foi, solidifier notre espérance et rendre active notre charité. Ce n’est malheureusement pas encore un réflexe premier chez certains catholiques qui estiment que la liturgie de la Parole n’est qu’un apéritif qui prépare à la liturgie eucharistique. A la limite, on pourrait facilement faire l’impasse sur elle pour passer directement au plat principal ! Pourtant, dit François « la relation entre le Ressuscité, la communauté des croyants et l’Écriture Sainte est extrêmement vitale pour notre identité. Si le Seigneur ne nous y introduit pas, il est impossible de comprendre en profondeur l’Écriture Sainte. Pourtant le contraire est tout aussi vrai : sans l’Écriture Sainte, les événements de la mission de Jésus et de son Église dans le monde restent indéchiffrables. De manière juste, Saint Jérôme pouvait écrire : « Ignorer les Écritures c’est ignorer le Christ » (In Is., prologue : PL 24, 17)

 

En cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous avons à apprendre de nos frères et sœurs protestants combien la Parole de Dieu est précieuse  et indispensable comme chemin de conversion vers Dieu et vers les frères.  « Il est donc bon, dit le pape,  que ne manque jamais dans la vie de notre peuple ce rapport décisif avec la Parole vivante que le Seigneur ne se lasse jamais d’adresser à son Épouse, afin qu’elle puisse croître dans l’amour et dans le témoignage de foi. »

 

 C’est dans cet esprit que je vous invite à accueillir la Bonne Nouvelle  de ce dimanche telle qu’elle nous est offerte dans l’évangile de Marc.

 

Après l’arrestation de Jean (Litt. Après que Jean eut été livré), Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »

Passant le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs. Il leur dit : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.

Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque et réparaient les filets. Aussitôt, Jésus les appela. Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite.

 

Le texte liturgique ne rend pas ici toute la force évocatrice du mot « livré » qui va revenir de nombreuses fois dans l’évangile de Marc. Pour parler du destin de Jésus qui sera livré à la mort, mais aussi de celui de ses disciples qui seront eux aussi livrés  à la persécution. Jean subit ici le sort de tous les prophètes et il préfigure celui de Jésus et de ceux qui le suivront.  Les temps sont accomplis. Avec la disparition de Jean, une page se tourne dans l’histoire humaine au sein de laquelle Dieu déploie son projet d’alliance avec l’humanité. Mais une autre commence car nous touchons au but. Voilà qu’entre en scène celui en qui Jean avait vu l’accomplissement de la promesse : Jésus qui part pour la Galilée proclamer l’évangile (la bonne nouvelle) de Dieu.  La Galilée, cette terre méprisée par les purs et durs de Jérusalem, la Galilée des nations qui vit un judaïsme apaisé au sein d’une population où juifs et païens vivent en bonne entente. C’est là que Jésus proclame la bonne nouvelle de Dieu. Et Marc, dans un résumé saisissant,  nous en donne le contenu essentiel. Le règne de Dieu est tout proche (littéralement s’est approché). Au fil de l’évangile de Marc, nous découvrirons toute l’ambiguïté de cette expression qui laisse planer des relents très politiques et jette la confusion dans les esprits. Alors de quoi s’agit-il au juste ?  En lien avec le baptême de Jésus où Marc nous dit que « les cieux se sont déchirés », nous avons compris que la terre et le ciel sont à nouveau sur la même longueur d’onde : la communication est rétablie. Mais c’est Dieu qui reprend l’initiative, comme il le fait depuis le début de l’histoire sainte : Dieu s’approche de l’humanité en la personne de Jésus. C’est un don qu’il nous fait, celui de sa présence aimante. Il s’agit donc de l’accueillir en nous tournant vers lui (convertissez-vous). Cette conversion n’est pas d’abord morale. Se tourner vers Jésus, c’est croire à la bonne nouvelle  c’est-à-dire croire que la nouvelle est bonne ! Le contenu de cette joyeuse et heureuse nouvelle c’est la personne même de Jésus, dans sa parole, ses gestes, ses rencontres et le don total de sa vie sur la croix par amour pour cette humanité qu’il assume totalement et à laquelle il ouvre un avenir au matin de Pâques. En Jésus, Dieu continue son œuvre libératrice.

 

Le premier acte que Jésus pose est d’appeler des disciples en passant le long de la mer de Galilée. Ce récit est bien différent de celui de Jean que nous avons médité la semaine dernière où tout s’est joué sur  des échanges de regards, en commençant par celui de Jean le baptiste qui passe le relais, et dans une série de rencontres.

 

Le récit de Marc est vif. Jésus prend l’initiative de l’appel : Venez à ma suite . Un appel direct et décisif à mettre leurs pas dans les siens, ce qui est la définition même du disciple. Ils sont rejoints dans leur profession de pêcheurs du lac. Jésus ne les a pas choisis parmi les élèves des grandes écoles de Jérusalem. Leur réponse est immédiate (aussitôt)  et Marc ne s’embarrasse pas de détails psychologiques. Il y a urgence à suivre Jésus, car ces hommes sont appelés à collaborer dès maintenant à l’oeuvre libératrice que Jésus inaugure (le règne de Dieu s’est approché). Et celle-ci ne souffre aucun retard. Ils laissent donc leurs outils de travail (les filets) ou leur père et ses ouvriers pour partir à sa suite.

 

Pour nous aujourd’hui, un tel récit a quelque chose de déroutant. Mais je voudrais en souligner deux éléments qui restent d’actualité. Jésus, dès le début, s’est entouré de collaborateurs qu’il associe à sa mission libératrice. Et il est bon de s’en souvenir aujourd’hui en ravivant la grâce de notre baptême qui nous invite à être semeurs de la joyeuse nouvelle là où nous vivons. Et de vivre cette grâce en Eglise et en communion avec les chrétiens des autres confessions qui sont, elles aussi, porteuses de cette joyeuse nouvelle. Ensuite, il y a urgence à  proclamer et à faire vivre cette bonne nouvelle dans une société où la recherche de sens et de spiritualité n’est pas honorée. Nous ne le percevons que trop dans cette pandémie qui nous accable tous. La question urgente n’est pas de savoir si nous pourrons partir en vacances ou pas au Carnaval. Mais elle est celle de savoir si nous sommes prêts à payer de notre personne, là où nous vivons, pour que soit possible une société plus juste et plus fraternelle où chacun pourra trouver des raisons de vivre et d’espérer.

 

Philippe Goffinet

 

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RivEspérance. Table ronde : La transition, un chemin intime.

Publié le

Le 17 mars, à 20 heures, une table ronde virtuelle ouvrira la démarche de RivEspérance 2021 qui, cette année, si les choses évoluent bien, aura lieu en présentiel à l’Aula Magna de Louvain-la-Neuve, les 8 et 9 octobre.

La soirée du 17 mars se fera donc à distance et aura pour thème : « la transition, un chemin intime ». Différents « verrous » font en effet obstacle à la transition vers une société plus soutenable, conviviale et inclusive. Ils se situent aussi bien dans les infrastructures et technologies que dans le système économique, politique et dans les habitudes de consommation.

Mais la clé ne résiderait-elle pas en nous, dans notre rapport à la nature et les uns aux autres, dans la reconnaissance de la dimension spirituelle et intérieure de ce processus de transition ?

 

RivEspérance. Table ronde : La transition, un chemin intime.

Autour de cette table virtuelle, Olivier De Schutter (Rapporteur spécial de l'ONU sur l'extrême pauvreté et les droits de l'homme), Charlotte Luyckx (philosophe UCLouvain) et Nicolas Van Nuffel (CNCD-11.11.11). 
Sophie Brems (RTBF) modérera les échanges (sous réserve de confirmation).

Les organisateurs attendent l’évolution des règles sanitaires pour préciser les modalités de cette soirée. Sauvez déjà la date !

Olivier De schutter : rencontre

Olivier De Schutter, est un juriste belge et professeur de droit international à l'Université Catholique de Louvain. Il a assumé, entre 2008 et 2014, le mandat de Rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation du Conseil des droits de l'homme à l'Organisation des Nations unies. Il a été membre du Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l'ONU entre 2015 et mai 2020, jusqu'à sa nomination comme Rapporteur spécial de l'ONU sur l'extrême pauvreté et les droits de l'homme.

En situant la transition écologique dans sa dimension spirituelle, le pape François dit clairement que c'est en nous que se trouvent les solutions. C'est à la fois un message d'espoir, car cela signifie que nous ne devons pas attendre pour agir et que chacun, à son échelle, peut faire une différence pourvu qu'il fasse un examen de conscience. C'est aussi un message qui responsabilise, car cela signifie que l'on doit se changer soi-même, afin de pouvoir changer son environnement, la société et le monde.

La transition repose en effet sur les motivations intrinsèques des acteurs sociaux. Elle mise sur les récompenses « inhérentes » que le comportement pro-environnemental amène pour les individus. Il y a en effet un réel plaisir d'apprendre et de contribuer à l'action collective. De plus, la convivialité accompagne l'action conduite avec d'autres. Le sentiment de contribuer au changement et le fait d'agir en conformité avec les valeurs que l'on professe procurent de la satisfaction.

N’y a-t-il pas un mythe de la croissance ?

Du point de vue de l'individu, ce qui est implicite dans le mythe de la croissance, c'est d'abord que l'épanouissement de chacun passe par l'augmentation des possibilités de consommation matérielle. Celle-ci est rendue possible par une augmentation des revenus, combinée à une diminution des prix des biens de consommation courante. Cette diminution étant facilitée par la standardisation de la production et par la mise en concurrence généralisée des producteurs.
Ce mythe, c'est, ensuite, que le statut social de l'individu passe par son accès à un emploi rémunéré. Cet emploi est à la fois source de revenu, ouvrant la possibilité de consommation, et permet également une reconnaissance sociale.

Du point de vue la société dans son ensemble, derrière le mythe de la croissance gît celui d'un progrès continu, d'une ligne du temps qui nous conduit au « toujours plus ». Ce sont ces représentations imaginaires qu'il faut dépasser.

Comment dépasser ces mythes ?

L'autonomie individuelle et collective doit conduire à redéfinir la place de la prospérité économique, entendue comme l'extension des possibilités de consommation matérielle, dans la hiérarchie de nos priorités : au lieu d’être une fin en soi, elle doit redevenir un moyen au service des fins que nous nous donnons librement. 
Il faut cesser d’accorder la priorité à des objectifs de nature économique, au détriment d'objectifs liés, par exemple, pour l'individu, à la « vie bonne » (l'eudaimonia dans la culture grecque classique). Cela passe par un autre rapport au temps (la décélération), un autre rapport aux autres (la convivialité et la coopération, plutôt que la concurrence), et un autre rapport à soi (l'individu se réinventant en fonction des valeurs qu'il va se donner, plutôt qu'en fonction des buts que la société lui fixe). Le renoncement, la « sobriété choisie », sont des voies que toutes les grandes religions ont explorées, et qui sont au centre de la démarche des bouddhistes, par exemple.

Et pour conclure ?

La situation actuelle serait déprimante s'il n'était pas à notre portée de la changer. Ce qui donne sens, c'est cette possibilité d'agir à son niveau!

Propos recueillis par Charles Delhez sj

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Des ermites en Suisse.

Publié le par Benoît Aymon. Journaliste

Passe-moi les jumelles va à la rencontre de trois personnes qui ont fait le choix de vivre dans la solitude des montagnes.

Ces portraits nous plongent dans un autre rythme de vie et de réflexion que celui que la société moderne nous impose.

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A me répéter chaque matin

Publié le par J. Casanave

 

 Tu vieillis mon ami. Tu le sais, tu le sens ! Tu rétrécis… comme la souplesse de tes membres, comme la précision de ta mémoire, comme le champ de ton influence, comme l’envie de longs voyages, comme tes performances et tes prétentions. Ton univers se restreint. Alors tu  t’accroches comme un malheureux à ce qui est encore à portée de ta main crispée. Tout ce que tu considérais jusqu’ici comme broutilles  insignifiantes prend l’importance d’un mât auquel tu t’agrippes avançant vers un large qui se fait inconnu et menaçant. Tu rétrécis et tu durcis.


 Tout, autour de toi, comme toi, se réduit aussi. Pourtant,  cela ne te chagrine point. En fait, tout se simplifie et ta vie se condense. L’occasion t’est offerte de transformer ce retrait forcé en élimination du futile et du superflu. Enfin tu peux te regarder nu, débarrassé de ton « moi de représentation », de ce personnage  que tu as taillé avec tant de soin et de labeur dans le costume que les autres et ton Dieu, du moins le croyais-tu, te prêtaient. Cependant tu hésites, car tu pressens qu’au terme de cette épuration, tu risques d’être déçu de n’être « que toi» plutôt que de te réjouir d’être « enfin toi ».


Appuyé sur les prothèses physiques qui soulagent ton quotidien mais, débarrassé de toutes les carapaces sociales que tu t’imposais, tu peux aller à pas lents mais sûrs vers l’Essentiel. L’Essentiel de ta vie, de ton être, de cette humanité qui a fait ce que tu es et du monde qui t’a nourri et façonné. Voilà que tu prends ton temps et que tu fais silence. Ce qui te paraissait évident s’obscurcit au fur et à mesure que tu sondes les raisons d’être de toute vie et que tu n’en finis plus d’en creuser les profondeurs de son avant et de son après.


 Tu vieillis mon ami et, cependant, tu vois plus loin, plus large, au-delà de tous les écrans. Finalement, tout se réduit mais en même temps tout se cristallise autour d’une seule et immense interrogation, celle qui te poursuivait dans le plein de tes jours et qui te rattrape dans le vide d’aujourd’hui: Dieu est-Il ou n’est-Il pas et s’Il est qui est-Il? Toutes les autres questions ne sont que contours, détours, accessoires ou échappatoires. Un  an de plus, un an de moins…Belle année à sa recherche !

J. Casanave*

*Prêtre, ancien responsable du service de la formation permanente des chrétiens du Béarn après avoir été curé de Jurançon, aumônier de l’Université de Pau et pays de l’Adour et d’un lycée catholique. Co-fondateur d’une association de formation des ruraux : l’Ifocap-Adour.

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Embarquement sans Covid pour la Terre Sainte avec Philippe Goffinet.

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Les béatitudes d'une personne âgée

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Les béatitudes d'une personne âgée
Heureux ceux qui m'aident à vivre l'automne de ma vie…
Heureux ceux qui respectent mes mains décharnées et mes pieds déformés.
Heureux ceux qui conversent avec moi bien que j'aie désormais quelque peine à bien entendre leurs paroles.
Heureux ceux qui comprennent que mes yeux commencent à s'embrumer et mes idées à s'embrouiller.
Heureux ceux qui, en perdant du temps à bavarder avec moi, gardent le sourire.
Heureux ceux qui jamais ne me font observer : "C'est la troisième fois que vous me racontez cette histoire !"
Heureux ceux qui m'assurent qu'ils m'aiment et que je suis encore bonne ou bon à quelque chose.
Heureux ceux qui m'aident à vivre l'automne de ma vie…

Cette prière est de Saint Vincent de Paul (1581-1660)
source: Prions en Eglise, hors série, Jubile d la miséricorde pp 17

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Qu'est-ce que le luxe ?

Publié le

Nous croyions que le luxe était ce qui est rare, cher et exclusif, tout ce qui nous semblait inaccessible.

Aujourd'hui, nous nous rendons compte que le luxe, c'était ces petites choses que nous ne valorisions pas

le luxe, c'est d'être en bonne santé, loin des hôpitaux

le luxe c'est de pouvoir se promener dans la rue et de respirer sans masque

le luxe, c'est de se réunir avec la famille et les amis

le luxe, c'est ces regards et ces sourires
 

le luxe, c'est les câlins et les bisous

le luxe, c'est regarder le coucher de soleil
 

Tout cela était le luxe et nous ne le savions plus.

 

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