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Lettre d’une amie protestante à mes frères et sœurs catholiques

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Marion Muller-Colard, théologienne et écrivaine protestante

Marion Muller-Colard, théologienne et écrivaine protestante

La théologienne protestante a été membre de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase). Elle partage avec « La Vie » son ressenti à l’occasion de la sortie du rapport de celle-ci, rendu public le 5 octobre 2021.

Par Marion Muller-Colard

 

C’est sous la forme d’une « Lettre d’une amie protestante à mes frères et sœurs catholiques » que Marion Muller-Colard, théologienne, a souhaité revenir sur son implication dans la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase). L’auteure de plusieurs essais, dernièrement l’Éternité ainsi de suite (Labor et Fides) et la Vierge et moi (Bayard), partage aussi son espérance pour l’avenir.

« Je suis entrée à la Ciase sur la pointe des pieds, et c’est sur la pointe des pieds que je la quitte. Il était bien difficile de ne pas répondre à l’appel de Jean-Marc Sauvé, de décliner le devoir de vérité qui l’engageait, lui et nous tous, à plonger dans des abîmes pour chercher la racine d’un mal dont il n’est plus question de minimiser l’impact.

Ce que les violences sexuelles emportent

Aucun de nous ne sort indemne de ces deux années et demie à côtoyer le mal à sa racine. Et c’est la moindre des choses. Il n’y avait pas seulement à “conclure”, il y avait d’abord à recevoir. Recevoir la parole première, celle sans laquelle la commission n’aurait pas même vu le jour, celle des personnes victimes qui, mieux qu’aucun expert, savent ce que les violences sexuelles emportent sur leur passage : tout un pan d’être quand ce n’est pas la vie, toute l’enfance et toute la confiance.

Nous autres nous tenons en marge, entre imaginable et inimaginable. Mais, pour elles, il s’agit d’un réel brut, qui refoule dans le corps les mots qu’il faudrait pour le dire. Il fallait bien être capables de blessure, pour se tenir vis-à-vis des personnes victimes, recueillir ces mots qu’elles allaient chercher pour nous, pour nous accompagner plus que nous ne les accompagnions, nous accompagner vers le seul outil qui pouvait nous servir : le scalpel de la vérité. Ce n’est pas dans des chiffres que tient la vérité. C’est dans chaque récit de survie dont nous avons été dépositaires.

La seule voie d’infiltration de la vérité

“Retenir” est tout à la fois réducteur et nécessaire, en marge bruisseront toujours toutes les voix qui ne sont pas parvenues jusqu’à nous, les plus nombreuses. Tenir et retenir cependant, pour que cette blessure ne soit plus seulement la leur, mais la nôtre, notre blessure à tous. Être capable de blessure, voilà la seule voie d’infiltration de la vérité. Car, comme l’écrit Péguy, “il y a quelque chose de pire que d’avoir une âme perverse : c’est d’avoir une âme habituée”.

Nous défaire de “l’inorganique cuirasse de l’habitude” sur laquelle tout glisse, qui nous protège et nous ruine tout en même temps, qui nous sépare de ceux qui n’ont pas eu d’autre choix que de souffrir et à qui nous sommes tentés de parler par-dessus cette ligne de démarcation artificielle, voilà à quoi nous sommes tous engagés par l’Évangile.

Être “saisis aux entrailles”, pour reprendre un verbe récurrent des Évangiles, dont Jésus est lui-même le sujet, plongé plus souvent qu’à son tour dans les abîmes d’un mal vertigineux, renonçant à la tentation de s’y soustraire. N’est-il pas notre guide ? Cette blessure n’atteindra jamais les profondeurs qu’elle atteint chez celles et ceux qui ne la connaissent pas seulement par cœur, mais aussi par corps. Il est à ce titre indécent d’avoir tant voulu nous en prémunir. Simplement, elle nous rendra plus humains, et par là même, plus chrétiens.

Le rapport de la Ciase ouvre une blessure nécessaire, fondée sur la communion de ceux que la vérité dépouille. Le dépouillement, en Évangile, est une chance. Il nous redit la véritable puissance traduite par l’apôtre Paul dans sa deuxième lettre aux Corinthiens (12, 10) :“Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort.” Faibles et blessés, voilà notre force pour accueillir une vérité qui est aujourd’hui notre seule chance, tant sur le plan humain que sur le plan institutionnel. »

Marion Muller-Colard

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L'éditorial de notre doyen Philippe Goffinet

Publié le par Philippe Goffinet

Le pape François a participé à la clôture du Congrès eucharistique de Budapest et, dans la foulée, il a entrepris un périple de trois jours en Slovaquie du 13 au 15 septembre. Dans la cathédrale de Bratislava, il a appelé les responsables catholiques d’Europe à ne pas « se retrancher dans un catholicisme défensif », mais à faire preuve de « liberté » et de « créativité ». Il a profondément marqué les esprits avec cette affirmation : « Le centre de l’Eglise n’est pas l’Eglise ! Sortons de l’inquiétude excessive de nous-mêmes, pour nos structures, pour la façon dont la société sympathise avec nous ! » Et il ajoute : « L’Eglise n’est pas une forteresse, une puissance, un château situé en hauteur qui regarderait le monde avec distance et suffisance ». Il faisait allusion au château qui domine Bratislava. Le pape est bien conscient que l’Europe est frappée de plein fouet par la sécularisation et que celle-ci tend à minimiser voire à marginaliser la place des Eglises dans l’espace public. Il n’y a pas si longtemps encore, les Eglises occupaient une position dominante dans la société (pensons à la puissance de l’Eglise catholique en Pologne et en Italie ou de l’Eglise orthodoxe en Roumanie et en Serbie). François nous invite à une profonde lucidité : « Nous avons en arrière-plan une riche tradition chrétienne, mais, pour la vie de nombreuses personnes, elle reste le souvenir d’un passé qui ne parle plus ni n’oriente plus l’existence. » C’est vrai aussi chez nous, même si nos villes et nos villages sont encore marqués par un patrimoine chrétien, cela reste pour beaucoup de nos contemporains des vestiges du passé qui n’inspirent plus leurs choix de vie au quotidien. Et la demande des sacrements ou des funérailles chrétiennes est plus guidée par un certain conformisme que par une motivation chrétienne profonde. Certains ont choisi de se lamenter voire d’accuser l’Eglise de ne pas faire son boulot : réaffirmer avec force les vérités chrétiennes et rappeler les règles de vie morale. La menace de l’enfer ne fonctionne plus aujourd’hui et si le christianisme est perçu comme culpabilisant ou infantilisant, il est d’emblée discrédité. « Face à la perte du sens de Dieu, dit François, il ne sert à rien de se lamenter, de se retrancher dans un catholicisme défensif, de juger et d’accuser le monde. La créativité de l’évangile est nécessaire. »  Liberté, créativité, dialogue : voilà le chemin que trace le pape pour que le christianisme offre fraîcheur et attractivité pour nos contemporains. François plaide pour que l’Eglise retrouve une liberté de parole et d’actionet refuse d’être prisonnière des chrétiens qui voudraient purement et simplement un retour au passé mais aussi des médias qui lui dictent volontiers la conduite à suivre. « Dans la vie spirituelle et ecclésiale, il existe une tentation de chercher une fausse paix qui nous laisse tranquilles, plutôt que le feu de l’Évangile qui nous inquiète et nous transforme », continue François. Il souhaite ardemment une Eglise qui laisse une place « à l’aventure de la liberté », plutôt que de « devenir un lieu rigide et fermé. » Il revient sur un thème qu’il n’a cessé de développer depuis le début de son pontificat : il faut former les chrétiens à une relation mûre et libre avec Dieu. Comprenez : qui ne soit pas infantilisante et culpabilisante. C’est une invitation révolutionnaire dans une Eglise où on a souvent parlé de soumission et d’obéissance ! On a besoin de chrétiens responsables et adultes qui pensent, interrogent leur conscience et se remettent en cause. Et François appelle les membres de la hiérarchie à ne pas vouloir trop contrôler. « Si on regarde tout le temps comment une plante pousse, on la tue », ajoute-t-il en sortant de son texte écrit. Ensuite, il revient sur un autre thème qui lui est cher, la créativité ou le fait de « trouver de nouveaux alphabets » pour annoncer aujourd’hui la foi chrétienne dans des cultures en plein bouleversement. A Bratislava, il a rappelé l’œuvre de Cyrille et Méthode qui ont inventé l’alphabet cyrillique au IXème siècle pour s’inculturer dans le monde slave et y annoncer la Bonne nouvelle de Jésus Christ. « Si par notre prédication et par notre pastorale, nous ne parvenons plus à entrer par la voie ordinaire, cherchons à ouvrir des espaces différents, expérimentons d’autres voies », dit François. Et il poursuit en mettant en garde les prédicateurs contre des homélies de quarante minutes : « Une homélie de doit pas durer plus de 10 minutes (…) sauf si elle est vraiment intéressante ». Cette réflexion a suscité des applaudissements dans l’auditoire. Et François d’ajouter malicieusement : « les applaudissements ont commencé par les sœurs, qui sont victimes de nos homélies ! ».  Si l’on veut avancer sur le chemin de l’Évangile, le dialogue est indispensable aussi bien entre les croyants qu’avec ceux qui ne partagent pas la foi des chrétiens. L’appel à la fraternité universelle n’est pas nouveau, mais dans les Balkans qui ont connu des guerres civiles meurtrières souvent au nom de la religion (n’oublions pas le massacre horrible de Srebenica en 1995), le propos est percutant. Les chrétiens doivent être en première ligne pour mettre en œuvre cette fraternité et être des artisans de paix et de concorde. Merci à l’évêque de Rome de réveiller notre foi en Jésus Christ et de nous inviter, en ce début d’année pastorale, à faire preuve de liberté, de créativité et de dialogue pour que la Bonne Nouvelle de Jésus Christ donne du sens et du souffle à nos vies.

Philippe Goffinet

 

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Les fidèles wallons comme bruxellois gardent le masque

Publié le par CathoBel

Les fidèles wallons comme bruxellois gardent le masque

Alors qu’il avait été abrogé par le dernier Comité de concertation à compter de ce 1er octobre, le gouvernement de Wallonie a décidé de maintenir l’obligation du port du masque, à l’instar du gouvernement bruxellois. Cette mesure, tombée ce jeudi 30 septembre, concerne bien sûr également les cultes.

 

La mesure d’abrogation du port du masque à partir d’aujourd’hui 1er octobre avait été décidée par le Fédéral et annoncée lors du dernier Codeco. Ce jeudi soir, l’autorité compétente a décidé, en dernière minute, que cette mesure ne rentrerait pas en application en Wallonie

« Le Gouvernement de Wallonie a décidé de maintenir sur son territoire l’obligation du port du masque dans les secteurs où il est actuellement d’application.« , indique le communiqué officiel. « La situation au 1er octobre restera donc identique à celle d’aujourd’hui et les assouplissements décidés par le Comité de concertation le 17 septembre dernier ne s’appliqueront pas, pour le moment, en Wallonie. »

Le 17 septembre dernier, le Comité de concertation décidait en effet d’assouplir, à partir du 1er octobre, les obligations relatives au port du masque et de maintenir ainsi un socle fédéral minimum. Les autorités régionales pouvaient prévoir des obligations plus contraignantes s’elles l’estimaient nécessaire.

Le port du masque restera donc obligatoire « notamment dans les transports en commun et les gares, dans les magasins et les centres commerciaux, lors des déplacements dans les établissements Horeca, dans les salles de conférence, les foires commerciales, les auditoriums, les lieux de culte, les palais de justice, les bibliothèques et lors de manifestations. »

Pour les différents cultes, le protocole du 1er septembre conclu avec l’Etat demeure donc d’application en Wallonie comme en Région bruxelloise: outre le port du masque buccal qui reste obligatoire, rappelons quelques autres mesures :

  • Il n’y pas de nombre maximum de visiteurs par bâtiment. Toutefois, les prescriptions en matière de sécurité (incendie) sont respectées.
  • La distanciation sociale ne doit pas être respectée.
  • Les contacts physiques entre les personnes sont interdits, sauf entre les membres d’un même ménage.
  • Les personnes faisant partie d’un groupe à risque sont invitées à rester chez elles. Les personnes présentant des symptômes d’une infection au COVID-19 (toux, fièvre, fatigue, difficultés respiratoires, perte de l’odorat ou du goût…) restent chez elles. .

Le communique du gouvernement de Wallonie conclut en appelant « les Wallons et les Wallonnes à continuer à faire preuve de prudence. Le virus continue à circuler, et il est indispensable de continuer à appliquer les gestes barrières lorsque c’est possible. Il encourage également l’ensemble des personnes non-vaccinées à se faire vacciner, le vaccin étant la seule alternative pour retrouver une vie normale. »

C.H. Source: CP

 

 

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L’ÉGLISE APPELÉE À UNE TRANSITION FRATERNELLE. Rencontre avec Véronique Margron

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Véronique Margron, religieuse dominicaine, est théologienne moraliste et présidente de la Conférence des religieuses et religieux en France (Corref). Elle fut doyenne de la Faculté de théologie de l’Université catholique de l’Ouest à Angers, de 2004 à 2010. Son dernier livre, Un moment de vérité (Albin Michel,  2019), traite de la crise de la maltraitance dans l’Église catholique. Lors de RivEspérance 2021, elle participera à la grande table ronde du samedi matin avec Etienne de Callataÿ, Adelaïde Charlier et Elena Lasida. 

 

 

La crise de l’Église est-elle en lien avec la transition que vit notre société ? Y a-t-il une transition à mener dans l’Église ? 

Un lien structurel, je ne sais pas. Mais un lien avec les mutations de nos sociétés, notamment quant à la place des femmes, oui. L’Église vit une crise des positionnements dans l’Église, de la reconnaissance de la capacité de responsabilité de chacun. Et là, c’est assez lié à la transition dans nos sociétés. La place de la femme dans la structure hiérarchique n’est pas représentative de celle qu’elles ont dans de la société (même s’il y a encore, là aussi, des disparités). Dans l’Église, les femmes ne peuvent pas avoir les mêmes responsabilités que les hommes. Faut-il ordonner prêtres les femmes ? Je ne sais pas. N’y aurait-il pas un risque de nouveau cléricalisme ? La véritable question est : en quoi l’ordination a-t-elle à voir avec la responsabilité dans les communautés ? Faut-il que ce soit un prêtre qui soit vicaire général, par exemple ?

Il y a aussi la question démocratique. Notre société supporte mal les positions qui apparaissent trop autoritaires, même si elles sont fondées sur l’élection. Il y a un besoin de débat public, de s’approprier les décisions. Or, dans l’Église, il y a une réelle difficulté de clarté, de participation au débat, de visibilité dans le processus de décision.

 

 

Pourquoi la cause de l’Église vous tient-elle tant à cœur ?

Parce que j’en suis membre, et que j’ai fait profession religieuse (Véronique Margron est religieuse dominicaine, NDLR). Je pense, de plus, qu’il est très compliqué d’imaginer la transmission de l’Évangile sans collectif. Certes, ce qui fait renaître, ce sont d’abord les expériences individuelles, la justesse de la foi individuelle, mais ces expériences doivent être ensuite portées par un collectif. Il n’y a ni annonce ni transmission pensables sans communauté chrétienne organisée. Finalement, c’est l’Évangile qui me tient à cœur. Je voudrais qu’il puisse être vécu, raconté, expliqué, proclamé, qu’on en donne le goût. Et cela n’est pas possible sans institution. Au bout du compte, c’est la cause des gens qui me tient à cœur, les gens qui sont dans l’Église ou qui y ont été. 

 

Quel serait votre souhait, votre désir pour cette Église ?

Je rêve de plus de simplicité, d’une Église avant tout fraternelle, tournée vers l’extérieur, vers autrui, et non pas tant soucieuse d’elle-même, de sa ritualité, du nombre de ses pratiquants. Je voudrais que sa parole retrouve du crédit, qu’elle puisse être utile au débat commun, au bien commun, qu’elle soit un plus en terme d’espérance, porteuse d’élan, de courage. J’aimerais que l’Église n’ait pas peur du débat public, qu’elle apporte une pierre constructive et donne le courage d’avancer ensemble pour faire face aux apories d’aujourd’hui.

 

Et concrètement, quelle serait la priorité ?

Il y a beaucoup d’endroits où des choses, et même beaucoup, se font déjà. Nous ne sommes pas devant une table rase. Un des chantiers me semble être de rendre possible du débat interne, respectueux, argumenté. Que l’on ait un goût de la conversation, que cela devienne une habitude, au niveau paroissial, par exemple. Dans le cadre de la société, j’aimerais que l’Église ne soit pas, dans le meilleur des cas, respectée comme une vieille dame, ce qui n’a pas de poids, mais qu’elle entre dans la conversation et pour cela, qu’elle le pratique à l’intérieur. 

 

 

Et de la crise des abus dans laquelle vous êtes particulièrement investie, quel enseignement peut-on tirer ?

On se rend compte aujourd’hui combien le discours religieux, liturgique, théologique est gros de représentations qui ont participé à la culture des abus, au silence, à la sacralisation du prêtre, à une forme de surplomb. Il faut revisiter toute une part de la théologie (et pas seulement instiller un peu de morale) et cesser de considérer qu’une mystique est au-dessus de la loi. Le sacré – une catégorie peu biblique – accroît ce drame.

Cela m’enseigne aussi combien les histoires humaines peuvent être fracassées. Comment est-il possible que tant de monde ne s’en soit pas rendu compte ou n’ait pas voulu voir ? La culture du silence et du secret est un lourd péché. C’est une tragédie à l’intérieur de la tragédie, un scandale. Sans doute, dans la société civile, y a-t-il autant d’agresseurs, mais pas autant de victimes. Or, on a été obsédé par la position du prêtre avant de penser à la victime. 

Ces crimes relèvent du tu ne tueras pas du tu ne commettras pas l’adultère, mais aussi du commandement qui demande de ne pas utiliser à faux le nom de Dieu. Or, des abus ont été commis au nom de Dieu et de sa volonté. C’est effrayant. L’Église constitue une fraternité. Comment se fait-il que les frères soient devenus des pères ? On a reproduit le modèle familial avec un père, au lieu d’un modèle fraternel. Pourquoi ne parvient-on pas à tisser une vraie fraternité en Christ au nom d’un seul Père ? 

 

Recueilli par Charles Delhez sj

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VA OÙ TON COEUR TE MÈNE. Le dernier livre de Gabriel Ringlet

Publié le par Yvan Tasiaux

VA OÙ TON COEUR TE MÈNE. Le dernier livre de Gabriel Ringlet

Voici la présentation qu'en propose son éditeur


La pandémie du covid a bousculé de nombreux repères mais elle a fait naître aussi de belles audaces et montré à quel point nous avions besoin de prophétisme. Et de jeter des ponts entre les générations.
Pour interroger cette brûlante actualité, Va où ton cœur te mène évoque d’abord deux figures fabuleuses : Élie et Qohélet.


Élie est un personnage de roman d’une modernité sidérante. Son aventure, il y a trois mille ans, fait basculer le prophétisme. On pourrait presque intituler son histoire : « La conversion de l’intégriste » ! Après avoir sauvagement combattu les mécréants au nom de sa vision d’un Dieu de pouvoir et de vengeance, il sera conduit à un retournement total pour rejoindre le Dieu de la miséricorde et des Béatitudes.


Ce parcours saisissant, Gabriel Ringlet le raconte sous forme romanesque en le reliant à un autre personnage biblique tout aussi décapant : Qohélet. Lui fait basculer la sagesse. On l’appellerait aujourd’hui un lanceur d’alerte ! Au 3ème siècle avant Jésus-Christ, cet homme libre ose mettre à nu la fugacité humaine dans un texte d’une telle modernité qu’on le croirait écrit en pleine pandémie. C’est lui qui, dans un poème bouleversant, dit à un jeune garçon : « Va où ton cœur te mène / où regardent tes yeux. »


Le dernier petit filleul de l’auteur s’appelle Élie. C’est d’abord pour lui qu’il a voulu revisiter l’histoire dont il porte le nom. Mais c’est aussi avec lui qu’il s’est promené des heures et des heures durant la pandémie, en ne mesurant pas, au départ, que du haut de ses deux ans, ce petit garçon allait l’aider à traverser des temps bouleversés en lui donnant, chaque jour, une leçon d’émerveillement.


Après avoir beaucoup écrit sur la fin de vie et sur la mort, Gabriel Ringlet nous offre ici un livre de naissance très personnel.

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SACRÉ PRÊTRE. Réflexion proposée par Bertrand Révillion*

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Le prêtre est celui qui veille sur la faim des hommes et des femmes, il le fractionne pour le donner à manger.

Le prêtre est celui qui veille sur la faim des hommes et des femmes, il le fractionne pour le donner à manger.

Nombre de débats actuels - celui de la liturgie récemment - portent sur l'identité du prêtre et son rapport au "sacré." Il y a une dizaine d'années, au moment de prendre sa retraite, mon ami Albert Rouet alors archevêque de Poitiers, m'accordait un long entretien. Voici un extrait où il parle, de façon éclairante, de la place du sacré et du rôle du prêtre. Paroles fortes qui me semblent inspirantes pour aujourd'hui.
- Qu’est-ce qu’être prêtre ?
- Un prêtre est un homme qui aide des baptisés à devenir progressivement adultes dans la foi. Combien de chrétiens relisent dans la foi ce qu’ils vivent ? Combien évaluent leur action sous le regard de l’Évangile, et pas uniquement à l’aune du succès humain ? Le prêtre est celui qui ramène à la source, il est le sourcier de l’Évangile, il provoque le croyant à vivre vraiment de sa foi. Il est comme Jésus qui regarde Zachée. Jésus ne lui fait pas la morale, il lui dit simplement : « Ce soir, je dîne chez toi ! » Et cette invitation bouleverse sa vie. Le prêtre est avant tout ce « sourcier » qui s’invite à dîner, qui est capable de trouver en chaque être le lieu de sa soif et de sa générosité. Être prêtre, c’est être ministre de la communion, c’est envoyer les uns vers les autres, c’est veiller sur la faim des hommes et des femmes, être celui qui fractionne le pain pour le donner à manger, qui lève la coupe de vin pour ouvrir la communauté aux appels du monde, éviter le repli, l’inévitable construction de murs de fortification. Enfin, le prêtre est celui qui redit à une communauté que ce qu’elle est, elle l’est par grâce.
- D’où vient cette tendance actuelle à « re-sacraliser » le prêtre ?
- La notion de « sacré » est ambiguë. Il y a une conception du sacré qui n’est pas chrétienne. Le sacré sépare, divise : il y a ce qui est « sacré » d’un côté et ce qui est « profane » de l’autre ; et on a tôt fait de ranger les prêtres du côté du sacré et les laïcs du côté du profane. C’est oublier un peu vite l’unicité dans laquelle nous place le baptême par lequel nous sommes toutes et tous « prêtres, prophètes et rois » ! La Bible témoigne d’une sortie progressive du sacré pour entrer dans la catégorie de la sainteté. Le « saint », c’est Dieu, le Tout-Autre qui entre en alliance avec l’homme. Cette alliance met la sainteté au cœur même de l’humain. Par l’Esprit, chaque homme, chaque femme est désormais une terre sainte. La division sacré-profane n’est donc pas pertinente en christianisme. En « re-sacralisant » le prêtre – comme cela est actuellement visible dans certaines orientations – on fait un mauvais calcul. On espère que cela augmentera le nombre des vocations. Mais quel profil de prêtre allons-nous susciter avec pareille stratégie ? Je crains que nous n’ouvrions la porte à un profil psychologique attiré par le pouvoir – car qui maîtrise le sacré maîtrise le pouvoir – soucieux d’affirmer, au travers d’une différence affichée, une identité marquée par une certaine fragilité humaine. Le prêtre n’a pas à être l’homme du sacré comme on le trouve dans toutes les religions depuis l’aube de l’humanité : il a à être le serviteur de la sainteté.
 
*Bertrand Révillion est écrivain, journaliste et éditeur. Il est aussi diacre catholique.

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Marcher vers Compostelle

Publié le par Yvan Tasiaux

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Des jumeaux à l'abbaye de Maredret

Publié le par Yvan Tasiaux

Des jumeaux à l'abbaye de Maredret
Des jumeaux à l'abbaye de Maredret
Des jumeaux à l'abbaye de Maredret

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Un nouveau parcours de visite au Musée diocésain de Namur.

Publié le par Yvan Tasiaux

Un nouveau parcours de visite au Musée diocésain de Namur.
Un nouveau parcours de visite au Musée diocésain de Namur.

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Mgr Pizzaballa : « Construire des ponts plutôt que de garder des murs »

Publié le par Christophe Lafontaine

Sa Béatitude Pierbattista Pizzaballa, le Patriarche latin de Jérusalem © Hadas Parush/Flash90

Sa Béatitude Pierbattista Pizzaballa, le Patriarche latin de Jérusalem © Hadas Parush/Flash90

Prenant le contre-pied du nom de l’opération israélienne en cours, « Gardiens des murs », le Patriarche latin de Jérusalem redit que l’Eglise ne cesse d’appeler à « construire des ponts » ! Interview sur la situation.

 

Terresainte.net : Pensez-vous que l’escalade de violence va durer ?

Mgr Pizzaballa : Nous vivons dans un pays où les choses imprévisibles sont beaucoup plus nombreuses que celles qui sont prévisibles. Tout dépendra des décisions et considérations politiques que les deux parties suivront et prendront en compte. Vu l’évolution de la situation, je pense que la violence a été beaucoup plus grande que d’habitude et elle produira des blessures qui, à mon avis, vont prendre plus du temps pour guérir. La situation que nous connaissons ces jours-ci, en particulier dans les villes arabo-juives, est le résultat d’années de politique de mépris, que les mouvements de droite ont de plus en plus encouragée. Si les dirigeants politiques et religieux ne commencent pas à changer ces attitudes, la situation va se détériorer. Le mépris ne peut que produire de la violence.

Qu’est-ce qui vous atteint le plus dans votre cœur de Patriarche latin à Jérusalem face à l’opération israélienne « Gardiens des murs » ?

Ce qui ne me laisse pas du tout à l’aise – en plus de l’idée de la guerre elle-même bien sûr- c’est d’afficher ainsi un désir de « garder les murs » [ndlr : en référence au nom de l’opération israélienne débutée le 10 mai « Gardiens des murs »], alors que nous ne cessons d’appeler à « construire des ponts » ! Cela veut dire, malheureusement, qu’on est encore loin des possibilités d’une paix durable, et non simplement d’un armistice ou d’une situation de limbes politiques. Mais nous n’abandonnons pas. Il y en a beaucoup, dans la société israélienne et arabe, avec qui nous pouvons construire des ponts. Et nous le ferons !

Nous avons interrogé avant-hier la paroisse de Gaza, comment réagissent aux violences vos autres fidèles en Israël comme en Palestine ? Que leur dites-vous, que faites-vous ?

Il y a toujours ces sentiments de peur, d’incertitude et d’un avenir de plus en plus inconnu et insécurisé ! Faut-t-il plus que cela pour comprendre le désir de beaucoup de nos chrétiens d’émigrer ? Bien sûr, l’Eglise a toujours aidé et elle veut continuer de le faire, mais les besoins dépassent largement nos capacités ! Le manque de touristes et de pèlerins [ndlr : à cause de la pandémie] n’a fait qu’augmenter le problème économique et du coup aussi les problèmes dans les familles qui ont du mal à trouver la sécurité économique nécessaire pour leur stabilité. Je ne peux pas nier que la frustration est grande.

Regrettez-vous que la communauté internationale n’ait pas suffisamment pris position sur la question des expulsions de Sheikh Jarrah ?

Je pense que la communauté internationale a d’autres priorité actuellement que ces problèmes propres au conflit Israélo-palestinien. Le Covid, les crises économiques, sociales et politiques se multiplient partout, et laissent peu de temps et d’envie à la communauté internationale de se mêler au conflit en Terre Sainte.

J’ajouterais également que je n’ai jamais compris ce qu’est exactement la communauté internationale. Il est certain que, dans tous les cas, les pays étrangers pourraient aider à trouver des solutions, mais ils ne peuvent pas remplacer les interlocuteurs locaux. Tant que les Palestiniens et les Israéliens ne se parlent pas, personne ne peut faire quoi que ce soit pour améliorer la situation.

Pour le quartier Sheikh Jarrah, l’un des points de départ de la crise actuelle, y-a-t-il des maisons habitées par des chrétiens qui sont concernés par le projet d’expulsion ?

Non, à ma connaissance, je ne pense pas.

Et plus généralement, y-a-t-il eu récemment des maisons de chrétiens confisquées par des autorités israéliennes ?

Le problème de confiscations touche plus les terrains, surtout dans les zones dites « C » [ndlr : sous contrôle sécuritaire et administratif exclusif de l’État hébreu]. Mais il y aussi des cas où des familles chrétiennes qui bâtissent dans ces zones-là, sur leurs terrains, se trouvent dans une situation illégale pour Israël, et il peut arriver que leur maison soient détruites par les autorités israéliennes.

 

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Soyons soigneux en toute chose

Publié le par J. Casanave, prêtre

Soyons soigneux en toute chose

« Vivement que l’on revienne au monde d’avant le virus que nous puissions travailler, transformer, produire, nous amuser, voyager, consommer, nous embrasser, nous serrer la main, nous démasquer ! » Malheureusement « avant » ne reviendra pas tel qu’il a été. Avant a fait son temps. Avant est passé. Fini le temps de la démesure et du profit permanents. Nous savons désormais qu’ils sont l’antichambre d’un suicide collectif. « Le monde d’après » sera le monde de la limite consentie et du soin attentif, les deux étant liés.  


En ce qui concerne les limites, il faudra certainement rédiger une charte universelle des droits de la terre équilibrant celle des droits de l’homme. Et pourquoi ne pas ajouter une « charte des droits de Dieu »,  signée par toutes les religions, formulée dans une nouvelle traduction du décalogue qui ciblera clairement les impasses culturelles, économiques, génétiques ou numériques dans lesquelles nous sommes tentés de nous engouffrer. Le premier de ces commandements pourrait être celui-ci: « Tu ne joueras pas au Dieu qui sait tout, qui veut tout et qui peut tout ». 


 Contrairement à une interprétation simpliste de la sentence de Platon, l’homme seul n’est pas « la mesure de toutes choses ». L’homme est un sujet de l’humanité ; l’humanité est tributaire du cosmos. Qui a les clefs de leurs destinées ? 


Quant au soin, il faudra le prodiguer d’abord aux êtres humains pour que de loups masqués et solitaires ils deviennent des frères, à la terre afin qu’elle soit  nourricière et non cimetière, à  Dieu lui-même pour que notre tombe s’ouvre en berceau, à l’Eglise pour qu’elle soit  son « image et sa ressemblance » et non son visage profané ou son portrait fané. Un soin particulier sera réservé aux enfants et aux jeunes qui exigera une refonte totale du système éducatif  car rien de durable ne s’élabore sans l’appui d’une culture commune.


Mesure enfin, car on soigne mieux une personne connue qu’un couloir bondé d’urgences, un jardin clôturé  qu’un océan d’hectares.  Soyons soigneux en toute chose !

 

 

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L’Eglise, un acteur culturel responsable.

Publié le par Christian Pacco

L’Eglise, un acteur culturel responsable.

Le patrimoine religieux est en danger

L’actualité récente à la collégiale Sainte-Waudru à Mons nous pousse à nouveau à réfléchir au sens du patrimoine religieux et au rôle de l’Eglise dans ce domaine. Nous sommes conscients qu’aujourd’hui, plus que jamais, le patrimoine religieux est en danger. L’évolution de notre société en général, la baisse quantitative des moyens humains au sein de l’Eglise catholique, le fonctionnement complexe des fabriques d’église, entre autres causes, affectent la surveillance des bâtiments et de leur contenu et augmentent le risque de dégradation mais aussi de vandalisme ou de vol.

C’est dans l’église que le patrimoine trouve son sens

Et pourtant, la conservation du patrimoine religieux trouve tout son sens à l’intérieur même des édifices avec lequel les œuvres d’art constituent un ensemble signifiant. La cohérence patrimoniale apportée par la conservation in situ concourt à la valorisation à la fois culturelle et pastorale d’un bâtiment qui doit être accessible à tous. Elle permet une réappropriation communautaire d’un lieu historique d’expérience sociale et spirituelle.

Préserver le patrimoine représente un défi nouveau pour l’Eglise, une lourde responsabilité mais aussi une opportunité. Au-delà de la simple conservation, l’enjeu est celui de la culture chrétienne, culture qu’il importe de rendre vivante et dynamique tant pour la compréhension que pour la construction d’une société multiculturelle en pleine mutation.

Création du CIPAR et aide aux fabriques

Conscients de ces enjeux et de ces difficultés, les évêchés francophones ont mis en place des services de patrimoine qui encadrent les fabriques. Les évêques ont en outre suscité la création du CIPAR (Centre interdiocésain du patrimoine et des arts religieux) avec l’appui de la Région wallonne (AWaP) et de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le CIPAR définit les stratégies et fournit des outils communs en matière de protection du patrimoine. Sa première mission est d’aider les fabriques dans leur obligation de réaliser l’inventaire de leur mobilier. Un logiciel élaboré en collaboration avec l’IRPA est proposé aux fabriques et fait l’objet de formations dispensées sur place. La politique d’inventaire va s’accompagner d’un programme de sécurisation des édifices religieux qui tienne compte des défis patrimoniaux mais aussi d’une plus grande accessibilité au public.

Le centre développe également une expertise dans les différents domaines de l’art religieux en organisant des journées d’étude et en publiant des brochures de recommandations pratiques. Ces publications sont accompagnées d’expositions didactiques qui voyagent dans différentes églises afin de toucher un large public. Après la conservation des textiles, de l’orfèvrerie ou de la sculpture en bois, le CIPAR aborde cette année le domaine du vitrail.

Enfin, le CIPAR met en place un réseau d’églises à trésor. Plus d’un tiers des œuvres mobilières classées à titre de trésor par la Fédération Wallonie-Bruxelles est aux mains de structures d’Eglise qui ne disposent pour cela ni de compétences ni de financement. Le réseau veut partager les expériences de gestion et assurer une promotion commune de ces œuvres majeures.

Des mesures à prendre

Malgré ces initiatives, le chantier est encore vaste. Nous voulons insister sur les points suivants :

 

  • Les diverses législations sur le patrimoine ou le fonctionnement des fabriques protègent trop peu le patrimoine des églises. Des dispositions législatives ou simplement règlementaires devraient prendre en compte une réalité administrative particulière et préciser les fonctions et les limites des différents acteurs.
  • L’aide aux fabriques d’église doit être renforcé. Historiquement, les fabriques ont pour mission l’organisation du culte catholique. Des générations de fabriciens ont rempli cette tâche avec un grand dévouement. Aujourd’hui, dans les faits, les fabriques deviennent aussi de plus en plus des gestionnaires de patrimoine, sans pour autant en avoir les compétences ni les ressources. Elles doivent être aidées dans cette nouvelle mission. C’est un rôle que le CIPAR veut remplir, il ne pourra le faire qu’en collaboration étroite avec les pouvoirs publics.
  • Une meilleure concertation doit s’installer entre les communes et les évêchés dans l’entreprise de travaux dans les églises. Ces projets, souvent coûteux, doivent s’inscrire dans une vision pastorale et patrimoniale à long terme, faute d’être désordonnés ou inappropriés.

En conclusion, les autorités ecclésiales réalisent les enjeux liés au patrimoine religieux et les responsabilités qui lui incombent. Elles souhaitent renforcer dans cette mission les liens avec les pouvoirs publics et les institutions compétentes. In fine, l’Eglise veut assumer pleinement sa fonction d’acteur culturel à part entière.

 

Christian Pacco

Administrateur-Délégué du CIPAR

 www.cipar.be

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Les Belges sont croyants, mais pratiquants peu réguliers

Publié le par Anne-Françoise de Beaudrap

 

Dans la grande tradition des sondages religieux, Olivier Servais a présenté avec Justine Vleminckx, doctorante de l’UCLouvain, les principaux résultats d’une enquête sur les valeurs et la quête de sens. Les réponses divergent selon l’âge des personnes interrogées.

Nouveau tableau des questions de sens chez les Belges francophones. Le magazine l’Appel a fait réaliser un sondage par la société Sonecom auprès d’un échantillon représentatif de 650 Belges francophones de plus de 16 ans. Précision importante : l’enquête conçue et supervisée par Olivier Servais (UCL) a été réalisée courant 2019, en amont de la crise du Covid19. Il sera intéressant et instructif de voir si les résultats auront évolué après que les épreuves de la maladie, du deuil mais aussi de la solidarité au sein de nos sociétés aient été imposés.

 

De quelle religion ou de quel courant philosophique les Belges interrogés se revendiquent-ils ?

46% d’entre eux se déclarent de l’une ou l’autre branche du christianisme (catholicisme très majoritairement, mais aussi quelques pourcentages de protestants et orthodoxes).  A cette question, 35% se déclarent athées ou agnostiques. Plus bas dans le tableau, on constate que les répondants ont souffert de quelques imprécisions dans leurs identités confessionnelles, certains indiquent « islam plus une autre religion » par exemple. A part les trois premières réponses qui rassemblent le plus grand pourcentage, les autres identités religieuses se partagent moins de 3% des déclarations de ce sondage.

Les statistiques ont ensuite été différenciées en fonction de l’âge du répondant. Les 65 ans et plus se sont majoritairement déclarés catholiques (56%) et seulement 27% athées et agnostiques. A l’inverse, chez les moins de 25 ans, c’est le courant de l’athéisme ou de l’agnosticisme qui obtient le plus de réponses (52%), suivi des musulmans (14%)°; Les catholiques viennent bien après, avec seulement 11% des répondants de moins de 25 ans.

La prise de distance par rapport à la pratique religieuse se confirme dans la suite du sondage. A 77% les Belges interrogés déclarent ne pas appartenir à une communauté religieuse ou spirituelle. Puis, en détaillant les 23% de pratiquants, une personne interrogée sur 10 participe à la vie religieuse une fois par semaine au moins, 4% seulement aux occasions particulières, autant n’y vont qu’une fois par mois…

 

Sur quels sujets les Belges s’interrogent-ils en matière religieuse et philosophique ?

 

Parmi les principales réponses, les personnes interrogés posent la question de la vie après la mort, mais aussi de « ma propre nature intérieure ». La place de l’humain dans un monde en transformation est cité en troisième lieu, tout autant que « le destin et le devenir des humains » ou encore « la place de l’humain dans l’ordre de la nature ». Ces questions sont principalement soulevées lorsqu’un évènement dramatique survient pour un proche (décès, accident ou maladie). Comme l’analyse le magazine l’Appel qui commandait ce sondage, « les drames (et les bonheurs) qui nous touchent de près incitent toutes les catégories d’âges à se poser des questions de sens. »

Les Belges ont ensuite été interrogés sur les valeurs les plus importantes à leurs yeux. L’amour a presque toujours été cité, de même que la liberté, suivi un peu plus tard de la justice ou de la fraternité. Les valeurs plus religieuses comme la foi, la spiritualité n’arrivent qu’en bas de liste. Sur cette question, les tranches d’âges n’ont pas la même sensibilité: les moins de 25 ans placent la liberté en première position, alors que tous les répondants des âges supérieurs répondent l’amour en premier.

Le sondage portait ensuite sur ce qui est plus ou moins important dans la vie quotidienne. Les réponses sont tiraillées entre l’envie de « vivre en harmonie avec soi-même » d’un côté et la volonté d’ « être au service des autres ». Être à l’écoute de son corps et de ses besoins, puis s’ouvrir et se relier aux autres sont les réponses citées ensuite. Intériorité et altruisme se succèdent, et se complètent selon ce sondage.

 

Comment cette quête spirituelle se traduit-elle chez les Belges interrogés ?

Les motifs pour lesquels les répondants s’engagent dans cette recherche spirituelle sont très différents: à 23%, il s’agit de trouver la paix intérieure; à 21% d’œuvrer à un monde meilleur, à 12% d’éprouver des sensation de plénitude et de bien-être… Cette quête passe par des temps de silence, ainsi que par la prière ou la méditation. 31% des répondants disent prier tous les jours (38% ne prient jamais). A l’inverse le geste d’allumer une bougie ne correspond plus à une pratique « religieuse » habituelle, puisque 54% des répondants disent ne jamais allumer une bougie ni faire brûler de l’encens, 13% le font occasionnellement, et seulement 5% tous les jours.

Quand les personnes interrogées veulent s’entretenir de questions spirituelles, elles se tournent d’abord vers leurs familles ou leurs amis. Les conseillers spirituels (prêtre, imam, rabbin…) n’arrivent qu’en quatrième place.

En conclusion, le professeur Olivier Servais relève que « la mobilité religieuse est devenue une pratique intégrée chez nos contemporains ». Les Belges interrogés sont moins fidèles à leurs religions d’origines, cela se vérifie notamment chez les moins de 25 ans.


 

Les Belges sont croyants, mais pratiquants peu réguliers

Source: L'Appel n°434 - 02/2021

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